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Le triomphe de la vérité

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Deux ans de gestion du président Boni Yayi dans ce second mandat:Des citoyens dressent un bilan en demi teinte de la gestion de Yayi Boni


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Après deux ans dans le 2ème quinquennat  du président Boni Yayi,  le pouvoir d’achat au Bénin est toujours inconstant. On note une instabilité au niveau du revenu des béninois.  Dans un vox populi réalisé par la direction de votre journal, quelques  habitants  du Bénin livrent leurs  opinions.

Abdoul Aziz

« Pour les trois prochaines années, nous n’avons aucun espoir d’amélioration de notre situation »

« Dès son accession au pouvoir le 06 avril 2006, le président Boni Yayi a bien démarré son quinquennat. De façon globale, je peux dire qu’il a bien fait son travail au cours du premier mandat et nous sommes nombreux à penser ainsi. Mais, depuis sa réélection, nous sommes découragés parce que nous voyons qu’il commence à torpiller les gens notamment les opérateurs économiques. Or, ce sont ces hommes d’affaires qui construisent des écoles dans les villages et un peu partout, emmènent de l’argent dans le pays pour supporter nos pauvres enfants qui sont au village et qui n’ont pas accès à l’hôpital et à l’école. Maintenant, on les pourchasse, on les arrête pour dire qu’ils font de l’escroquerie. Au port autonome de Cotonou, par exemple, il y avait de jeunes gens qui travaillaient-là et qui ne font plus rien maintenant. On les a tous chassés et ils sont à la maison. Les vendeurs d’essence aussi ont été chassés sans qu’on ne se préoccupe de leur sort. Ce n’est pas bien. Le président et ses ministres sont déjà riches et leurs enfants sont à l’extérieur et vivent bien. Ce n’est pas le cas pour nous qui sommes du bas-peuple. Pour les trois prochaines années, nous n’avons aucun espoir d’amélioration de notre situation. Le président Boni Yayi n’a pas encore réussi à nous rassurer pour le succès de son deuxième mandat ».

Firmin Aïkpa

«Je voudrais qu’il redouble un peu d’efforts pour pouvoir satisfaire la jeunesse béninoise »

« Pour les sept ans du président Boni Yayi, je ne peux pas dire qu’il n’a pas fait de bonnes choses. Mais, tant qu’il reste à faire, c’est comme si rien n’est fait. Moi, je voudrais qu’il redouble un peu d’effort pour pouvoir satisfaire la jeunesse béninoise parce que celle-ci est mécontente. Par exemple, le football que nous aimons, par exemple, est dans l’impasse. Je voudrais qu’il jette un regard en direction de la fédération et aussi sur les autres fédérations pour relancer le sport. Pour les travaux de route et autres, je vois que ça s’améliore. Maintenant, je voudrais que tout ce qu’il a commencé comme travaux puisse finir avant son mandat et moi je lui souhaite la bonne santé, la longévité pour pouvoir le terminer parce qu’aujourd’hui, un président élu doit finir son mandat et personne ne doit penser faire un coup d’Etat contre lui. Mais, en même temps, quand la constitution d’un pays prévoit deux mandats et que le président finit ses deux mandats et envisage autre chose, je pense qu’il se heurtera à l’opposition de la population ».

Roland Fidèle Hounkpè

« On est déçu à plus de 90% de la gestion de Boni Yayi »

