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Le triomphe de la vérité

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Affaire blocage du port sec de Tori:Les mis en cause sanctionnés: le Dg et le Pca/Port limogés


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Le ministre de l’économie maritime, Valentin Djènontin Agossou

Depuis le mercredi dernier, le secrétaire général de la Présidence, Edouard Ouin-Ouro, le directeur général du Port Autonome de Cotonou, Joseph Ahanhanzo ainsi que le directeur de cabinet du Ministère de l’économie portuaire, Bio Sawé ont été démis de leurs fonctions. C’est pour expliquer à l’opinion publique les raisons de ces limogeages que le ministre de la reforme portuaire, Valentin Djènontin Agossou était hier sur le plateau de la télévision nationale. A l’occasion, il a révélé que c’est à la suite d’enquêtes qui montrent que les mis en cause ont touché des pots-de-vin dans l’affaire du Port sec de Tori-Bossito qu’ils ont été relevés de leurs fonctions.

Votre ministère est secoué actuellement. Que se passe-t-il ?

C’est avec un cœur très chargé que je suis venu accomplir ce devoir républicain. Vous savez, mon département ministériel est poignardé dans le dos. Parce que, son cœur est atteint. C’est vrai que le directeur général du port est limogé, mon directeur de cabinet est limogé, et depuis hier nuit jusqu’à ce matin ça fait la Une des journaux. C’est pour cela que j’ai tenu à venir ici pour apporter quelques clarifications pour que l’image de notre pays ne continue pas d’être mal en point hors de nos frontières.

Les mis en cause ne sont-ils seulement que deux à être limogés ?

Ils sont trois (03) à être limogés. En dehors du directeur général du port et de mon directeur de cabinet, il y également le secrétaire général de la présidence de la République. Voila donc les trois limogeages. Mais il y a d’autres qui ont écopé de sanctions. Il y le secrétaire général du gouvernement qui a eu une mise à pied avec privation de salaire d’un mois. Il y a le majordome du Chef de l’Etat qui a également écopé d’une sanction disciplinaire avec privation de salaire d’un mois.

Alors, qu’est-ce qui s’est passé, pourquoi tous ces limogeages ?

Merci. Vous savez, depuis une dizaine d’année, le volume de trafic dans le port de Cotonou s’est accru de façon drastique au point où notre port est devenu pratiquement un mouchoir de poche. Et pour pouvoir faire les formalités de dépotage et relèvement des douaniers, nous n’avons plus suffisamment de places à l’intérieur. Et avec le premier contact du Millenium Challenge Account (MCA), des études ont été faites et il a été proposé au gouvernement béninois de créer des ports secs.

Et c’est ainsi qu’avec le MCA, dans le cadre de l’accès au marché, des études ont permis d’identifier un certain nombre de sites dans le cadre de l’aménagement du territoire. Il y a, en l’occurrence le port sec de Tori Bossito, le port sec de Parakou, le port sec de Ségbanan et le port en eau profonde de Sèmè Kpodji. Alors, avec les problèmes d’encombrement que nous avons, les sociétés portuaires ont approché le Chef de l’état et elles ont trouvé un partenaire qui est en mesure de nous accompagner dans la construction du port sec de Tori Bossito.

Il s’agit donc du partenaire EMOGCIA. Donc le Chef de l’Etat les a reçus, ils ont discuté et il y a beaucoup de partenaires qui sont donc derrière ce promoteur. Il y a des Américains, des Sud-Africains, des Nigérians, des Ivoiriens, des Allemands, des Italiens. Donc, tous ces partenaires soutiennent le promoteur. C’est un projet d’un coût de plus de cent (100) milliard de franc Cfa (100.000.000.000 F). Donc, ayant remarqué cet intérêt du promoteur, avec les emplois qui seront créés non seulement pour les enfants de Torri, d’Allada mais aussi de tout le Bénin, et pour pouvoir répondre aux besoins du port, le Chef de l’Etat a accepté aller déposer la pierre de ce projet.

Donc, les choses ont évolué. Il y a un certain nombre de documents à élaborer pour pouvoir donner corps à ce projet parce qu’il y a des banques qui ont été sollicitées pour le financer. Et il y a un premier document qui était un décret, qui a mis en possession ce domaine à cet opérateur. Ensuite, dans ce décret, il était dit qu’il y aura une convention d’implantation conjointe entre le port et le partenaire. Les documents ont commencé par être exécutés et pour pouvoir intégrer tous ces ports dans un environnement harmonisé, un comité a été mis en place à la Présidence de la République.

