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Le triomphe de la vérité

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Edito du 12 juin 2013: Holo, et après ?


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La Cour ne pouvait pas donner une réponse plus claire à nos angoisses. Elle a opté pour un président qui satisfait tout le monde, un homme au-dessus de la mêlée.

En choisissant Théodore Holo, les conseillers à la Cour constitutionnelle ont certainement voulu montrer qu’ils sont soucieux de perpétuer la tradition d’excellence qui caractérise l’institution. Mais leur geste laisse le message, clair et précis, qu’ils ont fait l’option de la compétence.   Ce n’était pas évident.

En réalité, ce message en lui-même a une double portée. D’une part, il met fin à nos angoisses, celles de ceux qui craignaient que l’institution ne continue à être perçue par certains comme « une section FCBE », comme aimait à dire l’Honorable Fikara Sacca. Du coup, c’est l’emprise supposée du régime qui se desserre d’elle-même. Lavée à l’eau de la compétence et de la neutralité, voici la cour dont nous rêvions : au-dessus de la mêlée, capable de dire son fait à chacun sans éveiller de vives polémiques, cohérente et respectée.

        D’autre part, il faut s’attendre à ce que désormais les vertes critiques de l’opposition sur la Cour s’amenuisent, ou qu’elles perdent le caractère violent qu’elles ont eu ces dernières années. Ceci n’est pas le moindre des espoirs, lorsqu’on sait que « la cour de Dossou » a fait les frais de la bourrasque des Houndété, des Sèhouéto, des Idji ou autres Rosine Soglo. Réputée Cour des miracles, elle avait attiré sur elle la foudre d’une opposition convaincue (à tort ?) que Robert Dossou était de mèche avec le pouvoir Yayi. Même s’il est  évident que l’ex Président de l’institution ne pouvait à lui seul incarner l’ensemble des six autres sages.

        La virginité nouvelle acquise par la Cour est d’autant plus salutaire qu’elle provient d’une dribble qui fera date. Théodore Holo n’est pas sorti, en effet, des chapeaux de l’actuel locataire  de la Marina. Il a été reconduit par l’Assemblée nationale, désigné par le bureau du parlement. A l’occasion,  les députés ont réalisé une petite révolution silencieuse en reconduisant simplement les anciens membres de la Cour, contrairement à la volonté du pouvoir qui eût voulu placer ses hommes de main. La résistance salutaire des députés est l’un des facteurs d’amélioration de l’image de la Cour à l’aube de son quinquennat.  Mais, il n’y a pas que cela.

Il y a aussi et surtout la neutralité de Théodore Holo. Le professeur de droit constitutionnel, ancien ténor de la RB, s’est gardé de toute activité politique publique depuis près d’une décennie. Dépit, résignation ou stratégie d’ostentation par ostracisme volontaire ? Tout compte  fait, il a réussi à se construire une étoffe  d’indépendance. Ancien ministre des Affaires étrangères, il jouit aussi d’une stature internationale agréablement étoffée par sa haute stature de constitutionnaliste chevronné. Tous ses étudiants aiment à penser qu’il reste le plus grand constitutionnaliste du Bénin, cependant qu’il a formé de jeunes pousses qui bourgeonnent à la pépinière universitaire. Ceux-ci n’ont de cesse de lui vouer un culte professoral mérité qui transcende les murs de l’université.

Et personne n’imagine le grand Holo rampant aux ordres d’un régime, quel qu’il fût. Aussi ondoyant que puisse être l’être humain, les rigidités universitaires dans lesquelles le professeur évolue depuis une trentaine d’années, inspirent une confiance presque christique : on ne le prendra pas  dans le piège de l’inféodation de son institution.

Bien entendu, Théodore Holo est partisan de la révision de la constitution. Il l’a indiqué à maintes occasions, en soulignant toutefois qu’elle est nécessaire pour corriger les imperfections liées à la Haute Cour de Justice dont il est président jusqu’ici. Membre de la première commission de relecture de la constitution, et surtout président de la Haute Cour, il a mesuré plus que nous tous, la nécessité de mettre fin à l’oisiveté injustifiée de l’institution. En prêchant pour la révision de la constitution, il saura convaincre les sceptiques qui redoutent encore un coup de force présidentiel. Peut-être que sa voix saura taire les suspicions et éteindre les velléités manipulatrices qui, hélas, gisent encore au fond de certaines chapelles politiques.

Sa responsabilité désormais est d’agir pour que la justice constitutionnelle ne soit plus perçue comme un avatar de la politique présidentielle. Faisons-lui confiance.

 Par Olivier ALLOCHEME

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