« Sincèrement, je suis très peiné de voir qu’en sept ans de gestion du président Boni Yayi, mon pays s’est totalement effondré. Mon pays s’est pratiquement retrouvé à terre en sept ans de gestion de quelqu’un en qui on a placé toute notre confiance parce que là, il a échoué dans presque tous les domaines. Et là où il nous a le plus surpris, et désagréablement, c’est son domaine de prédilection. Si les Béninois ont pensé faire confiance à quelqu’un qui a fait ses preuves dans une institution financière de renommée internationale, c’est parce qu’ils pensaient que celui-là pouvait redresser l’économie. Et quand il est arrivé, franchement, il a bien commencé. Même ceux qui n’ont pas participé à sa venue en 2006, ont commencé à l’applaudir. On pensait qu’il allait continuer sur cette lancée-là. Mais, malheureusement, il s’est mis dans l’ancienne danse, dans une danse où il n’était même pas invité. On l’a vu marcher dans ce pays contre la corruption, la marche verte. Ça ne s’est jamais produit dans aucun pays de la sous-région. Il est le premier président africain à avoir effectué cette marche-là contre la corruption. Mais, ce n’était que de la comédie parce qu’on n’avait pas besoin d’une marche pour lutter contre la corruption. Et en sept ans de mandat, on a connu plus de scandales qu’en dix huit (18) ans de révolution, en dix ans de démocratie de Kérékou et en cinq (05) ans de régime Soglo. Ça veut dire qu’en sept ans de règne de Boni Yayi, les gens ont amassé plus qu’ils en ont amassé pendant les règnes de ses prédécesseurs. C’est terrible parce que le Béninois que je suis est découragé. Le Béninois que je suis ne pense plus que son pays émergera un jour. Pour moi, l’émergence dont on parle n’est qu’un slogan finalement. Même les institutions financières internationales, à travers leurs analyses, montrent du doigt ce qu’est devenu notre pays. On nous a parlé d’une certaine évolution, qu’on atteindrait les deux chiffres par rapport à la croissance. Nous continuons d’attendre ces deux chiffres. On parle d’empoisonnement, de tentatives de coup d’Etat. On veut tout faire pour montrer à l’opinion internationale que le Bénin serait en état de siège pour ne pas organiser les élections. On veut tout faire pour rester au pouvoir. Ça fait mal. C’est regrettable. En résumé, c’est sept ans de désordre. C’est sept ans d’enlisement dans la pauvreté. On est déçu à plus de 90% de la gestion de Boni Yayi ».

 

Jimitry  ANNEXILE, étudiant haïtien résidant au Bénin

« Depuis mon arrivée au Bénin, il y a trois ans, j’ai toujours remarqué une hausse des prix des produits dans les marchés  »

La hausse des prix des produits de première nécessité se fait sentir  à  tous les niveaux. Cependant, cela agit davantage sur les résidants étrangers. En effet, pour m’approvisionner chez les bonnes dames, la langue et le comportement  influencent le prix d’achat des produits qu’on me vend. Quand j’arrive chez une bonne dame, je demande d’acheter un kilo de haricot ou de riz qui doit coûter normalement 400 francs Cfa, on me demande de  l’acheter  à 500 ou parfois 600 francs Cfa. Pour la nourriture préparée, lorsque je demande par exemple pour  400 francs Cfa de riz, la quantité donnée équivaut à celle payée pour 200 francs Cfa par un natif du Benin.  Depuis mon arrivée au Bénin, il y a trois ans, j’ai toujours remarqué une hausse des prix des produits dans les marchés.  Le pouvoir d’achat change régulièrement en défaveur des populations.

Flimatin Prisca,  Agent Consignataire

«    Les revenus des  Béninois ne sont plus à la hauteur des prix des produits sur le marché    »

Il n’y a plus d’argent  dans le pays. Tous les produits coûtent chers et on note la mévente dans les marchés, les boutiques et les différents points de vente. Les revenus ne sont plus à la hauteur des prix des produits sur le marché.

El Adja Agnès Dognon, présidente de l’Ong Ufdd- Sonagnon

« Le pouvoir d’achat sous ce 2ème mandat est faible »

Le pouvoir d’achat des Béninois sous ce deuxième mandat du président Boni Yayi est faible. Ceci, pour plusieurs raisons : d’abord, on note quotidiennement l’augmentation des prix des produits dans les marchés. Cette situation est source de mévente. Ensuite, la population en proie à un revenu insignifiant se contente du peu qu’elle a. Vraiment, les choses n’ont pas encore changé comme on l’aurait souhaité.

Natcha Ayinon, gérante de dépôt de boisson

On ne sent pas s’il y a l’argent dans le pays. Tout coûte cher et on ne sait pas à quel Saint se vouer. A mon avis, Sous ce mandat, le pouvoir d’achat est en dessous de celui du  premier.  Nos revenus sont faibles et le prix des produits augmente.

Elvire Sessi, agent commercial

Je crois que nous devons dire félicitations au président Boni Yayi. Moi, je crois que tel que les choses sont, on ne peut pas parler de pouvoir d’achat faible actuellement au Bénin. C’est vrai que ce n’est pas trop élevé, mais c’est à un niveau raisonnable. Je dirai moyen.

