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Le triomphe de la vérité

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Interview de l’Ambassadeur de France au Bénin, Jean-Paul Monchau:« Pour le bonheur de nos peuples, il faut continuer à entretenir des relations étroites entre le Bénin et la France»


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Depuis le 21 juillet 2011, Jean-Paul Monchau occupe le poste d’ambassadeur de France au Bénin. Plus d’un an après son entrée en fonction, le diplomate français fait l’état des lieux de la coopération entre le Bénin et son pays. L’ambassadeur Monchau se prononce également dans cette interview sur la gestion démocratique et économique du Bénin sous Boni Yayi et évoque les relations entre le Bénin et la Chine qui ne constituent pas à ses yeux une menace pour les intérêts français.

L’Evénement Précis: Quel état des lieux faites-vous de la coopération entre la France et le Bénin ?

Ambassadeur Jean Paul Monchau : Je crois que cette coopération est placée sous le signe de l’excellence. Dans tous les domaines, nous avons des projets en cours, de nouveaux projets qui sortent. Vous savez, le Bénin, c’est le quatrième pays où je représente la France et ce qui me fait vraiment chaud au cœur, c’est l’étroitesse des relations entre nos deux pays, basées sans doute sur des raisons historiques. Mais, je crois aussi, sur une communauté d’intérêts. Nous avons tout à fait intérêt des deux côtés à faire que la France et le Bénin coopèrent bien dans tous les domaines.

Pouvez-vous nous parler des différents secteurs dans lesquels la France appuie le Bénin ?

Tout d’abord, puisque nous avons une communauté de langue, il nous faut commencer par la coopération culturelle. Au cours de l’année passée, le centre culturel français est devenu Institut français. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’appellation. C’est aussi un renforcement de nos structures.

Ce qui est véritablement réconfortant, c’est qu’alors que dans certains pays, des centres culturels français disparaissent, ici au Bénin, nous avons réaffirmé la présence de l’Institut Français à Cotonou mais aussi à Parakou. Nous y faisons passer beaucoup d’artistes béninois. L’Institut français du Bénin est sur le plan culturel un investissement très fort. Mais, ce n’est pas le seul ! Nous travaillons actuellement sur « Regards Bénin ». Cette biennale aura lieu en novembre pour faire la promotion de l’art contemporain.

Récemment, un grand auteur franco-congolais, Alain Mabanckou est venu à mon invitation passer une semaine ici au Bénin. J’ai d’ailleurs l’intention d’approfondir les échanges sur la littérature. Car, je trouve qu’il y a au Bénin un intérêt pour les activités intellectuelles, pour la littérature. Il y a d’ailleurs de grands écrivains ici.

Sur le plan linguistique, nous avons la chance de partager une langue merveilleuse. L’une de mes découvertes, c’est aussi l’enrichissement de cette langue par les Béninois. Je crois que le Bénin peut être un acteur majeur de la Francophonie. Je ne vous le cache pas, j’ai trouvé que la célébration de la Francophonie était un peu faible au mois de mars dernier.

C’est finalement l’Institut français qui a fourni une grande partie du programme. Nos amis suisses ont fait venir des écrivains. Je trouve que côté béninois on pourrait peut-être faire un peu plus pour la célébration de la semaine de la Francophonie. La Francophonie est un drapeau magnifique que nous avons en commun et qui est intéressant non seulement sur le plan linguistique mais aussi sur bien d’autres aspects tel que le domaine politique. A Cotonou, une mission de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) est venue faire l’audit de la LEPI.

 La Francophonie observe des élections dans certains pays, intervient sur des dossiers très difficiles là où il y a des conflits. La Francophonie, c’est donc un trésor que nous avons, qu’il faut absolument chérir et exploiter ensemble pour le bien de nos populations. Ce sera un des axes de travail dans les mois qui viennent.

Au niveau de l’enseignement supérieur, nous sommes très présents également, que ce soit à Abomey-Calavi ou à Parakou. Nous avons un grand programme, Appui à la Restructuration et à l’Harmonisation de l’Enseignement Supérieur (ARHES) qui vient de s’achever. A une époque où le Bénin augmente considérablement le nombre de ses étudiants, nous avons œuvré pour que les universités aient un outil de gestion performant de ces étudiants et puissent mettre en œuvre le système Licence Master Doctorat (LMD).

