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Le triomphe de la vérité

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Edito: Université de clarification


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Logo facebookNon, le PRD n’est pas dans la mouvance présidentielle. Et il n’envisage pas non plus de faire le grand écart dans le marigot présidentiel. Le message délivré samedi par le Parti du Renouveau Démocratique ne peut être plus clair.
Les universités de vacances du parti ont levé un coin de voile sur le clair-obscur existant dans les relations entre le pouvoir et le parti de Maitre Adrien Houngbédji. Ce sentiment est né à la suite des audiences multiples accordées au président du PRD par le Chef de l’Etat. Il y a eu aussi les déclarations de Boni Yayi le 1er août 2012  traitant l’avocat de « grand homme », le seul pratiquement à avoir eu grâce à ses yeux. « Quand il vient me rendre visite au palais, on discute des problèmes du pays et quand il sort on dit qu’il veut rentrer au gouvernement. Quelle est cette manière ? », avait dit Boni Yayi ce jour-là au comble de la fureur. En avril 2012, Adrien Houngbédji  n’avait   pas ménagé ses pairs de l’Union fait la Nation (UN). Lors d’une interview télévisée, il avait tiré à gros boulets rouges sur les autres composantes de l’UN, les soupçonnant ouvertement de n’avoir pas joué franc jeu lors de la présidentielle de 2011. Mais, il a toujours clamé sa volonté de rester dans l’union, lui et son parti. Même si tout observateur devait conclure qu’il avait, pour ainsi dire, scellé le sort de l’appartenance de son parti à ce regroupement. Réussir à s’asseoir entre deux chaises, n’est  pas une gymnastique inventée par le PRD ni par maitre Houngbédji.
Lorsqu’à la veille du dernier remaniement ministériel, le parti a été sollicité par le Chef de l’Etat, bon nombre d’observateurs se doutaient bien  qu’il allait accepter cette main tendue. Les manœuvres employées pour résister à l’offre présidentielle, sans entrer dans une « rébellion » frontale relèvent de  la pure stratégie. Le but du parti n’était pas, à proprement, d’entrer dans un gouvernement à l’heure actuelle. Surtout pas en plein milieu des polémiques multiples qui encombrent la gouvernance actuelle. D’autant que la ligne dure du parti, incarnée par un certain Ismaël Tidjani-Serpos, n’entendait faire aucune concession. L’ancien député a même trouvé le malin plaisir d’entrer dans une forme de contestation à  peine voilée, en se mettant dans un groupe foncièrement anti-Yayi, groupe formé, outre lui-même, de Candide Azannaï, Fikara Sacca et Janvier Yahouédéou. Ce sont des mousquetaires irréconciliables avec le système Yayi, à moins de changements profonds dans la gouvernance. Est-ce une coïncidence, Tidjani-Serpos était absent samedi à Djèffa. On attend de comprendre comment il a pu se rendre  disponible pour tirer sur le pouvoir dans son nouveau groupe, alors que pour son propre parti, il est aux abonnés absents, en un jour somme toute important pour le PRD.
La véritable question est de savoir en quoi consistera l’opposition du parti des Tchoco-tchoco. Au moment précis où le secrétaire général de la présidence de la république, Emmanuel Tiando  évoque un certain partenariat signé on ne sait où et contenant on ne sait quoi.
S’il faut se référer au style d’opposition auquel le parti nous a habitués jusqu’ici, il est fort à parier qu’il sera bien loin de ce qu’on a vu durant la campagne de 2011, ou même en 2010. Les enjeux ne sont pas les mêmes et surtout les liens « stratégiques » nés au détour des audiences successives entre les deux parties sont loin d’être anodins. Ils serviront de balises naturelles pour éviter toute opposition frontale, comme en rêvent ceux qui, comme moi, sont nostalgiques des années 90.  A vrai dire, le parti de maitre Adrien Houngbédji se retrouve plus fragilisé qu’hier. Les « cadres » sont réticents à se jeter  à l’eau et les opérateurs économiques ont tous peur d’afficher une quelconque opposition face à un régime qui ne leur a jamais fait de cadeau dans ce genre de situation. Ajoutez à cela, sa séparation de fait d’avec l’UN ainsi que les clivages internes entre aile dure et aile modérée, sans compter la perte progressive de l’influence du président lui-même qui n’est plus candidat à rien, et l’on voit  pourquoi le PRD ne peut qu’être une machine peu propice à l’opposition farouche que l’on pourrait imaginer.
« Nul gouvernement ne peut-être longtemps solide sans une redoutable opposition », disait Benjamin Disraeli. C’est précisément pour cette raison que c’est tout le pays qui devrait regretter ce ramollissement progressif mais pratiquement irréversible.

Par Olivier ALLOCHEME

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