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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Dr Kassimou Issaka, Chef du projet du « villages du millénaire » de Banikoara:« Le projet ‘‘ villages du millénaire’’ est une chance inédite de développement des localités du Bénin »


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Le Chef de projet, Dr Kassimou Issaka et son équipe s’activent

Depuis le lancement du projet Pilote d’appui à l’opérationnalisation des « Villages du millénaire » au Bénin le 31 janvier 2011, douze (12) localités du pays bénéficient d’un programme spécial destiné à les mettre sur les rails du développement pendant les cinq prochaines années. Dans cet entretien, le chef du projet « Village du millénaire » de Kandérou à Banikora dans le département de l’Alibori, Dr Kassimou Issaka explique l’importance de ce projet pour le développement des villages bénéficiaires. Il parle à l’occasion des actions envisagées pour faire du « village du millénaire » de Kandérou, le premier à démarrer ses activités, une localité modèle au Bénin.

L’Evénement Précis : Monsieur le Chef Projet, en quoi consiste réellement le projet « Village du millénaire » ?

Dr Kassimou Issaka : un village du millénaire en fait c’est un village que l’on voudrait à l’image des villes modernes. C’est-à-dire un village où nous avons pratiquement la possibilité de satisfaire à tous les besoins vitaux, avoir un cadre de vie décent, avoir les services nécessaires à disposition à savoir des services de santé, éducation, l’eau, l’assainissement enfin, un cadre de vie décent. Pour ce qui concerne le cas d’espèce, c’est un projet qui vise à sortir le village qui est choisi à savoir le village de Kandérou du cercle de pauvreté pour l’emmener vers les objectifs du millénaire pour le développement (OMD), c’est pourquoi la dénomination « village du millénaire ».

A quand remonte le démarrage du projet « villages du millénaire » au Bénin ?

De façon officielle, le projet « villages du millénaire » a été lancé au Bénin le 31 janvier 2011. Mais les activités de la phase pilote qui se trouve être la phase de Banikoara, ont démarré avec l’équipe du projet en juin 2011. Cela voudra dire que nous avons pris service ici le 14 juin 2011.

Et à la date d’aujourd’hui, nous nous attelons à créer un cadre décent d’abord pour l’équipe du projet à savoir la construction d’un certain nombre d’infrastructures pour abriter le siège du bureau. A la date d’aujourd’hui, je peux vous dire de façon chronologique que nous avions eu à lancer le 07 juillet 2011 le projet au niveau local après le lancement officiel au niveau national parce qu’au total nous avons douze (12) « villages du millénaire » au Bénin.

Mais, c’est le village de Banikoara, représenté par le village de Kandérou, qui a eu la chance d’avoir du financement tout de suite pour démarrer la phase pilote. Donc, le lancement qui a été faite le 31 janvier par le gouvernement a été l’occasion pour lancer l’ensemble des douze villages quand bien même il n’y a pas encore de financements pour les onze (11) villages restants. Donc, une fois ce lancement fait, le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) a procédé au recrutement de l’équipe du projet et nous avons été retenu.

Et dès que nous avons pris service le 06 juin à Cotonou, nous sommes arrivés sur le terrain ici le 14 juin et nous avions préparé l’atelier de lancement au niveau local. Ce lancement qui a été fait le 07 juillet 2011 a été le lancement du projet de Banikoara. Donc, après cette activité, nous avons reçu du PNUD et du Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (CePED) qui se trouve à Cotonou une feuille de route qui consistait à fait démarrer le projet. Et après ce lancement officiel, nous avons lancé les études de référence avec la contribution du PNUD et du centre CePED et c’est l’INSAE qui conduit ces études de référence avec des enquêteurs qui ont été envoyés sur le terrain et que nous avons supervisés.

 Ces études de référence concernent aussi bien le village de Banikoara que les onze (11) autres « villages du millénaire » du Bénin. En dehors de cela, il y a aussi une activité fondamentale qui est le lancement de la réalisation des infrastructures. Puisque pour les cinq (05) années que doit durer le projet, nous avons la charge de créer un environnement décent. Donc, au niveau des différents secteurs, nous aurons à réaliser des infrastructures.

 Pour l’éducation par exemple pour l’année 2011, il y a neuf (09) modules de trois (03) classes qui ont été lancés; il y a aussi la construction de la maison des jeunes de Founougo. Nous avons au titre des investissements de 2011, la réalisation de dix (10) forages puisque le problème d’eau est crucial dans cette partie de la commune qui bénéficie de ce projet-là c’est-à-dire l’arrondissement de Founongo avec plus précisément des actions dans le village de Kandérou, Founougo A et Founougo B.

