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Le triomphe de la vérité

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Multiplication des marches de soutien, prières, visites et messages de compassion au Chef de l’Etat:L’indépendance des juges mise à rude épreuve


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Le principe d’indépendance du juge béninois est-il menacé par la succession de meetings, marches, prières, visites et autres manifestations de compassion enregistrés en faveur de Boni Yayi dans l’affaire de la tentative supposée de son empoisonnement ? C’est l’interrogation que suscite depuis le déclenchement de « l’Affaire de tentative supposée d’empoisonnement de Boni Yayi », le 21 octobre dernier les diverses manifestations de compassion enregistrées un peu partout à travers le pays et au Palais de la Marina.

En effet, des partis de la Majorité présidentielle au Parti du Renouveau Démocratique (PRD) en passant par les délégations de sages, mouvements et associations de jeunes et de femmes, Chefs d’Etats et dirigeants étrangers dont le président français, François Hollande, différentes composantes de la population béninoise et de décideurs étrangers ont déjà fait part de leur reconnaissance tacite de la tentative supposée d’empoisonnement du Chef de l’Etat béninois en lui faisant part de leur compassion.

 Ainsi, faisant fi des conclusions des enquêtes en cours du juge d’instruction en vue de tirer au clair cette affaire qui a déjà conduit à la détention préventive de Kora Zoubérath, Soumanou Moudjaïdou et Ibrahim Cissé et à la délivrance de mandats d’arrêts internationaux contre les sieurs Olivier Bocco et Patrice Talon, ces derniers ont choisi de prendre parti pour désigner les auteurs et commanditaires de cette rocambolesque affaire. Cette situation qui passe outre la présomption d’innocence dont jouissent les accusés qui ont, par ailleurs, rejeté les accusations formulées à leur encontre –selon les dires de leurs avocats-, conduit nombre d’observateurs à percevoir à travers ces faits et gestes, des manifestations de pression à l’endroit des magistrats en charge du dossier.

 Ainsi, s’il est compréhensible qu’au regard de la gravité des faits, des réactions soient enregistrées au sein de la population, il n’en demeure pas moins que dans le cadre de son travail, le juge fait ainsi face à des pressions – volontaires ou non – destinées à le voir trancher dans un sens précis. Or, selon les textes qui le régissent, le juge est soumis, dans le cadre de son travail uniquement au droit et à son intime conviction. Aussi, la multiplicité des initiatives des partisans de Boni Yayi et de certains de ses opposants tels que le Parti du renouveau démocratique (PRD) de Me Adrien Houngbédji apparaissent-elles comme des manœuvres mettant à mal le sacro-saint principe d’indépendance du juge béninois qui sert de socle à la crédibilité de l’institution judiciaire.

C’est d’ailleurs, habités par cette conviction, que nombre d’analystes s’insurgent contre les actions de compassion à l’endroit de Boni Yayi avant le verdict du juge et également la condamnation de fait des mis en cause dans cette affaire malgré la présomption d’innocence que leur confère la Constitution du 11 décembre 1990.

Somme toute, pour l’opinion publique, cette épreuve à laquelle se heurte le magistrat béninois constitue pour la justice une nouvelle occasion de réaffirmer son indépendance et de consolider sa crédibilité aux yeux des citoyens et de la communauté internationale. Et pour ce faire, la gestion diligente de cette affaire de tentative d’empoisonnement du Chef de l’Etat représente, à leurs yeux, un test majeur.

Wandji A.

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