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Le triomphe de la vérité

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Interview de l’ambassadeur Eusèbe Agbangla, porte-parole du ministère des affaires étrangères sur les travaux de la 67ème section de l’A G de l’ONU:« Le Bénin a été plébiscité à nouveau à la Présidence du Bureau de coordination des PMA pour un 2ème mandat »


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Après deux (02) semaines de participation aux travaux de la 67ème section de l’Assemblée générale des Nations Unies, l’Ambassadeur Eusèbe AGBANGLA, Secrétaire Général Adjoint et Porte-parole du Ministre des Affaires Etrangères, a bien voulu se prêter à quelques questions de la presse, sur certains sujets d’intérêt pour le Bénin dans le concert des Nations. A part les questions de la Palestine et du Mali sur lesquelles le président Boni Yayi s’est prononcé, le Bénin a été élu membre de l’ECOSOC et à nouveau, Président du Bureau de coordination des Pays les Moins Avancés (PMA).

L’Evénement Précis : Monsieur l’Ambassadeur, vous revenez du Siège des Nations Unies à New-York où vous avez pris part aux travaux de l’Assemblée Générale des Nations Unies en session, sur des sujets inscrits à son ordre du jour. Peut-on en savoir un peu plus ?

Eusèbe Agbangla : Merci, Monsieur le journaliste. Effectivement, après la participation remarquable du Chef de l’Etat aux travaux de la 67ème session de l’Assemblée Générale de l’Organisation des Nations Unies (ONU), où il a adressé un important message à la plénière à l’Assemblée Générale, il est de coutume que différents cadres du Ministère des Affaires étrangères prennent part à la poursuite des séances sur les points inscrits à l’ordre du jour, notamment certains débats sensibles, qui sont programmés tout au long des travaux, qui durent en réalité trois (03) mois.

C’est dans ce cadre que j’ai participé, aux côtés de l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Bénin près des Nations Unies et des collègues de la Mission Permanente du Bénin à New-York à des séances portant sur des sujets d’importance inscrits à l’ordre du jour, notamment le débat sur la Résolution A/67/L.17 accordant le statut d’Etat Observateur non membre des Nations Unies à la Palestine et la présentation du rapport du Secrétaire Général de l’ONU relatif à la question du déploiement d’une force militaire internationale chargée d’aider les Forces Armées Maliennes à reprendre les régions occupées du Nord de ce pays.

S’agissant de la Palestine, en effet, c’est par 138 voix pour, 09 contre et 41 absentions, qu’elle a été admise sous ce statut à l’ONU. Ce qui constitue un grand pas pour elle par rapport au simple statut d’observateur qu’avait l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP). En effet, ce statut confère désormais à la Palestine, à l’instar du Saint Siège, la capacité d’adhérer à des conventions des Nations Unies, d’appartenir à des Institutions spécialisées du système des Nations Unies. Par contre, elle n’a pas le droit de vote, ni à présenter des projets de résolution à l’ONU.

Le Bénin a voté en faveur de cette Résolution, tout comme la quasi-totalité des pays du Groupe africain aux Nations Unies, du Groupe des 77 ainsi que la France, la Chine, la Russie, l’Italie, l’Espagne, la Belgique, les Pays Bas, le Danemark, la Suède, la Norvège etc.

En ce qui concerne le Rapport du Secrétaire Général des Nations Unies à propos du déploiement d’une force militaire internationale chargée d’aider les Forces Armées maliennes à reprendre les régions occupées du Nord-Mali, ce débat a beaucoup intéressé notre pays, le Chef de l’Etat assumant la Présidence en exercice de l’Union Africaine et surtout que le contenu du Rapport du Secrétaire Général ne répondait pas exactement aux préoccupations des pays membres de la CEDEAO et des propositions faites par l’Union Africaine au Secrétariat Général des Nations Unies.

Justement, à propos, il semble qu’il y a eu une réaction du Président de la République, Son Excellence Docteur Boni YAYI, au nom de l’Afrique, dans une lettre adressée au Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur BAN Ki-Moon. Qu’en est-il exactement ?

Oui, le Chef de l’Etat a adressé des correspondances au Secrétaire Général des Nations Unies, pour lui rappeler la position quasi-unanime des pays africains suite à un long processus de concertation pour le déploiement d’une force militaire internationale chargée d’aider à reprendre les régions occupées du Nord du Mali d’ici à la fin de l’année, et souhaiter que le Conseil de Sécurité des Nations Unies puisse rapidement adopter une résolution dans ce sens. Le Chef de l’Etat a même eu un entretien téléphonique à ce sujet avec le Secrétaire Général de l’ONU.

Le message du Chef de l’Etat a été largement diffusé aux membres du Conseil de Sécurité en vue d’une meilleure appréciation du point de vue des pays africains, face à la situation préoccupante qui sévit au Mali. Dans ce cadre, l’Ambassadeur Représentant permanent du Bénin auprès des Nations Unies et moi-même, avons rencontré le Président du Conseil de Sécurité, en la personne de l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Maroc près les Nations Unies, pour mieux l’édifier sur le contenu de la correspondance du Chef de l’Etat au Secrétaire Général des Nations Unies, à propos de son rapport soumis à l’étude du Conseil de Sécurité sur la situation au Mali.