Nous avons aussi quelques ouvrages d’assainissement tels que des caniveaux. Nous en avons lancé deux (02) au niveau des écoles du groupe A et B de Founougo et au niveau du centre de santé de Founougo.

Qu’est ce qui explique le démarrage des travaux seulement en fin d’année ?

Le lancement de ces travaux en fin d’année est indépendant de notre volonté. Je vous ai dit que nous avons pris service en juin et il fallait démarrer les études de référence. Au préalable, c’était même dit que tant que si les études de référence ne sont pas achevées, on n’allait pas investir.

Mais, étant donné que le partenaire financier qui accompagne le gouvernement du Bénin avec l’appui du PNUD, à savoir les japonais, a déjà mobilisé les ressources pour la première phase c’est-à-dire les deux ans et demi que dure la phase pilote. Ils ont déjà mobilisé plus de deux milliards de francs CFA et très bientôt, ils seront amenés à voir ce que la partie béninoise a eu à faire avec les ressources. Donc, après concertation, il a été retenu que nous puissions quand même aller de l’avant le temps que l’étude de référence puisse s’achever.

Quel est le niveau d’implication des populations à la mise en œuvre de ce projet ?

En termes d’implication des populations, il y a au niveau du projet ce que nous pouvons appeler les organes c’est-à-dire les structures qui sont prévues dans le cadre de la mise en œuvre du projet. Nous avons, au niveau national, le comité de pilotage du projet. Au niveau intermédiaire, ça veut dire au niveau de chaque département, nous avons le comité local de pilotage et à la base, au niveau de chaque village, nous avons le comité local de mise en œuvre.

Le comité local de mise en œuvre est présidé par l’autorité communale c’est-à-dire le maire de la commune et comporte un certain nombre de structures tels que la santé, l’éducation, la société civile…donc, c’est ce comité local de mise en œuvre qui identifie les investissements c’est-à-dire que si on doit construire un module de trois (03) classes par exemple, il appartient à ce comité d’en faire la demande et d’identifier le lieu d’implantation.

C’est cette demande qui est transmise au niveau du PNUD et du centre CePED pour étude. Et en fonction des orientations nationales, l’investissement est retenu ou rejeté. Par exemple, vous ne pouvez pas demander que pour ce financement, on vous érige une mosquée ou une église. Au niveau national, les gens veillent au grain pour que les investissements que nous allons financer soient ceux qui répondent vraiment aux besoins des communautés à la base sans distinction de sexe ni de religion.

Quelle est concrètement l’importance de ce projet pour le développement des localités sélectionnées ?

Vous savez, pour ces villages qui sont retenus, je crois que c’est une chance parce que nous avons à investir dans ce « village du millénaire » de Banikoara, à peu près cinq (05) milliards de francs Cfa. Ça crée des jaloux au niveau des autres arrondissements puisque Banikoara compte dix (10) arrondissements et il y a un seul qui bénéficie de ce projet-là.

 On peut même se faire une idée de ce que seront ces localités-là après les cinq ans de mise en œuvre du projet. Puisqu’il y a neuf (09) modules de classes qui viennent d’être financés ainsi que dix (10) forages. Quand on sait que parfois, les enfants parcourent des dizaines de kilomètres pour trouver une école, ici maintenant, on met en place des infrastructures adéquates telles que des points d’eau pour faciliter l’accès des populations à l’eau potable.

J’ai aussi parlé des caniveaux qui seront réalisés. Et il y a mieux. La route qui quitte Banikoara pour aller à Kandérou qui fait environs 48 kilomètres sera réhabilitée avec l’appui du gouvernement parce que c’est là, la contrepartie essentielle que le gouvernement a eue à promettre dans le cadre de la mise en œuvre de ce projet. Donc, pour cet arrondissement, je dis que c’est une véritable chance.

Votre conclusion à cet entretien

Pour finir, je voudrais dire à l’endroit des populations bénéficiaires potentielles de ce projet-là de se rendre disponibles et ouvertes pour que les travaux se fassent sans problème sur le terrain. Les entrepreneurs seront avec elles et il faut qu’elles leur facilitent l’exécution des travaux.

 Il ne faut pas qu’il y ait des vols de matériels. Il faut que lorsque les entrepreneurs sollicitent la main d’œuvre locale -ce n’est pas gratuit-il faut que ces populations soient aptes à répondre. Il ne faut pas qu’il y ait des actes de sabotages puisque tout ce qui sera réalisé, c’est pour leur bonheur.

Entretien réalisé par

Jean-Claude DOSSA

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