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Le triomphe de la vérité

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Lettre ouverte sans réponse du syndicat des garagistes et automobilistes du Bénin au Ministre de l’artisanat: Le SG/ Sabi Biaou dénonce le silence coupable de Jean-Michel Abimbola


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Le Secrétaire Général du SYNGAP-AUTO-BENIN, Sabi Biaou

La gestion faite actuellement du secteur de l’artisanat ne plait pas du tout au Syndicat national des garagistes et professionnels de l’automobile du Bénin (Syngap-Auto-Bénin). Et c’est précisément pour cela que son secrétaire général, Sabi Biaou a adressé au Ministre de la culture, de l’artisanat et du tourisme, Jean-Michel Abimbola, une lettre ouverte en date du 24 mai dernier.

Mais curieusement, selon ses propos, aucune suite n’a été donnée à cette correspondance sensée pourtant instaurer le dialogue entre les acteurs pour mieux discuter des problèmes qui freinent le développement de ce secteur qui occupe la plupart des Béninois.

Et en parlant des problèmes, le Syngap-Auto-Bénin, à travers son secrétaire général en a dénombré plusieurs qui mettent sérieusement en cause, tout l’arsenal institutionnel du secteur. Dans sa correspondance adressée au Ministre en charge de la gestion de l’artisanat, Sabi Biaou a relevé l’inconstitutionnalité de la politique nationale du développement de l’artisanat mise en œuvre par le Ministère de l’artisanat vis-à-vis de la Convention 87 et 98 de l’Organisation du travail relative à la liberté d’association.

Le point jugé contraire à la constitution par le secrétaire général du Syngap-Auto-Bénin, c’est bien l’obligation faite dans ce document à tous les acteurs du secteur de se mettre dans une Confédération alors que la loi fondamentale prône la liberté d’association aux citoyens. Mieux, le syngap-auto-Bénin a démontré à travers sa lettre ouverte que la plupart des textes élaborés pour structurer le secteur sont caducs et méritent qu’on les corrige si l’on veut bien donner un avenir rayonnant à l’Artisanat béninois.

Ceci étant, il assimile le désintéressement de plus en plus prononcé des jeunes face aux métiers créateurs d’emplois et de richesse comme une preuve d’échec de cette politique de relance qu’il qualifie de peu valorisante. En dépit de toutes ces dénonciations, Sabi Biaou a relevé que les 27, 28 et 29 juin derniers, le Ministre a trouvé utile d’organiser un atelier séminaire sur les différentes questions qu’il a soulevées dans sa lettre. Mais là, ce qu’il regrette, c’est que l’atelier n’a pas réussi à trouver des solutions adéquates aux réels problèmes qui se posent au secteur.

C’est pourquoi, à défaut de trouver une réponse satisfaisante du Ministre de l’artisanat, il s’en remet également au Ministre de la formation professionnelle, Alassane Soumanou afin que les problèmes posés dans sa lettre trouvent des solutions adéquates pour le bonheur des artisans béninois. Lire à nouveau, sa lettre ouverte.

Donatien GBAGUIDI

                                                              Lettre Ouverte au ministre de l’artisanat

REPUBLIQUE DU BENIN

Syndicat national des garagistes et professionnels de l’automobile du Bénin (SYNGAP-AUTO-BENIN)

Cotonou le 24 mai 2012

Le Secrétaire Général

A

Son excellence monsieur le ministre

de la Culture de l’Artisanat et du Tourisme

Objet : Lettre ouverte sur la problématique

du développement du secteur artisanal

Excellence monsieur le ministre,

Avant tout propos, nous tenons au nom des garagistes et professionnels de l’automobile du Bénin, membres de notre organisation et en notre nom propre, à vous féliciter pour votre nomination à la tête de cet important département ministériel. Votre arrivée a permis d’insuffler un nouveau dynamisme à notre ministère de tutelle. Nous sommes convaincus que l’espoir que vous avez ravivé ne se traduira en réalisations concrètes que si tous les acteurs acceptent de vous accompagner sans vous marchander leur soutien ni leurs diverses contributions, de quelques natures qu’elles soient.

 C’est pourquoi en nous inspirant de Mercedes–Benz qui nous enseigne en automobile que ‘‘c’est de la contradiction que sortent des idées extraordinaires’’, nous estimons qu’il est de notre devoir de susciter des réflexions et des débats sérieux autour des questions liées à la gestion et au développement de notre secteur d’activités.

Excellence Monsieur le ministre

Le constat est amer, triste, désolant. Dans une correspondance à l’un de vos prédécesseurs, nous attirions déjà son attention sur la déliquescence et l’échec programmé des missions régaliennes de notre département ministériel de tutelle, ceci du fait de certains responsables qui conduisent le secteur depuis des années, sur la base de compétences et de textes qui laissent à désirer.

A la faveur du programme de relance du secteur privé, il a été consacré tout un volet à l’Artisanat. C’est avec beaucoup d’amertume que nous constatons que ce volet, loin de contribuer effectivement à la relance du secteur artisanal, a plutôt amorcé la destruction en bonne et dure forme de ce secteur. L’acte premier de ce dessein a été la création d’une structure dite faîtière, dont la mission réelle a consisté au musellement des artisans avec pour corollaire la diabolisation de tous les syndicats du secteur.

