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Le triomphe de la vérité

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Chronique Nutrition N°3:Que mangent les Béninois?


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Les plats consommés par les Béninois sont issus de la transformation de grands types de produits, combinés ou non, que sont : le maïs, le riz, le blé, le haricot, l’igname, le manioc etc… On note une importante utilisation des produits locaux dans les habitudes alimentaires des Béninois. Trois grands moments de consommation régulièrement intercalés par des gignotages sont à considérer : le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Ainsi, on peut observer une forte consommation du maïs au petit déjeuner et au dîner dans l’ensemble du pays.

Néanmoins, il faut signaler qu’il y a de légères différences au niveau du petit déjeuner au sud Bénin où les plats à base de blé rivalisent avec les produits à base de maïs. Au nord, le régime alimentaire est dominé par l’igname et entre le nord et le centre, le régime à base de céréales est couplé avec des racines et tubercules. Mais la consommation des produits locaux varie en fonction des périodes. C’est ainsi que le maïs est plus consommé pendant la période d’abondance (juillet à septembre) que pendant la période de soudure où il coûte plus cher (mars à mai). Ces données démontrent l’importance de la prise en compte de ces filières et de l’artisanat alimentaire en vue de la satisfaction des besoins alimentaires.

Dans tout le pays, les habitudes alimentaires sont en pleine transition avec ses conséquences sur la santé de l’individu. À mesure que l’apport calorique général augmentait, la part des aliments de base diminuait en faveur du blé, des huiles végétales et des produits animaux. Le recul des aliments de base riches en glucides dans les régimes alimentaires masque une variabilité considérable d’un aliment à l’autre, qui donne à penser que les Béninois ont modifié leurs habitudes de consommation des denrées de base. Cette transition alimentaire, qui concerne tous les groupes sociaux, fait apparaître un recul massif des céréales de base au profit des dérivés du blé et des produits riches en graisse.

Il apparaît que l’urbanisation et l’évolution des revenus et des préférences jouent un rôle important dans la transition alimentaire. Ces trois variables, apparemment interdépendantes, devraient continuer de façonner les modes de consommation à l’avenir. Les céréales, les tubercules, les racines féculentes, les bananes et les plantains traditionnels, tels que le maïs, le sorgho, le mil, l’igname, le manioc et les patates douces, sont souvent produits par de petits agriculteurs. Les consommateurs nationaux délaissant de plus en plus ces produits, ces petits agriculteurs pourraient être confrontés à de graves difficultés, notamment lorsque les possibilités de pratiquer d’autres cultures ou activités sont limitées.

Malgré les mutations sociologiques que connaît notre société, malgré l’homogénéisation, au moins apparente, des modes de vie, la famille conserve un rôle fondamental dans la structuration précoce des habitudes alimentaires des individus. A cette influence, qui va perdurer tout au long de la vie, s’ajoute celle de très nombreux acteurs, et notamment de l’industrie agro-alimentaire et des distributeurs, ainsi que des médias à travers la publicité. Mais la complexité du champ, la diversité croissante des produits, la multiplicité des messages et des sources d’information rendent les choix du consommateur de plus en plus difficile, alors même qu’il les exerce dans des contraintes de revenu et de temps de plus en plus fortes. Dans ce contexte, il apparaît essentiel pour nous, de mettre à la disposition du public béninois des références et des repères pour adopter ou conserver des habitudes alimentaires facteurs d’équilibre et de santé.

SANGNIDJO Sèmèvo Anicet

Ingénieur Agronome Nutritionniste

Master of Science in Nutrition and Food Science

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