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Le triomphe de la vérité

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Interview avec le Président du Haut conseil syndical de l’Education, Eustache Zinzindohoué:« Après le 25 avril 2012, on peut retourner en grève »


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Entre responsables syndicaux et ministres en charge des enseignements, le calendrier scolaire a connu une nouvelle modification. A travers cette interview, le Président du Haut conseil syndical de l’Education, Eustache Zinzindohoué parle des différents réajustements suivi des raisons qui ont poussé les responsables syndicaux à exiger une modification consensuelle. Toutefois, il met en garde le gouvernement de ce que la perturbation de l’année en cours pourrait reprendre en cas de non respect des conditions posées par les syndicalistes.

L’Evénement Précis : De quoi a-t-il été question lors de votre séance de concertation avec les ministres des enseignements hier ?

Eustache Zinzindohoué : Nous avons exigé rencontrer les deux ministres des enseignements maternel, primaire et secondaire puisqu’ils ont sorti un nouveau calendrier le 04 avril dernier et il se fait que ce calendrier a été conçu unilatéralement. C’est ainsi que nous avons demandé qu’il doit avoir un réaménagement du calendrier avec la contribution des syndicalistes. Ce qu’ils ont fait en nous appelant le mercredi dernier pour le réaménager un tant soit peu.

 Mais nous avons travaillé. Et ce travail fait, est assorti de conditions. Vous savez que nous avons eu nos salaires du mois de mars avec 15 jours de retard. C’est ainsi que nous avons dit qu’il ne faut plus que nos salaires accusent de retard. En outre, dès le 20 avril, nos salaires doivent commencer par tomber et cette fois-ci sans défalcations. Les sous défalqués sur les salaires de mars doivent être remis. Enfin, on a exigé que les deux ministres travaillent afin que le gouvernement relance les négociations gouvernement confédérations-centrales syndicales qui permettent de se pencher sur les revendications qui nous ont amené à aller en grève.

On a donc mis cela sur papier. Ce que les deux ministres ont signé avec nous. Et c’est à la réalisation de ces conditions-là que nous avons retenu un nouveau calendrier qu’ils essaieront de transformer en Arrêté. Une fois signé, nous estimons que cela sera respecté. Pour le moment, nous reprendrons dès lundi 16 avril le chemin de l’école. Dans le cas contraire, dès le 25 avril comme nous avons prévu, on reprend la grève.

Qu’en est-il des congés de Pâques ?

Les congés de Pâques sont réduits à une semaine. Si tout marche bien, dès lundi on retourne en classe comme je l’ai dit. On aura à rattraper une semaine. Le reste, on a fait de décompte et on s’est rendu compte qu’on a effectué 22 jours de grève. Il est vrai qu’il a une réalité selon laquelle lorsque les gens vont en grève la motivation au travail n’est pas grande. Avec les réajustements faits sur le calendrier, on pourra travailler à ce que les apprenants qui sont les destinataires de cette prestation ne soient pas déçus.

Pensez-vous que les enseignants qui sont déjà déçus par la mesure de défalcations pourront reprendre au même titre que les autres le chemin de l’école?

De toutes les manières, nous avons des assemblées générales demain sur toute l’étendue du territoire national. Nous allons leur expliquer ce que nous avons dû faire parce qu’il y a des sacrifices à faire. Quand on va en mouvement et on a des responsables, on fait confiance aux responsables. De ce fait il y a des situations sérieuses; des drames sur des drames comme des défalcations que nous continuions de vivre. Malgré cela, nous avons dit que nous sommes de bonne foi.

Nous ne voulons ni d’une année blanche, ni d’une année bâclée. De ce point de vue le gouvernement avait dit que nous n’avons plus de congés de Pâques. Mais au niveau du Haut conseil syndical de l’éducation, nous avons dit que nous devons jouir de nos congés. C’est donc dans ces sacrifices que les problèmes qui sont posés peuvent avoir des résolutions. Nous mettons la bonne foi de notre côté et nous verrons ce que ceux qui sont en face de nous feront. Parlant des dates des examens, le CEP est fixé au 25 juin, le Bepc au 02 juillet et le bac au 09 juillet.

En fixant le bac au 09 juillet, le Bénin continue t-il de respecter le règlement de l’Uemoa ?

Oui, nous avons proposé et insisté que le Bac soit au 09 juillet et non au 18 juin. Nous ne sommes pas tenus par l’Uemoa. Je vous informe que par exemple le Togo ne pourra pas faire le Bac de l’Uemoa. Le Sénégal non plus, car les enseignants étaient également en grève comme au Togo. Le Mali n’est plus à citer. Alors pourquoi tient-on à nous enfermer dans l’Uemoa pour empêcher une meilleure formation des enfants ? L’Uemoa a volé en éclat et le Bac se déroulera le 09 juillet. Le Bénin n’est pas le seul pays de l’Uemoa, donc il y a bel et bien crise dans notre pays et on doit en tenir compte pour réajuster. A moins que le gouvernement veille faire le Bac pour les privés uniquement.

Les promoteurs des établissements privés ont quand même exprimé leur incapacité à aller au-delà de la date du 09 juillet pour le Bac

L’école est publique et les privés y arrivent pour faire des affaires. Lorsque l’école est en crise, vous qui arrivez pour faire des affaires, devrez en tenir compte. Et ce n’est pas la première fois qu’il y a eu grève dans notre pays. En 2010, nous avons fait autant de jours de grève et lorsqu’on finit par prolonger l’année les privés prennent leur disposition.

 Les classes intermédiaires qui ont travaillé régulièrement, ont été mises en congés par les directeurs pour uniquement garder les classes d’examen. Il fallait continuer par voir un certain nombre de choses avec ces candidats. A cet effet, ils n’arrivaient que dans les matinées. Cette stratégie n’a pas encore disparu et nous croyons que ce n’est pas les stratégies d’ajustement qui manquent en leur sein.

Propos recueillis par

Emmanuel GBETO

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