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Le triomphe de la vérité

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Les grossesses des adolescentes: Risques et conséquences d’un phénomène alarmant


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Adolescente enceinteLa communauté internationale a célébré le 11 juillet dernier, la 24e Journée mondiale de la population sous le thème « Les grossesses des adolescentes». Résultant d’une sexualité non maîtrisée ou mal maîtrisée et accentuées par la pauvreté et diverses inégalités, les grossesses des adolescentes ont des conséquences dramatiques pour la santé des jeunes filles. Selon des chiffres publiés par le Fonds des Nations-Unies pour la population (Unfpa), en 2008, par exemple, dans les pays en développement, le nombre d’avortements non médicalisés subis par des filles âgées de 15 à 19 ans s’est élevé à 3 millions environ. Quand elles ne subissent pas des avortements, elles sont près de 16 millions de jeunes filles âgées de 15 à 19 ans et 2 millions de jeunes filles de moins de 15 ans qui accouchent chaque année. Au niveau mondial, une jeune fille sur cinq a déjà eu un enfant à l’âge de 18 ans. Dans les régions les plus pauvres du monde, ce chiffre passe à une sur trois. Pratiquement, toutes les naissances (95%) chez celles appelées non sans un certain mépris ‘’filles-mères’’, surviennent dans des pays à revenus faibles ou moyens. Et le plus souvent, sont touchées dans ces pays-là, les populations pauvres, moins instruites et rurales qui y laissent, pour un grand nombre d’entre elles leur vie, les complications liées à la grossesse et à l’accouchement constituant chez elles, l’une des principales causes de décès. Egalement, les mortinaissances et les décès néonatals sont 50% plus nombreux parmi les enfants nés de mères adolescentes que parmi les enfants de mères âgées de 20 à 29 ans. Et ces enfants sont plus susceptibles d’avoir un faible poids de naissance, avec de potentiels effets négatifs à long terme sur leur santé et leur développement. Au Bénin où l’on enregistre une prévalence contraceptive de seulement 4% chez les adolescentes de 15 à 19 ans, 8 % des adolescentes et jeunes sont mariées avant l’âge de 15 ans et le pays n’est pas exempt du phénomène des grossesses des jeunes filles. Apprenties, élèves, domestiques ou autres, elles sont nombreuses à faire face à des grossesses alors qu’elles n’ont pas encore atteint la maturité physique, affective et sociale nécessaire pour devenir mères. Avec, bien entendu, des risques pour leur santé et des conséquences parfois dramatiques au plan social. C’est le cas d’Elise, jeune fille vivant dans un arrondissement d’Abomey-Calavi. Enceinte de près de 5 mois, elle attend son deuxième enfant. Le premier, elle l’a conçue sans le savoir, alors qu’elle était en apprentissage pour devenir couturière. Issue d’une famille pauvre, n’ayant reçu aucune éducation sexuelle, nullement informée sur les méthodes contraceptives, devant survenir, elle-même, à ses besoins et incapable de négocier l’usage du préservatif ou de refuser les rapports sexuels, elle est tombée enceinte d’un inconnu en 2010, au bout d’une année d’apprentissage. Elle avait 17 ans à peine. Comme elle, une fille sur trois donne naissance avant d’atteindre l’âge de 18 ans au Bénin. Et cela avec les risques qu’encourent ces maternités précoces. Décès liés à des complications, hémorragies, etc., les conséquences sont souvent désastreuses autant pour la mère que pour l’enfant. Au Bénin comme dans nombre de pays en développement, les complications qui surviennent durant la grossesse et l’accouchement constituent des causes non négligeables de décès pour les filles âgées de 15 à 19 ans. Elles courent un risque plus élevé d’arrêt de l’accouchement qui, si une césarienne ne peut être effectuée, est susceptible d’entraîner une fistule obstétricale. Déchirure du vagin par laquelle s’écoulent l’urine et/ou les excréments, ces fistules finissent par mettre celles qui en sont atteintes à l’écart de leurs familles et de la société dans laquelle elles ont toujours vécu. C’est le cas de nombreuses Béninoises, même si au Bénin, selon le Docteur Théodore Soudé de l’Unfpa, les données sont sous-estimées en raison du caractère honteux que revêt la fistule. Cependant, note le Dr Soudé, une étude a fait état, il y a quelques temps, de l‘existence du mal dans tout le Bénin. Réalisée sur une période de quatre ans, l’étude a révélé 237 cas de femmes fistuleuses répertoriées dans 30 hôpitaux du pays.
Flore S. NOBIME

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