 Avec nos assistants techniques, nous travaillons en liaison étroite avec le Ministère de l’enseignement supérieur. Ces dernières années, nous avons construit des salles de classes pour l’enseignement primaire et des écoles normales d’instituteurs. Ces actions que nous menons notamment avec l’AFD doivent servir aux enfants béninois.

Je voudrais aussi que les Béninois sachent l’effort qui est fait par la recherche française au profit du Bénin. Il faut savoir que, loin de diminuer ses effectifs de recherche, la France a augmenté le nombre de chercheurs présents au Bénin. Nous en sommes à vingt sept (27) chercheurs expatriés par l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) et le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD).

C’est un investissement, c’est un effort énorme. Nos chercheurs sont intégrés à des organismes de recherche béninois, nous travaillons ensemble. Ce n’est pas la France qui vient imposer quoi que ce soit, c’est la France qui travaille avec des chercheurs béninois sur certains sujets comme le paludisme, sur le climat, l’océanologie, la recherche sociale en milieu urbain. Certes, cela se voit moins que la construction d’un bâtiment. Nous, nous aidons à former les chercheurs et les cerveaux béninois de demain. C’est un investissement d’avenir qui produira forcement ses fruits à long terme.

Dans le domaine de la sécurité et de la défense, il y a un an, on s’inquiétait beaucoup de l’insécurité maritime. Au premier semestre 2011, il y avait beaucoup d’actes de piraterie au large du Bénin. Le Dr Boni Yayi a soulevé ce problème au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies et les partenaires ont travaillé sur le sujet. Des navires français sont venus, on a organisé ici une grande rencontre – le séminaire ASECMAR – qui a permis à toutes les marines de la sous-région de se rencontrer et de pouvoir progresser.

Il nous reste des choses à faire avec les Béninois. Mais ce que je constate, c’est que la piraterie a sérieusement reculé. Il faut s’en féliciter parce qu’il y avait une menace sur les eaux béninoises et par ricochet sur le Port de Cotonou. Nous allons continuer. Il faut que le Sémaphore de Grand-Popo, équipé par la France, soit mis en service. Nous avons également ici des spécialistes qui travaillent avec l’OCERTID dans la lutte contre le trafic de drogue qui menace aussi le Bénin. Nous travaillons étroitement avec les autorités béninoises et nous allons amplifier cette coopération de sécurité et de défense.

Au niveau de la santé, nous sommes présents depuis très longtemps. Cette année, nous démarrons un très gros projet. A la suite du G8 de Muskoka (Canada), 500 millions d’euros ont été dégagés par la France au niveau mondial et le Bénin va en recevoir 15 millions pour ses programmes sur la santé de la mère et de l’enfant.

Il s’agit de faire en sorte que dans ce pays, les accouchements se déroulent dans de bonnes conditions, que les enfants en bas âge reçoivent les soins appropriés et si possible que l’on puisse travailler sur le planning familial. Les femmes dans ce pays ont encore pratiquement six enfants en moyenne. Ce sont des chiffres qui dépassent les normes. Je crois qu’il faut trouver les moyens de réduire la natalité. Nous ne sommes pas seuls, ces fonds seront mis en œuvre par l’AFD, l’UNICEF, et par le FNUAP.

C’est un énorme projet qui nécessite qu’il y ait davantage de sages femmes, davantage de professionnels de santé, davantage d’équipements dans les hôpitaux, pas seulement à Cotonou mais aussi dans l’ensemble du pays. Nous voulons amplifier dans les prochaines années ce que nous faisons déjà dans ce domaine.

Ce qui me tient à cœur aussi, c’est la coopération décentralisée. Il faut bien voir que le Bénin attire beaucoup de collectivités locales françaises pour des coopérations décentralisées, des départements mais surtout les communes françaises. En 2013, nous allons organiser les assises de la coopération décentralisée entre le Bénin et la France et nous aurons l’occasion de faire le point avec le Ministère de la Décentralisation et les communes qui profitent de cette coopération. La coopération décentralisée a un grand mérite. Elle met les gens en contact. C’est humain. C’est là que la coopération internationale prend toute sa dimension.

