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Crise du carburant au Nigéria:La rareté du « kpayo » tourmente le quotidien des Béninois


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La crise pétrolière au Nigeria crée le branle-bas au Bénin. Et pour cause, l’essence frelatée vers laquelle se ruent la plupart des consommateurs se raréfie. Du coup, des filières entières tournent au ralenti et tout est bouleversé.

De 250F CFA, l’essence frelatée se vend actuellement à 1.300F CFA sur le marché noir. Et pourtant, elle se raréfie au grand dam des consommateurs qui en raffolaient en période normale. Du coup, les stations formelles sont bondées de monde en quête de ce liquide précieux pour le fonctionnement du moteur de leurs véhicules ou engins. Face à cette situation inattendue qui frappe de plein fouet les Béninois, des plaintes fusent de toutes parts pour décrier cette nouvelle flambée du prix de l’or noir. Les plus touchés par cette crise, ce sont les conducteurs de taxi-moto qui ne peuvent joindre les deux bouts que grâce au va et vient auquel ils s’adonnent quotidiennement avec leur moto pour déposer leurs clients.

Les métiers de zémidjan et de taxi-ville en berne

Dans les rues de Cotonou et d’Abomey-Calavi depuis quelques jours, les métiers de zémidjan et de taxi-ville souffrent cruellement. Le maillot jaune a légèrement presque disparu de la circulation. Certains préfèrent prendre un congé temporaire carrément quitter le métier. Temporaire dans l’espoir de reprendre dès que la situation sera stable. Pour ceux qui ne croient plus à un revirement de la situation, c’est déjà la fin.

Fiacre Yétondji, titulaire d’une licence en anglais, conducteur de taxi-moto depuis 6 ans est dans le lot de ceux qui s’inscrivent dans ce dernier cas. Il compte raccrocher définitivement le maillot jaune et se trouver d’autres portes de sortie. « De ma position de lettré, cette crise est partie pour réguler la vente du kpayo au Bénin et par conséquent rendre plus difficile le métier de zémidjan » a-t-il déduit. Mais certains de ses collègues n’abandonnent pas. Ils sont des milliers à préférer s’aligner parfois à des heures indues dans les stations pour se procurer le précieux liquide pour l’exercice de leur métier.

C’est le cas de Cosme Adandé, conducteur de taxi-ville qui, en dépit du poids de l’âge qui pèse visiblement sur lui s’est glissé dans l’une des interminables files à la Station Mènontin pour s’approvisionner en carburant. Selon ses explications, il est bien contraint de subir ce calvaire. « Je n’ai aucune formation pouvant me procurer de revenus pour nourrir les 6 enfants que j’ai à ma charge », a-t-il révélé pour justifier son obstination à poursuivre son métier de taxi-ville malgré son état de vieillesse et la flambée galopante des prix des produits pétroliers.

Employés retardataires….commerçants menacés !

Les répercussions de la pénurie de l’essence n’épargnent personne. Toutes les couches de la société sont atteintes. Fonctionnaires comme commerçants subissent les affres de cette pénurie qui dure depuis quelques jours. Amidou Djima est un jeune en service dans une structure d’approvisionnement en ananas. Chaque jour à 7 heures, il doit quitter son domicile à Akassato pour se rendre à Dantokpa, le plus grand marché international du Bénin où se trouve son lieu de travail. Face à la flambée du prix de l’essence, il s’est vu contraint de garer sa moto, son unique moyen de transport.

« La situation m’a conduit à garer ma moto au risque d’endommager mon moteur par ces temps où le carburant frelaté est mélangé avec du pétrole ». Sans moto donc, Amidou Djima s’invente d’autres moyens pour vaquer à ses obligations. S’il ne marche pas à une certaine hauteur pour amoindrir le coût du Zémidjan ou de taxi-ville qui devient aussi excessivement cher, il doit attendre longtemps au bord de la voie à la recherche d’une hypothétique bonne volonté qui voudrait bien le remorquer pour l’avancer ou l’amener à son service. « Malgré tout mon effort, je viens en retard, et c’est ce qui m’oppose depuis un certain temps à mon patron », avoue-t-il avec regret. D’ores et déjà, Amidou Djima craint la perte de son emploi surtout que son patron n’est pas prêt à tolérer pour longtemps ce retard qui devient récurrent.

 Les commerçants-exploitants de leur côté subissent eux aussi le diktat de la pénurie. Charles Houéfa est producteur d’ananas à Zinvié. Pour faire couler ses marchandises, il doit les transporter à ses clients à Cotonou comme dans différents marchés situés dans le département de l’Atlantique. Mais face à la pénurie de l’essence, ses voyages sont désormais limités. Du coup, les revenus issus de ses différentes ventes s’amenuisent quotidiennement et il semble ne plus contenir ses craintes d’un avenir catastrophique. D’ores et déjà, les revendeuses de fruits augmentent le prix de leurs produits.

 « Face au coût élevé des frais de transport, nous sommes obligés d’augmenter le prix d’achat des fruits, une fois revenus de Zè ou de Sèhouè », s’est justifiée une revendeuse de fruits rencontrée à Zè. C’est dire donc que la crise de l’essence bouleverse les habitudes et crée d’énormes dégâts chez les Béninois qui espèrent toujours un dénouement rapide.

Emmanuel GBETO

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