Pascal Tchékounou , Conseiller en hygiène de vie à DS-COM

« La pauvreté sévit grandement  au Bénin »

« Ça va mal, ça va très mal. On n’arrive pas à manger à notre faim. Par exemple, le poisson dit ‘’silivi’’ qu’on achetait avant à 400 francs, aujourd’hui, si tu n’as pas 1500 francs, tu ne peux même pas t’aventurer dans une poissonnerie. Comment apprécier alors  une telle situation ? On meurt de faim. Avant, on avait du mal à manger trois fois par jour. Maintenant, c’est pire. Car, réussir à manger même une seule fois relève de l’exploit. Les prix des denrées alimentaires augmentent anarchiquement et on ne sait plus à quel saint se vouer. Il y a cependant une lueur d’espoir, grâce à toutes les réformes engagées. Encore, faudrait-il, qu’elles soient  effectivement mises en œuvre et aillent à  leur terme. Mais, à l’heure où nous parlons, sans mentir, la situation est grave.  La pauvreté sévit grandement  au Bénin. Je ne sais pas si ceux qui sont au sommet peuvent sentir  ce que vivent les simples citoyens que nous sommes dans notre chair. Tout coûte trop cher. Le maïs, l’électricité. Moi, par exemple,  je n’ai ni frigo, ni climatiseur, mais j’ai reçu une facture de 60.000 francs immédiatement suivie par une autre de 28.000. Où allons-nous ? »

Laure Baï, mère au foyer

« Tu ne peux plus te rendre au marché avec 1000 francs »

« Les temps sont durs. Les choses ne cessent d’aller de mal en pis. Tu ne peux plus te rendre au marché avec 1000 francs, parce que tu ne pourras rien acheter. Le minimum pour le kilo de poisson importé tourne autour de 1100/1200 francs. Le gaz n’est pas à portée de bourse pour tout le monde et le sac de charbon  varie selon la qualité et la quantité. Moi, par exemple, je fais la cuisine tous les deux jours et  je suis obligée de faire des sauces très liquides. Là, ce n’est plus la qualité qui compte, mais la quantité. Que le président Yayi fasse vraiment quelque chose pour nous alléger la tâche. Le maïs, le poisson, le gaz, l’électricité, le transport, tout coûte cher. Qu’il vienne vraiment à notre secours ».

Agbandohounton Davou, Apprenti maçon

« Je suis obligé de courir de gauche à droite à la recherche de petits jobs »

«  Le temps est sec. Avant, l’argent circulait et on arrivait à garantir le repas. Aujourd’hui,  la situation est même triste et je ne suis pas  seul à le dire. Il suffit de circuler dans la ville de Cotonou pour s’en convaincre. Tout le monde se plaint. Je suis apprenti maçon. Mon patron n’a plus assez de travail comme avant. Ce qui m’oblige parfois à rester de temps à autre à la maison à ne rien faire. Cette situation joue négativement sur moi. Etant donné que je dois vivre, m’habiller, me soigner,  je suis obligé de courir de gauche à droite à la recherche de petits jobs. Tout coûte cher et c’est difficile. Je prie notre président de regarder vers nous et de prendre les décisions nécessaires afin que les choses aillent mieux, et  que l’argent revienne comme avant, il y a quelques années ».

Adèle H. Employée dans le privé

«  La situation actuelle est la pire qu’il m’ait été donné de vivre »

« La situation actuelle est la pire qu’il m’ait été donné de vivre. Entre les autres époques et celle de Yayi, la différence est claire et nette. Nous souffrons plus que par le passé. Aujourd’hui, on est obligé de faire des calculs pas possibles, juste pour pouvoir préparer une sauce. On se voit obligé d’acheter des produits moins chers mais douteux pour notre santé. Je me demande comment font ceux qui ont une grande famille à faire vivre quand moi, célibataire avec un enfant je tire le diable par la queue tous les jours.  J’ai un peu de répit pour le transport, parce que les élèves sont en congés. On court partout. Mais on n’arrive jamais à en trouver assez. On ne peut plus faire des ravitaillements comme avant parce qu’il faut verser la grande partie de ce qu’on gagne à la société d’énergie électrique qui s’acharne sur  nous  alors que des sociétés d’Etat lui doivent des milliards. Le plus révoltant, c’est qu’on me fait payer le triple et même plus, de ce que je  payais avant. Que Yayi descende vers nous pour savoir ce qui se passe, au lieu de se contenter de ce que lui racontent  ceux qui l’entourent. Deux années viennent de passer sous Yayi II. Ça n’a pas été facile. Il a encore trois ans pour rectifier le tir et s’en aller la tête haute ».

Propos recueillis par Flore S. NOBIME et Esckil AGBO

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