Un mot sur la gouvernance démocratique au Bénin ?

Le Bénin a su, depuis vingt ans tenir des élections dans des conditions jugées à chaque fois convenables. Le constat global, c’est que les élections ici ne donnent pas lieu à des violences, à des manifestations qui n’en finissent pas après les scrutins. Cela veut dire que globalement, la population admet que les choses se passent bien. Et d’ailleurs, les partenaires internationaux du Bénin le disent aussi. C’est un exemple. Depuis plus de vingt ans, il y a des élections et les gouvernements peuvent ensuite se mettre au travail. C’est une chance même si c’est toujours fragile, on l’a vu dans le cas du Mali. Nous devons préserver cette chance là.

Maintenant, la gouvernance, ce n’est pas seulement les élections. Je crois que la démocratie est un travail de longue haleine. Nous, les Français, nous avons fait la révolution en 1789 et nous en sommes à notre cinquième république. On voit bien qu’il a fallu très longtemps pour que nos institutions soient complètement stabilisées, qu’elles soient transparentes pour les citoyens. Nos institutions actuelles ont maintenant plus de cinquante ans. Notre Constitution a été adaptée, modifiée à plusieurs reprises.

 Ce n’est pas impossible parce que les choses évoluent et une Constitution a besoin d’évoluer. Si elle n’évolue pas, elle devient bloquante. Je dis ça parce que j’ai bien vu que l’un des problèmes pour nos amis Béninois à l’heure actuelle, c’est la révision de la Constitution. C’est aux Béninois de le faire. Sans doute, faudra-t-il trouver le moyen institutionnel et forcement démocratique d’adapter cette Constitution qui est souvent citée en exemple.

Je pense que c’est bien qu’on débatte. Il me semble que c’est la force d’un pays de pouvoir débattre sur tous les sujets. Les Béninois s’interrogent sur leur Constitution et je suis certain que si nous pouvons aider de manière technique, d’une manière ou d’une autre, à avancer sur ce sujet, nous le ferons en tant qu’amis du Bénin.

La gouvernance c’est aussi l’Etat de droit. On voit bien qu’ici, beaucoup de citoyens s’interrogent sur ce qui a pu être fait dans certains secteurs. Je crois qu’il faut aussi faire la part de l’urgence. Par exemple, si la future récolte cotonnière est en jeu, un gouvernement peut être amené à prendre des mesures d’urgence.

 Ceci étant, sur l’Etat de droit, je crois qu’il y a une situation qui mérite sans doute d’être améliorée. La France est chef de file des partenaires techniques et financiers pour les questions de justice et des Droits de l’homme. Dans ce domaine, ce qui nous frappe, c’est que beaucoup de prisonniers ne sont pas jugés. Si vous allez à la Prison civile de Cotonou, vous voyez qu’il y a des centaines de prisonniers qui sont là pour des durées supérieures à la peine maximale encourue s’ils étaient jugés. J’ai des exemples précis et je ne parle même pas de la situation dans les prisons : la promiscuité, la surpopulation carcérale…

Cela nous interpelle du point de vue du droit parce que toute personne a droit à un procès dans un délai raisonnable. Et ce que j’ai pu voir, comme le Président de la République ou le Médiateur de la République, eux même l’on dit, ce n’est pas acceptable. Nous avons une coopération dans ce domaine avec l’Union Européenne et d’autres partenaires. Et ce que nous souhaitons, c’est que rapidement, le nouveau code de procédure pénale soit promulgué et appliqué.

Enfin, je voudrais parler de la situation des enfants. Encore trop d’enfants travaillent au Bénin. Je parle notamment du phénomène des « vidomegon ». Le travail des enfants à notre époque est un problème qui doit être traité à la base. Un enfant doit apprendre, doit jouer, mais ne doit pas travailler, sans quoi il passe à côté de son enfance. Il est également nécessaire de lutter contre le trafic des enfants, un drame qui perdure au Bénin.

Quelle est votre appréciation de la gouvernance économique au Bénin ?