Et ce comité est piloté par le secrétaire général de la présidence de la République pour pouvoir donner un coup d’accélérateur pour que les choses aillent au mieux. Parce que vous connaissez la lourdeur dans la gestion de l’administration, donc les choses sont dirigées de main de maître par le secrétaire de la présidence de la République. Et les choses évoluaient. Mais il est arrivé un moment, parce qu’il y a des questions de délais, le partenaire devant déposer son dossier à la BOAD qui a sa session à la fin de ce mois, on a constaté que les choses n’évoluaient plus comme cela se doit. Alors, le secrétaire général de la présidence a fait un planning de travail pour pouvoir accompagner ce développement rapide.

Mais à un moment donné, des bruits ont commencé à courir comme quoi le dossier traîne parce que certaines personnes auraient reçu des pots-de-vin. C’est ainsi que le majordome du Chef de l’Etat a téléphoné un jour au directeur du port de Cotonou, parce qu’il a des informations comme quoi le président se bat pour que des investisseurs arrivent, et que ce sont les cadres qui bloquent ces financements. Et les gens ont instruit le Chef de l’Etat. Et le Chef de l’Etat lui, il est gêné et c’est par rapport à cela qu’il a appelé le directeur du port et le secrétaire général du gouvernement. Donc ayant été informé, le président a voulu savoir exactement ce qui s’est passé.

Les cadres se sont expliqués par rapport aux différentes formalités accomplies, avant que cela ne soit présenté en Conseil des ministres. Donc, on en était à l’instruction du dossier quand des informations nous sont parvenues également, comme quoi certains responsables ont effectivement pris de l’argent. Le monsieur ayant des partenaires hors du territoire, a dit qu’il pu envoyer ses informations à ses partenaires. Ça veut dire que l’image du Bénin est attaquée. Aux dires du promoteur et à la suite des confrontations que le Chef de l’Etat a eu à faire, il aurait donné trente un (31) millions de francs Cfa (31.000.000 F) au Directeur général du Port de Cotonou.

Mais le directeur général n’a reconnu que cinq millions de francs Cfa (5.000.000 F Cfa) et qu’il ne l’a pas demandé. Et que c’est le promoteur même qui lui a proposé ça pour lui dire qu’il veut l’aider dans le cadre du chantier. Alors, par rapport au secrétaire général à la présidence de la République, il affirme qu’il lui a donné de l’argent et là, c’est quinze millions de francs Cfa (15.000.000F Cfa) qui pose problème. Là où le bât blesse à ce niveau, il y a eu des enregistrements sonores qu’il m’a fait écouter et qu’il a fait écouter également au Président de la République. Et il dit qu’il l’a déjà envoyé à ses partenaires à l’étranger.

Et à voir que le président a inscrit son régime dans le cadre de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance, il serait très gênant de ne pas pouvoir régler ce problème là. Donc, ce sont ces éléments qui ont amené le Chef de l’Etat à prendre ces décisions, à se séparer de ces collaborateurs pour donner un signal fort à notre administration et un signal fort également aux partenaires, pour rassurer la communauté internationale que le Bénin est véritablement engagé dans la lutte contre la corruption et la bonne gouvernance. Donc, c’est ainsi qu’ils ont été relevés de leur fonction.

Monsieur le ministre, est-ce qu’après l’écoute du son, d’autres enquêtes ont été menées ?

Je l’ai dit tantôt, lorsque les sons ont été écoutés, il a été organisé un débat contradictoire à la Présidence en présence du Chef de l’Etat, où toutes les parties impliquées sont interpelées. En ce qui concerne par exemple mon directeur de cabinet, ils lui ont donné trois million cinq cent mille de franc Cfa (3.500.000F Cfa) et le directeur de cabinet aurait donc réclamé une voiture. Je veux dire qu’au fur et à mesure qu’il y aura d’autres informations, on les apportera pour éclairer l’opinion.

Pour finir, qu’en est-il de l’avenir du dossier du port sec de Tori Bossito?

Je peux rassurer le promoteur que le dossier n’est pas enterré. Mais il doit souffrir que nous pussions conduire avec sérénité ce dossier qui va aboutir. Et que s’il y a des problèmes dans les documents qui sont élaborés, que nous puissions les revoir.

Propos transcrits par

Teddy Gandigbé

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One thought on “Affaire blocage du port sec de Tori:Les mis en cause sanctionnés: le Dg et le Pca/Port limogés

  1. Marius Dadjo

    Je retiens à travers les explications du ministre, que si le chef de l’etat n’avait pas craint pour les conséquences de la dénonciation de ce réseau de corruption, à l’extérieur , il n’y aurait pas eu forcément de sanction . Il faut en déduire que ce ministre ne sait pas communiquer. Dans ces conditions, il est à se demander si d’autres affaires ne sont pas tues, parceque non ébruitées.

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