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Face à l’aggravation de leur situation: Les enseignants qualifiés non recrutés interpellent Boni Yayi


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Le Collectif des enseignants qualifiés non recrutés par l’Etat (Ceqre) vient d’adresser une lettre ouverte au Chef de l’Etat pour exprimer son amertume face à l’aggravation de leur situation. Ils seraient des centaines d’enseignants, à être formés à leurs propres frais dans les écoles normales supérieures du Bénin depuis des années, mais  ne sont toujours pas recrutés par l’Etat. Lire ci-après l’intégralité de leur lettre ouverte à Boni Yayi.

Lettre ouverte adressée au Chef de l’Etat

Objet : Lettre ouverte sur la situation des enseignants qualifiés non recrutés

Excellence Monsieur le Président de la République

C’est avec un cœur meurtri mais gros d’espoir que nous, membres du Collectif des Enseignants Qualifiés non Recrutés par l’Etat (CEQRE), venons par la présente vous exprimer nos plus vives félicitations et notre profonde reconnaissance pour tout ce que vous ne cessez d’accomplir pour le progrès du Bénin.  Cependant, si nous avons choisi aujourd’hui de nous ouvrir à vous, c’est précisément parce que le cas des enseignants qualifiés non recrutés par l’Etat reste une inqualifiable erreur.
Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, Chef Suprême des armées,
En effet, il y a au Bénin des centaines d’enseignants formés à leurs propres frais dans les écoles normales supérieures de notre pays depuis des années mais qui ne sont pas recrutés par l’Etat. Ce sont des hommes et des femmes ayant la vocation du métier d’enseignants. La preuve, c’est que malgré les difficultés auxquelles ils sont quotidiennement confrontés, ils ont dépensé plus du million pour se faire former à leurs propres frais. Depuis de nombreuses années, ils attendent des recrutements conséquents afin de se mettre au service de la nation.
En réalité, la situation des enseignants qualifiés non recrutés par l’Etat est paradoxale au regard des résultats des derniers examens de fin d’année dans l’enseignement secondaire.
Au BEPC, 49% seulement des candidats étaient admis, ce qui veut dire que 51% de vos chers enfants ont échoué. Au Bac, 32,35% des candidats ont été admis, ce qui veut dire que 67,65% d’entre eux ont échoué. Malgré les nombreux efforts consentis non seulement par vous-même et votre gouvernement mais aussi  par les enfants et leurs parents.
Cette situation est due, pour une large part à la grave pénurie d’enseignants qualifiés dans nos collèges et lycées. Selon des statistiques du ministère de l’Enseignement Secondaire, sur les 1518 professeurs de Français en situation de classe dans les collèges publics, seulement 335 ont eux-mêmes reçu une formation pédagogique initiale, soit  environ 22% de l’effectif. Pour ce qui est des mathématiques, la situation est encore plus critique. Sur 1639 enseignants en situation de classe dans les établissements publics, ils ne sont que 251 à avoir subi une formation pédagogique initiale, soit environ 25,31%.
En tout, environ 70% des enseignants du secondaire, toutes disciplines confondues, n’ont jamais mis pieds dans une école normale pour y recevoir la formation nécessaire à la connaissance du noble métier de l’enseignement. Certes des efforts sont faits au cours de l’année scolaire écoulée pour en former, notamment dans le rang des enseignants reversés. Mais les départs massifs à la retraite vont anéantir ces efforts et transformer le drame en un véritable cauchemar national.
La conséquence directe de cet état de fait, c’est la baisse régulière et dramatique du niveau de nos apprenants, vos chers enfants. Nous en sommes convaincus, Excellence Monsieur le Président, vous ne voudriez pas léguer à ce pays ce lourd héritage de médiocrité qui pourrait faire de ces enfants mal formés des bombes à retardement pour demain.
Et c’est pourquoi, il vous revient, à vous le Père de la Nation, de prendre vos responsabilités aujourd’hui, en autorisant le recrutement sans délai de  tous les enseignants disposant d’un diplôme professionnel. Nous vous écrivons parce que nous vous savons capable de prendre la mesure des risques que court ce pays  face à l’aggravation de la situation.
Espérant du fond du cœur une suite favorable à sa requête, Excellence Monsieur le Président de la République,  le Collectif des Enseignants Qualifiés non Recrutés par l’Etat vous prie de bien vouloir recevoir les sentiments les plus respectueux de ses membres.
Ont signé :

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