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Le triomphe de la vérité

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Représentation de la pièce « Dans la solitude des champs de coton » au Fitheb 2012:Une histoire de transaction commerciale aux objets inconnus


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Mardi dernier au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou, une première représentation de la pièce « Dans la solitude des champs de coton » a été faite. C’est une mise en scène du metteur en scène béninois, Alougbine Dine, le Fondateur de l’Atelier Nomade qui parle d’un « deal » dont l’objet paraît difficilement compréhensible.

Un podium, une sorte de brouette constituée d’épaves de pirogue et quelques objets disposés de façon désordonnée jonchent le plan scénique. Et le noir prend possession des lieux. Puis subitement, des voies retentissent, laissant projeter sur un tissu blanc faisant office d’écran géant apposé en haut du plan scénique, des mouvements d’êtres invisibles. Une minute écoulée, une légère lumière jaillit aux deux extrémités du plan scénique. On y aperçoit deux femmes.

 L’une très bavarde (Noémie Lacaille), s’accroche à la brouette tandis que l’autre silencieuse (Patricia Ballè) se pointe debout sur le podium fixant d’un regard dédain son interlocutrice. Et c’est parti pour une heure de dialogue à peine compréhensible entre les deux comédiennes chargées de représenter la pièce « Dans la solitude des champs de coton » du poète Koltès, mise en scène par le metteur en scène béninois, Alougbine Dine. C’était mardi dernier au théâtre de verdure de l’Institut français de Cotonou dans le cadre de la 11ème édition du Festival international de théâtre du Bénin (FITHEB 2012).

Deux dealers méfiants

Dans la pénombre d’un champ de coton, les deux comédiennes se sont donnés rendez-vous pour dealer. Mais l’objet du deal paraît bien délicat, voire suspect. Ceci justifie bien la méfiance que les deux dealers se vouent réciproquement. Elles parlent, parlent encore et encore, mais sans jamais nommer l’objet du deal.

La large exposition de la situation permet seulement de comprendre une chose : La transaction entre deux personnes qui viennent de se rencontrer. Mais sur quoi s’opère ce deal ? On ne le saura pas. Ceci inspire l’ennui quoique les deux actrices aient su manipuler gestes et paroles pour capter l’attention. Juste quelques allusions aux termes « Sexe », « Désirs », « Sentiments » ont permis d’appréhender quelque peu le sens de la pièce. Mais cette timide compréhension semble se dissiper si l’on s’en tient au choix des actrices.

Le metteur en scène, en choisissant deux femmes pour parler du sexe, ne facilite pas une nette compréhension de sa logique. Car, logiquement, le sexe est une affaire d’homme et de femme surtout en terre africaine. S’il devrait donc avoir deal sur une histoire de sexe, la logique aurait voulu que cela se passe entre une femme et un homme. Là, on aurait pu mieux comprendre le sens de la pièce surtout que l’objet de celle-ci n’a pas été clairement exprimé dans la représentation. L’autre chose qui a retenu l’attention, c’est le subit éclatement intervenu dans la scène lorsque Noémie Lacaille, quitte précipitamment la scène au moment où la situation s’est envenimée (à l’apogée de la scène) entre elle et son interlocutrice pour prendre place dans le public.

 S’il est vrai que dans le théâtre moderne, on ne tient plus rigueur au principe de l’unité de lieu, il est aussi vrai que tout changement de lieu sans un préalable avertissement (Ne serait-ce que par jeu de lumière ou indication préalable) ne facilite pas une meilleure compréhension du spectacle. A raison donc, on peut se demander : où est passée Noémie Lacaille en quittant le « Champ de coton » dans lequel se déroule la scène ? C’est une interrogation qui restera sans réponse.

Donatien GBAGUIDI

« Dans la solitude des champs de coton » de l’Atelier Nomade (Production FITHEB 2012)

Dans la solitude des champs de coton, à travers les paroles croisées de deux partenaires qui se rencontrent pour «deal, transaction commerciale portant sur des valeurs prohibées « où chacun voit l’autre sans pouvoir l’atteindre, et ou le frère découvre l’irréductible autonomie de l’autre frère, sa formidable étrangeté, où il reçoit comme un boomerang, la caresse ludique qu’il voulait donner et qui n’a pas quitté sa main ».

C’est le règne de l’incommunicabilité dans un lieu indéfini sans cesse nommé et renommé par le dealer et le Client, un lieu prétexte à palabre, un lieu éminemment poétique et en permanente tension, un lieu déclencheur de dialogue vain, un lieu d’échec de la parole où l’échange devient impossible entre deux partenaires qui restent alors comme « deux zéros bien ronds, impénétrables l’un à l’autre, provisoirement juxtaposés, et qui roulent chacun dans sa direction » Faut-il ajouter que cette pièce à l’origine prévue pour deux hommes va être interprétée par deux femmes pour faire entendre la voix tumultueuse d’un grand poète de notre temps, Bernard-Marie Koltès.

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