D’abord un constat : si on s’en tient au classement Banque Mondiale « Doing Business », le Bénin n’est pas très bien placé. Deuxième constat : le Chef de l’Etat lui-même disait il y a 15 jours quand il était dans les champs de coton, « nous sommes les derniers de l’UEMOA en terme de croissance » et je voyais que ça lui faisait de la peine qu’on en soit là. Donc de toute évidence, il y a quelque chose à améliorer en termes de gouvernance économique au Bénin.

Il n’y a pas de fatalité. L’Afrique connait depuis plusieurs années une croissance forte. Pour 2012, les experts pensent que la croissance du continent africain se situera entre 5 et 6%. Grâce aux efforts qui ont été faits avec les bailleurs, l’Afrique s’est désendettée au cours des dernières années. Il y a 10 à 12 ans, l’endettement moyen des pays africains était de 125% du PIB. Aujourd’hui on est tombé à 25%, ce qui veut dire que les pays africains pour la plupart sont moins endettés que les pays européens.

L’aide internationale finit par produire des effets parce qu’au cours des dernières années, l’aide a été consacrée aux infrastructures, à l’énergie, aux routes, aux aéroports. Regardez les communications entre les pays africains, elles sont devenues beaucoup plus fréquentes et plus faciles qu’avant. Aujourd’hui vous avez des compagnies qui desservent toutes les capitales africaines à partir de Cotonou. Vous avez aussi des sauts technologiques.

Le téléphone et Internet permettent de réduire le fossé numérique. Vous avez donc énormément d’éléments qui sont en train de profiter à l’Afrique. Et j’en ajoute un autre qui va produire des effets à partir de maintenant, c’est la démographie. La population africaine augmente, ce qui est un facteur de croissance supplémentaire pour le continent. L’Afrique est le réservoir de croissance de la planète. Il faut donc être optimiste pour l’Afrique.

La croissance au Bénin est plutôt de 3,5%. Ca ne suffit pas à faire du Bénin un pays émergent, puisque la population augmente en même temps de 3,5 % par an. Vous augmentez le PIB et vous augmentez le nombre d’habitants, vous avez donc toujours le même résultat, c’est-à-dire 750 dollars par an et par habitant.

Pire, la pauvreté a augmenté au Bénin ces trois dernières années. On l’a constaté lors de la « Revue conjointe » entre le gouvernement et les partenaires. Concernant la gouvernance économique au Bénin, le gouvernement et les partenaires se penchent sur la question. La gouvernance économique c’est aussi le port, le coton et l’ensemble des secteurs d’activité béninois. Pour le port, nous venons de vivre une période assez difficile. Mais nous venons d’en sortir, je crois. Les nouvelles que j’ai, en particulier des opérateurs, tendent à montrer que la situation s’améliore…

…avec la disparition du PVI ?

Bon, on va voir ce que le gouvernement à l’intention de faire pour remplacer le PVI. Peut être que le forum économique que prévoit le Président de la République au mois de septembre va aider. Mais je crois qu’au port, la situation est en train de s’améliorer doucement. En ce qui concerne le coton, je ne suis pas un spécialiste mais je pense que le potentiel du Bénin n’est certainement pas atteint. Il faut donc voir aussi les nouvelles règles qui seront mises en œuvre dans ce domaine.

Pour l’instant, on a plutôt l’impression que l’Etat a repris en main le secteur. Mais un secteur économique comme le coton ne peut pas être entièrement aux mains de l’Etat. Il faut trouver un équilibre, dans la privatisation, entre l’Etat qui régule et les producteurs du secteur, afin de permettre à tous les producteurs de développer tout leur potentiel.

Néanmoins, ce n’est pas possible qu’un pays comme le Bénin s’arrête aux deux secteurs économiques que sont le port et le coton. Ce pays est fertile. Comment est-il possible que l’agriculture ne soit pas davantage tournée vers l’exportation ? Je crois que les autorités y travaillent ardemment. J’ai entendu qu’une usine de fabrication de tracteurs va être lancée ici au Bénin, financée par l’Inde, il faut s’en féliciter.

Dans un pays comme le Bénin, l’agriculture est la base de l’économie. Je suis persuadé qu’il y peut avoir des filières ananas, noix de cajou, karité, etc… qui ne demandent qu’à être développées. Vous avez ici les meilleurs ananas du monde, ça ne fait aucun doute, pourquoi pénètrent-ils si peu le marché français par exemple ?

