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Le triomphe de la vérité

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Installation anarchique des centres de santé privés: Akoko Kindé Gazard s’explique, les députés expriment des réserves


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Après le report de l’examen en plénière de la question d’actualité au sujet du déguerpissement des populations Xwla et Toffin de Xwlacodji à Cotonou, les députés ont examiné la seconde question inscrite à l’ordre du jour de cette plénière. Il s’agit de la question orale avec débat du député André Biaou Okounlola ainsi que quelques uns de ses collègues relative à l’installation illégale et anarchique de certains centres de santé privés et à la mauvaise qualité des soins administrés aux patients qui s’y rendent. Après les explications fournies par le ministre Gazard, plusieurs députés se sont exprimés et ont fustigé la qualité des soins donnée au niveau des centres de santé et hôpitaux publics. Selon eux, c’est le mauvais accueil, le rançonnement et la légèreté  qui  conduisent les populations à recourir aux centres de santé privés qui ne sont, en fait, que des mouroirs. Ils ont alors recommandé au ministre de redoubler d’effort afin de rendre acceptables et qualitatifs les soins au niveau des centres et hôpitaux du service public.

 « Lorsqu’il y a des infirmeries qui ne sont pas autorisées, il faut qu’on les dénonce afin qu’on les ferme ».

Avant même la question des députés, cela a constitué pour nous une préoccupation dès notre prise de fonction. Depuis 2012, nous avons fait le répertoire des centres de santé autorisés et ceux non autorisés et également une liste du personnel médical autorisé à exercer en clientèle privée. Dans notre pays, il y a une loi qui régit l’exercice en clientèle privé. C’est la loi 97- 020 du 17 juin 1997. Mais nous remarquons que cette loi a des insuffisances parce qu’elle ne précise pas celui qui va faire la répression. Est-ce que c’est le ministère de la santé ? Est-ce que c’est le ministère de la justice ? Est-ce que c’est le ministère de l’intérieur ? Autant d’insuffisances que nous avons relevées dans cette loi que nous sommes en train de proposer aux honorables députés ; une loi qui va régir l’exercice en clientèle privé. C’est la première chose. Quant à la deuxième, c’est que dans les départements, nous avons identifié les centres qui ne sont pas autorisés à ouvrir et nous sommes en train de faire la sensibilisation. Nous avons besoin de l’appui des maires, des députés pour que dans chaque localité, on s’intéresse à la légalité des centres de santé. Il m’a été dit que c’est parce que le système public ne fonctionne pas. Mais je réponds que notre pays est l’un des rares de la sous-région qui ont une couverture en infrastructures de 80 à 85%. Donc, dans un rayon de 5 km sauf, exception, nous avons forcément un centre de santé. Maintenant, il faut mettre un accent sur la valeur, les ressources humaines, sur l’éthique, sur la déontologie médicale pour que ces centres soient fonctionnels, soient suffisamment fréquentés. Je voudrais rassurer la population. Il faut qu’elle s’implique. Lorsqu’on sait qu’il y a des centres non reconnus, lorsqu’il y a des infirmeries qui ne sont pas autorisées, il faut qu’on les dénonce afin qu’on les ferme. Le ministère de la santé seul ne peut pas faire le travail. Il ne faudrait pas qu’il y ait un silence coupable autour de ce problème très sérieux parce que ce sont des Béninois, des Béninoises qui meurent dans ces centres. Nous avons vu un centre de santé d’Adjarra où il y a eu une amputation. Ici même à Porto- Novo, il y a le cas d’un infirmier à la retraite qui est actuellement en prison. Ceci parce que nous avons porté plainte. A Sèmè-Podji, nous avons fermé des centres et il y a un aide-soignant qui a écopé de 6 mois avec sursis. A Dassa, à Abomey, partout dans le pays. Pour nous permettre de connaître ceux qui ont l’autorisation d’exercice en clientèle privé, nous avons publié dans le journal officiel, de 1974 à 2012, ceux qui ont l’autorisation. Maintenant, notre population, étant analphabète, nous avons décidé de mettre des signes distinctifs pour reconnaître les centres qui sont autorisés par le ministère de la santé un peu comme le cas des notaires. Cela vient d’être adopté en conseil des ministres du 13 avril dernier et nous allons évoluer vers ce processus.

 

 Quelques réactions des députés

Rosine Soglo:« Il faut qu’on prenne les taureaux par les cornes pour nettoyer ce secteur »

« … Mme la ministre, vous avez parlé d’une loi de 1997. Et cette loi n’aurait pas prévu une sanction. De 1997 à 2013, comment se fait-il qu’un projet de loi n’a pas été déjà fait pour corriger ce problème ? Et vous n’avez rien fait. Je suis désolée, Mme la ministre. Il faut qu’on prenne les taureaux par les cornes pour nettoyer ce secteur qui pourrit de jour en jour. Les infirmiers qui se croient docteurs, les sages – femmes et autres. Il faut qu’on corrige cette loi pour mettre en place des sanctions rigoureuses et même à l’endroit des inspecteurs qui vont inspecter ».

 

Honorable Kamarou: « Les centres de santé de l’Etat manquent d’accueil »

« Je crois que c’est la pauvreté qui est la source de tout ce que nous disons maintenant. Comment comprendre que des centres de santé sont installés un peu partout dans le pays et la population préfère les faux cabinets qui sont dans des maisons et autres. Pour moi, ces centres de santé d’Etat manquent de beaucoup de choses. Les centres de santé de l’Etat manquent d’accueil. Il n’est pas rare de voir que les promoteurs de ces cabinets n’hésitent pas à crier manque de matériels de travail dans les hôpitaux de l’Etat aux fins de détourner les patients vers leurs cabinets. Ce sont ces choses qu’on observe tous les jours et il urge qu’on réagisse ».

Hugues E. Patinvoh

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