A l’issue de cette démarche, une 1ère réunion ouverte des membres du Conseil de Sécurité, élargie aux Représentants permanents de l’Union africaine auprès des Nations Unies, avec la participation du Président de la Commission de la CEDEAO et du Ministre malien de l’Intégration africaine, a eu lieu le 05 décembre 2012, pour suivre la présentation du rapport par le Secrétaire Général des Nations Unies. Une 2ème séance des membres du Conseil, cette fois-ci au niveau des Ministres des Affaires Etrangères, a eu lieu le lundi dernier 10 décembre 2012. Cette réunion a pris fin par l’adoption par le Conseil de Sécurité d’une Déclaration présidentielle qui, malgré l’insistance des divers Représentants du continent africain présents, invitant les membres du Conseil à accélérer la mise en place de la force d’intervention au Mali, réaffirme plutôt la nécessité de l’élaboration d’une stratégie intégrée coordonnée, déjà recommandée par la Résolution 2056 du Conseil de Sécurité, afin d’apporter une réponse globale aux problèmes de sécurité, de développement, de gouvernance, des droits de l’homme et aux questions humanitaires dans la région du Sahel.

Cette Déclaration présidentielle, il est vrai, n’a pas une valeur juridique contraignante, mais reflète toujours la résistance de certain membres importants du Conseil de Sécurité,à l’envoi immédiat d’une force militaire au Mali.

En tout cas, c’est une question très préoccupante pour notre pays qui suit avec intérêt son évolution au quotidien.

Est-ce que cette réserve du Secrétaire Général et du Conseil de Sécurité des Nations Unies ne coïncide pas avec la volonté des dirigeants maliens eux-mêmes, vu les derniers développements de la situation dans ce pays, avec la démission forcée du Premier Ministre qui, lui, serait favorable à l’envoi d’une force militaire de la CEDEAO au Mali ?

Les derniers événements au Mali sont assez regrettables et posent le problème de la sécurisation des Institutions de la République que le Chef de l’Etat en sa qualité de Président en exercice de l’Union Africaine et Président d’un pays membre de la CEDEAO, a toujours relevé et souhaité que la Communauté Internationale puisse accompagner les efforts des pays de la sous-région dans la recherche d’une paix durable, aussi bien à Bamako que dans le Nord du Mali.

La question qui se pose aujourd’hui est de savoir si cette nouvelle situation participe ou non des voies et moyens recherchés pour recouvrer l’ensemble du territoire malien, créer les conditions de paix et de stabilité, en vue de l’organisation, très rapidement, des élections démocratiques dans ce pays frère ainsi que d’un retour à la légalité constitutionnelle. C’est une affaire d’abord des autorités et du Peuple maliens, qui devraient en faire une priorité majeure aujourd’hui.

Mais c’est là le problème. Une certaine opinion ne comprend pas ce qui fait si tant le problème du Bénin ?

Eh bien, le Mali est un pays membre de la CEDEAO comme le Bénin ; ensuite comme je l’ai rappelé tantôt, notre pays assure la Présidence en exercice de l’Union africaine, dont les principes fondamentaux résident, entre autres, dans l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, donc dans le cas d’espèce, dans l’intégrité territoriale du Mali. Ensuite, l’Union Africaine ne reconnaît désormais que les régimes issus des élections démocratiques. Enfin, le Mali et le Bénin sont de la même région ouest-africaine, sont tous deux membres de la CEDEAO et de l’UEMOA, dont les économies sont liées. Par conséquent, la dégradation de la situation dans ce pays frère, si elle perdure, aura nécessairement des implications économiques et sociales sur notre pays. Le Bénin a donc bien des raisons pour se préoccuper du retour d’une paix durable au Mali et ne dit rien qui ne soit conforme aux décisions des pays membres de la CEDEAO.

Outre ces questions particulières, le Bénin a été élu membre de l’ECOSOC et à nouveau, Président du Bureau de coordination des Pays les Moins Avancés (PMA). Que peut-on attendre de ces nouvelles responsabilités qui incombent désormais à notre pays ?

Effectivement, tout au début de cette 67ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Bénin a été plébiscité par la Communauté Internationale pour assumer un deuxième mandat de deux (02) ans à la tête du Bureau de coordination des PMA.

Cette nouvelle responsabilité de notre pays intervient au lendemain du Sommet d’Istanbul où il a été adopté par la Communauté Internationale le Plan d’Actions d’Istanbul, dont la mise en œuvre devrait permettre aux PMA de devenir des Pays à revenus intermédiaires d’ici à 2020.

Le Bénin qui a connu une participation au plus haut niveau à ce Sommet, avec la présence aussi bien de représentants du secteur public que du secteur privé et de la Société civile, devra à la tête du Bureau de Coordination des PMA, donner le bon exemple dans la mise en œuvre des mesures convenues dans le Plan d’Actions, au niveau de tous les secteurs de la vie politique, économique et sociale nationale.

Comme autre défi, par rapport à la Communauté Internationale, notamment les pays développés, notre pays devra jouer pendant deux (02) ans un rôle de lobbying et de mobilisation de ces derniers, à l’occasion de toutes les Conférences Internationales traitant des questions de développement, afin de les déterminer à accompagner effectivement les PMA, au regard de leurs engagements à Istambul, malgré la conjoncture économique et financière difficile.

Par ailleurs, en qualité de membre du Conseil Economique et Social des Nations Unies (ECOSOC), le Bénin pourra, aux côtés des autres pays du G77, défendre ses points de vue pour l’avènement d’un NOEI, et œuvrer pour l’adoption de Programmes Economique et Social de développement, qui permettront d’atteindre réellement,et dans un délai raisonnable, les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

Je voudrais conclure cet entretien en soulignant que ces nouvelles responsabilités reconnues à notre pays, le Bénin, témoignent de l’amitié et de la reconnaissance dont il bénéficie dans le concert des Nations, du fait de la paix et de la stabilité institutionnelle qui y règne.

Cela constitue un défi majeur que nous sauvegarderons quotidiennement au niveau du Ministère des Affaires Etrangères, de l’Intégration Africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’Extérieur, à travers la promotion de la politique extérieure de notre pays au service du développement.

Entretien réalisé par

Wandji A.

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