Malgré ses relations séculaires avec la France, le Bénin se tourne vers d’autres pays à l’instar de la Chine….

Il y a tellement à faire qu’il y a du travail pour tout le monde ! Il faut se réjouir qu’après les anciennes puissances coloniales, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal il y ait d’autres partenaires qui viennent en Afrique. Il faut être réaliste, la Chine est en train de devenir l’une des principales puissances au monde, sinon la principale.

 Et il est tout naturel qu’elle s’intéresse aux autres continents. On a remarqué que les Chinois sont très forts pour construire des infrastructures. C’est précisément de cela dont a besoin le continent africain. Dans d’autres pays africains, la Chine s’est ouvert le marché de matières premières dont elle a besoin pour son économie. Je vous rappelle que la Chine, c’est officiellement 1,3 milliards d’habitants qui veulent consommer. Le continent africain est riche de matières premières.

C’est un continent riche peuplé de trop de pauvres. Si, grâce à ces partenaires, notamment la Chine, l’Europe, la Turquie, l’Inde, le Brésil, on peut transformer progressivement l’Afrique en un continent plus riche, personnellement je n’ai rien contre. C’est la mondialisation qui est en marche, en Afrique aussi.

J’ai beaucoup aimé le discours du Président de l’Union africaine, le Dr Boni Yayi lors de la 5ème Conférence ministérielle du forum sur la coopération sino-africaine. Il a dit un certain nombre de choses qui marquent bien le partenariat entre une Chine riche de ses valeurs et l’Afrique riche aussi de ses valeurs et qui a sa propre vision du monde. Je crois que ce partenariat, du moment qu’il est équilibré, est bénéfique pour le continent africain.

Nous nous en réjouissons. Certaines entreprises françaises et européennes profitent elles aussi de l’arrivée de la Chine en Afrique parce qu’elles connaissent bien le continent africain. Par exemple, quand il s’agit de transporter des marchandises de la Chine vers Cotonou, ce sont des entreprises européennes qui le font, les groupes Maersk, Bolloré notamment.

C’est une très bonne chose, ça profite à tout le monde. Nous n’avons donc rien contre la présence chinoise en Afrique. Maintenant, c’est aux Africains eux-mêmes de fixer les règles du partenariat en préservant leurs intérêts. En tout cas, je peux vous dire qu’entre Chinois et Français, nous avons des conversations régulières sur l’Afrique au niveau de nos capitales.

Excellence, quel avenir pour la relation entre la France et le Bénin ?

Je considère, pour ma part, que le passé, le présent et l’avenir, tout ça, va ensemble. Vous vous souvenez que peu de temps après mon arrivée au Bénin, j’avais pu obtenir une rencontre entre le Président Boni Yayi et le Président Nicolas Sarkozy. Le 29 mai dernier, le Président Boni Yayi a été le premier président de l’Afrique Subsaharienne à être reçu par François Hollande.

C’est très symbolique. Quels que soient les gouvernements, il y a une amitié profonde entre nos deux pays et nous observons toujours avec intérêt le modèle béninois : démocratie, stabilité, respect des droits de l’homme. Nous avons la volonté de toujours améliorer les choses pour faire en sorte que le Bénin reste une référence dans la région. Rien n’est parfait, chez nous en France non plus. Pour le bonheur de nos peuples, il faut continuer à entretenir des relations étroites entre le Bénin et la France.

 Ce que je vois, c’est un intérêt commun, des flux humains très importants, des rencontres très fréquentes entre personnes. Il y a 7000 ou 8000 Béninois qui vivent en France et ils ne posent pas de problèmes particuliers, notamment sur les questions d’immigration. On a offert ici des cartes compétence et talents qui permettent à des Béninois de s’installer en France puis de revenir au Bénin et de démarrer un projet professionnel. On en a pourtant placé très peu jusqu’à présent.

Pour conclure, je suis optimiste pour les relations entre le Bénin et la France. Les Français peuvent sans doute mieux faire et les Béninois peuvent aussi mieux faire, mais on s’entendra toujours pour le bénéfice des deux populations.

Entretien réalisé par

Jean-Claude DOSSA

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