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Le triomphe de la vérité

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Editorial:La ligne de fracture


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Quel sort pour l’opposition béninoise? Tel pourrait être le titre d’une chronique bien sentie sur les différents mouvements en cours au sein de l’opposition. Depuis la semaine dernière, le PRD a son propre groupe parlementaire dirigé par l’Honorable Augustin Ahouanvoébla. Le groupe PRD/Union fait la Nation est le fruit de la retraite de Ouidah qui a décidé de scinder le groupe parlementaire Union fait la Nation en deux.

 Stratégiquement, il est question de disposer désormais de deux membres de l’UN au sein de la Conférence des Présidents. De la sorte, l’opposition pourrait disposer de plus de voix pour mieux participer au processus de prise de décision au sein du parlement. Antoine Idji Kolawolé, actuellement à la conférence des Présidents est plus ou moins esseulé au milieu de la grande famille mouvancière. Stratégiquement aussi, c’est la période des prévisions budgétaires pour 2012, période propice donc à ce que soient prises en compte les charges financières induites par un tel remembrement de la structure de l’Assemblée.

Mais au fond, quelques frictions sont apparues au sein du groupe. Principalement, le PRD est allé créer son propre groupe pour satisfaire de fortes ambitions internes, alors que la stratégie retenue de concert avec les autres formations politiques au sortir de Ouidah était de mettre sur pied un groupe mixte facilitant un véritable brassage entre les députés UN. Le seul membre externe à ce groupe reste l’Honorable Fikara Saka qui aurait bien voulu prendre les commandes.

 Mais en l’espèce, c’est à un véritable baroud d’honneur que s’est livré l’Honorable Ahouanvoébla, contesté par quelques-uns à l’interne. La déclaration de constitution du groupe a été faite comme dans un rodéo, annoncée d’abord dans la presse dans le but visible de prendre de vitesse toute forme de conspiration interne.

Deuil de l’unité au sein de l’UN

Ces manœuvres se réalisent ainsi après les déclarations en cascade qui n’ont fait que réduire l’UN au sein de l’Assemblée. Le départ d’Edmond Agoua et Cyriaque Domingo ramènent à moins d’une vingtaine le nombre de députés UN. Ils rejoignent la mouvance présidentielle, créant en même temps un climat de suspicion dans le rang de l’opposition. Réduite progressivement comme peau de chagrin, l’opposition s’en va être écrasée par l’avancée du camp présidentiel.

 La mouvance compte en effet les entrées, alors que l’opposition compte les sorties. Il est vrai qu’à l’interne, la mouvance aussi enregistre ses premières frictions au sein du Parlement. Candide Azanaï faisant ses admonestations à la Cour Constitutionnelle a montré les premiers signes d’indépendance.

D’autres, et non des moindres, confient hors micro leurs frustrations faisant redouter pour bientôt quelques départs fracassants semblables aux «hémicyclones» de jadis. Le jeu de chaises musicales n’a pas encore commencé, mais il pourrait bien déboucher sur la mise en place d’un groupe plus ou moins hybride de la même veine que le défunt G13, porte ouverte à une nouvelle recomposition de la mouvance présidentielle au Palais des Gouverneurs.

Un coup de poignard

Ces mouvements possibles ne sont rien en comparaison des défis qui se posent à Antoine Kolawolé Idji qui doit gérer les susceptibilités au sein de l’UN. Son expérience multiple suffira peut-être à endiguer les furieuses ambitions qui surgissent de-ci de-là. La marmite du pouvoir n’est pas facile à esquiver.

En tenant le langage de la Justice, de la Réconciliation et de la Paix aux leaders de l’opposition au lendemain de la visite papale, Boni Yayi lançait en vérité un hameçon bien géant pour attraper de gros poissons dans l’UN. Réconciliation ? Ce serait la pire des arrangements politiques pour le Bénin.

Parce qu’en réalité toute démocratie sérieuse, en dépit de tout ce qu’on peut dire, a besoin d’une opposition forte pour offrir d’autres alternatives au peuple et créer l’électrochoc nécessa ire à l’action des gouvernants. L’alliance mouvance-opposition ne pourrait que sonner le glas de la démocratie béninoise.

Quelle que puissent donc être les intentions (louables) du Chef de l’Etat et des leaders de l’UN, leurs arrangements pour un quelconque « gouvernement d’union nationale» ne sera qu’un poignard dans le dos du peuple, une conspiration cousue de fil blanc pour faire régner la pensée unique.

Et c’est pour cela que les mouvements d’humeur au sein du PRD qui se met à part au lieu de constituer un groupe mixte au Parlement, constituent une menace pour les fondements démocratiques du Bénin.

Olivier ALLOCHEME

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