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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Mme Konou Idohou Léontine, Présidente Du RIFONGA-Bénin:« Il existe aujourd’hui au Bénin un arsenal juridique pour sanctionner les cas de violences »


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Du 25 Novembre au 10 Décembre de chaque année, le monde entier se mobilise pour la campagne de lutte contre les violences faite aux femmes et aux filles. Cette campagne d’activisme vise à sensibiliser et à combattre les violences basées sur le genre. Dans cet entretien, la présidente du Réseau pour l’Intégration des Femmes des Ong et Associations Africaines (RIFONGA-Bénin), l’une des principales organisations de défense des droits de la femme, fait l’état des lieux des actions de son organisation contre les violences faites aux femmes et explique l’objectif du projet « Zenzen » pour la parité hommes-femmes mis en œuvre avec l’USAID.

L’Evénement Précis : Quel état des lieux faites-vous de la campagne de lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes ?

Konou Idohou Léontine : Parlant de l’état des lieux dans ce domaine, c’est nous qui avons exécuté le projet Empower pendant quatre ans dans toutes les 77 communes avec Care Bénin et l’appui de l’USAID. Dans ce projet, nous avons fait des sensibilisations, des formations aux journalistes, les para juristes, les médecins et les assistantes sociales pour la prise en compte des femmes violentées. Je m’en vais vous dire que nous avons enregistré beaucoup de femmes victimes des violences dans ce projet.

Sa différence par rapport aux autres projets est qu’également, le projet prend en compte les soins, la justice et la réinsertion des femmes violentées. A la fin de ce projet, il y a un comité interreligieux qui a été mis sur pied et qui comprend les notables, les organisations de la société civile, les maires et toutes les parties prenantes pour la survie des gens qui ont été violentés et qui sont dans les prisons. Les religieux y vont pour leur parler de Dieu pour qu’ils se repentissent parce que Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais sa repentance. Quoi qu’on dise, aujourd’hui, sur toute l’étendue du territoire béninois, les gens savent à qui s’adresser quand ils sont violentés.

 Quand ils se rapprochent de nous, nous les orientons pour que ces gens soient pris en compte. Mieux, il y a trois hôpitaux de zone qui ont été recensés pour continuer à recevoir des personnes violentées et le ministre de la santé a déjà signé la désignation de ces hôpitaux. Il y aura un (1) à Cotonou, donc c’est par zone. Ainsi, si des femmes sont violentées, elles pourront saisir ces hôpitaux et dans les hôpitaux concernés, il y aura tout l’arsenal dont je vous ai parlé, les juristes, les gendarmes et autres pour que les victimes ne soient plus en mesure de parcourir des milliers de kilomètres avant de se faire soigner ou se faire entendre.

Nous pouvons dire que ce que nous avons gagné aujourd’hui est que toute la population sait que ces cas existent au Bénin et elle sait à qui s’adresser. Nous remercions les honorables députés pour le vote de la loi contre les violences faites aux femmes et aux filles. Car il existe aujourd’hui au Bénin un arsenal juridique pour sanctionner ces cas.

Quelles sont les difficultés auxquelles vous êtes confrontés lors des campagnes de sensibilisation ?

Je dirai que tout n’est pas parfait. Mais, on a fait un grand pas et dans les difficultés, il faut signaler que les gens qui continuent de s’illustrer dans les actes de violences, parfois nous menacent de même que ceux qui travaillent avec nous sur le terrain, c’est-à-dire nos ONG, nos démembrements ; car, le RIFONGA est composé de 45 ONG réparties sur toute l’étendue du territoire et toutes nos ONG presque ont été formées à cette lutte.

Les religions s’intéressent à la lutte, car il y avait eu dans le département de l’Ouémé une réunion interreligieuse ou les religions musulmane, chrétienne et autres ont prêché ensemble contre les violences faites aux femmes. Ceci étant dit, nous avançons et nous n’allons pas refuser les difficultés parce que le projet est fini à présent. Mais il y a la seconde phase qui sera financée par l’USAID et qui va commencer le mois prochain ou au plus tard en janvier. Elle va prendre les choses en main, y compris notre Etat parce qu’au ministère de la famille, un travail a été également fait. En fait, les différentes formes de violences ont été répertoriées.

Une stratégie a été élaborée pour mener cette lutte. Ce que nous avons gagné est mieux que les menaces car tout le monde sait que si une femme est violentée, l’auteur de la violence sera sanctionné et la femme violentée peut parler contrairement à ce qui se passait. Avant, on n’en parlait pas et c’est avec ce projet aujourd’hui que les gens ont la langue déliée, même la gendarmerie, la police qui banalisait sont aussi formées et sont prêtes dans la lutte, de même que toute les parties prenantes.

Quel appel lancez-vous à l’endroit des femmes qui ont toujours honte et ont peur de dénoncer les cas de violences ?

Mon appel consistera à dire à toutes les femmes béninoises, même les étrangères qui sont dans notre pays qu’il ne faut plus avoir honte de dénoncer les cas de violences qu’elles subissent. Il faut les dénoncer parce que la loi punit désormais les complices. Si vous êtes dans un service, dans un marché, dans une maison et vous savez qu’une femme ou une fille est violentée et vous protégez celui qui a commis la violence, vous serez puni au même titre que ce dernier et cela, il faut que tout le monde le sache ; c’est dans la loi. Si quelqu’un est quelque part et sait qu’une femme est harcelée, violentée, il faut que la personne dénonce les faits sinon, au moment où la dénonciation sera faite, l’intéressé et celui qui a commis l’acte seront tous punis par la loi.

Entretien réalisé par

Odile A. Djêgui

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