 De sorte que certains corps se sont vus dans l’obligation de se constituer en Associations suivant un schéma pré établi, condition sine qua none pour pouvoir bénéficier des aides et autres subventions dues. Outre cet aspect, ce programme a permis au secteur de se doter des textes qui ont induit le gouvernement en erreur et des lois qui méritent des relectures urgentes. Pour illustration, nous avons en son temps attiré l’attention de vos prédécesseurs sur la nécessité de revoir certains textes avant les élections des membres des chambres de métier ; l’urgence nous a été servie comme argument.

Résultat : nous voici avec les chambres de métiers méconnues de la grande masse des artisans, incapables de s’affirmer et contraintes de quémander pour assurer la survie de cette institution au demeurant inutile. Preuve que les chambres des métiers, (instituées à grands frais et dans une révoltante irrégularité) sont aujourd’hui des ‘‘usines’’ fantômes, le gouvernement a éprouvé le besoin d’initier les « samedis des métiers » pour susciter plus d’engouement des jeunes vers des secteurs créateurs d’emplois et de richesses.

Toute chose qui sonne comme l’aveu de l’échec d’une politique qui a consisté à mépriser un secteur d’activités aux potentiels énormes, en l’occurrence le secteur artisanal, à travers une cacophonie savamment entretenue dans la structuration des branches de métiers. Comment veut-on aujourd’hui convaincre les jeunes de faire carrière dans la mécanique, la soudure, la couture, etc., quand l’essentiel des politiques élaborées jusqu’ici ont consisté à en faire des sous-métiers réservés à ceux qui, par infirmité intellectuelle, n’auraient pas pu suivre un cursus académique ‘‘valorisant’’?

Excellence monsieur le ministre,

Il nous semble que les « experts » qui ont élaboré les différents documents de développement du secteur artisanal sont les principaux fossoyeurs du sépulcre dans lequel il se trouve aujourd’hui. Quand on parle du secteur artisanal, il faut voir deux types de métiers principaux : les métiers utilitaires et les métiers d’art.

En rapportant le secteur à sa seule portion incongrue de métiers d’art, ils ont volontairement fait l’option de priver le secteur artisanal de sa principale substance, de son véritablement potentiel. Certaines pratiques ayant cours nous obligent à quelques questionnements pour mieux cerner la pertinence des goulots d’étranglements que constitue la non structuration des branches de métiers : par quel mécanisme et avec quel outil les métiers ont été classés dans les branches ?Est-ce que c’est seulement les métiers répertoriés dans la fameuse nomenclature qui existent au Bénin ?

 Eventuellement, s’il y en a qui existent et qui n’y figureraient pas, quel est leur sort et éventuellement par quel mécanisme peuvent-ils être pris en compte ? Nous profitons de l’occasion pour vous demander si les conducteurs de taxi de tout genre et les fabricants de prothèses dentaires, par exemple, sont des artisans ? Si oui où est leur place ? Cet exemple pour expliquer les tares du décret n° 2003-569 du 29 Décembre 2003 et de la loi n°98-037 du 22 novembre 2001 qui mérite à notre avis un toilettage.

En ce qui concerne la politique nationale de développement de l’artisanat, nous voudrions savoir si le ministère a conscience de la violation de la constitution et la convention 87 et 98 de l’Organisation Internationale du Travail sur la liberté d’association lorsqu’elle prévoit la création de la confédération nationale des artisans du Bénin. C’est pourquoi nous voulons savoir si cette confédération créée à partir de cette politique est une institution ou une association de la loi du 1er juillet 1901.

Nous aurions péché si nous ne cherchons pas à savoir le rôle que joue la direction de l’artisanat et des organisations professionnelles dans l’application du chapitre 2 de la loi portant code de l’artisanat en promouvant l’ouverture des entreprises artisanales au mépris des textes. Il sera utile qu’on nous dise quelle que soit la taille d’un garage d’entretien et de réparation automobile, à quel secteur d’activités il appartient afin de nous situer clairement.

Excellence Monsieur le ministre,

Ne pensez-vous pas que ce sont les textes caducs encore de mise qui empêchent le gouvernement de mettre ensemble l’artisanat avec les petites et moyennes entreprises comme il l’eût fallu pour le développement du secteur ? Nous sommes tentés de nous poser la question de savoir s’il existe dans les faits un ministère effectivement en charge de l’artisanat au Bénin.

Excellence monsieur le ministre,

Les questions que l’animation du ministère en charge de l’artisanat suscite sont si nombreuses que nous ne saurions les condenser dans une correspondance. Tout en espérant que notre démarche contribuera à engager des réflexions profondes qui permettront au secteur de s’affirmer nous vous prions de croire à notre esprit de franche et sincère collaboration et de recevoir nos salutations fraternelles et patriotiques

Le Secrétaire Général

SABI Biaou

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