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Le triomphe de la vérité

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Trois questions à Tognihou Armel Djènontin, un des organisateurs du concours sur le paludisme:« La chanson est le meilleur vecteur de sensibilisation sur le paludisme »


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Docteur Tognihou Armel Djènontin, un des organisateurs du concours sur le paludisme

En marge de la soirée consacrée à la désignation des lauréats au concours de chansons sur le paludisme initié par l’Institut de recherche pour le développement (IRD), nous avons rencontré pour vous, Docteur Tognihou Armel Djènontin, un des organisateurs. Avec lui, la lumière a été faite sur les réelles motivations de ce concours.

L’Evénement Précis : Dans quel esprit avez-vous initié un concours de chansons autour de la question du paludisme ?

Docteur Tognihou Armel Djènontin : Je vais un peu faire l’historique des recherches effectuées par l’IRD sur le paludisme au Bénin en parlant des plus récentes à travers un projet financé par la coopération en santé. C’est une recherche sur laquelle j’ai d’ailleurs fait ma thèse. Il s’agit d’un projet sur lequel plusieurs pays de lutte contre le paludisme ont été évalués. L’une des conclusions principales de ces recherches était que lorsque des progrès importants dans la prévention à travers la lutte anti vectorielle sont faits, il est possible de faire des bonds quantitatifs et qualitatifs dans la lutte contre le paludisme.

 Mais, on ne peut vraiment pas avoir les résultats escomptés même si les recherches scientifiques progressent si l’homme qui est au centre de cette question n’est pas sensibilisé. Actuellement, le gouvernement distribue gratuitement des moustiquaires imprégnées à tous les ménages. C’est aujourd’hui l’outil de référence utilisé pour se protéger contre le paludisme. Il y a également les combinaisons thérapeutiques qui sont mises à disposition des communautés et à des relais communautaires qui sont distribués à prix complètement réduits.

 Le même gouvernement vient de décréter gratuits, les soins de traitement des enfants de moins de 5 ans atteints du paludisme qui sont les principales cibles de cette maladie. Ce qui veut dire que théoriquement, tout est mis en œuvre pour que la maladie soit combattue. Mais nous avons une petite inquiétude. Il y a le facteur homme qui n’est pas maîtrisé là.

Et c’est à l’issue de toutes ces observations que nous nous sommes dits à quoi bon de continuer à faire des recherches, avoir de bons résultats alors que les communautés ne sont pas tellement informées de ça, ne sont pas tellement sensibilisées. C’est pourquoi ce projet a été conçu et consiste à faire sortir les chercheurs des laboratoires pour aller vers les jeunes collégiens, partager avec eux leurs connaissances du paludisme, susciter par la même occasion en eux, des vocations de chercheurs, puis les utiliser comme vecteurs de ces informations pour sensibiliser toute la population.

Et le meilleur vecteur que nous avons trouvé, c’est la chanson. Avec les informations que ces meilleurs élèves ont retenues, par l’aide des maîtres de chant à eux confiés, ils ont pu composer des chansons. Nous espérons bien qu’à travers la presse, les différentes productions artistiques qui ont été faites par ces élèves seront vulgarisées et pourront aider à sensibiliser les populations qui, pour nous constituent un maillon très important de la lutte pour accompagner les efforts des gouvernants à l’échelle nationale et internationale.

On constate que les collèges mis en compétition sont exclusivement ceux de Cotonou et environs alors que la question du paludisme concerne notamment les populations des zones les plus reculées du pays. Pourquoi avez-vous fait cette option ?

C’est vrai qu’on aurait pu faire un concours sur toute l’étendue du territoire national. Mais je dois avouer que nous avons des contraintes logistiques et des contraintes budgétaires. Mais comme je l’ai dit au départ, les chansons qui sont produites par les élèves de ces différents collèges seront diffusées sur toute l’étendue du territoire national à travers les médias. Là, cela pourra atteindre toutes les couches de la société.

Parlez-nous du côté organisationnel de ce concours

Ce travail a commencé depuis mai 2011. J’ai d’abord commencé par une tournée dans les grands collèges sélectionnés au hasard à Cotonou et à Calavi. Le projet leur a été présenté. Tous ceux qui ont été intéressés ont donné leur accord et c’est comme ça qu’on a sélectionné les 10 collèges. Après la sélection, il a été mis en place une cellule de mobilisation des chercheurs qui ont donné aussi leur accord.

 Une présentation des informations données sur la maladie a été faite et validée par ces chercheurs. La même présentation a été faite dans tous les collèges. En dehors de cette présentation, il leur a été proposé d’inclure dans leurs chansons, une liste de mots clés retenus. La dernière étape de ce concours, c’est cette soirée qui vient de consacrer les lauréats.

Propos recueillis par

Donatien GBAGUIDI

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