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Le triomphe de la vérité

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Sanction dans la campagne cotonnière 2012:Soumanou Moudjaidou arrête les dérives de MCI


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Le DG de la SODECO, Monsieur Soumanou Moudjaidou

Empêcher toute tentative d’approvisionnement parallèle en coton. C’est la raison qui explique la présence depuis la semaine dernière des forces de l’ordre autour de l’usine MCI de Nikki. Sur le plateau de Golf TV hier, Soumanou Moudjaidou, directeur général de la Société de développement du coton (SODECO) face au Directeur général de Marlan’s Coton Industries (MCI) Gilles Lalèyè a soutenu que les initiatives de celle-ci viennent semer du désordre dans l’interprofession du coton.

La commercialisation du coton graine a été lancée le 16 novembre 2011 à Kassakpéré dans la Commune de Nikki. Aussitôt, des partisans de Marlan’s Coton Industries (MCI) ont ramassé de force les tas de coton qui ont servi à l’ouverture du premier marché autogéré. Ils ont menacé d’intercepter systématiquement tous les camions devant traverser la ville en direction d’autres usines. Face à la situation, le Gouvernement a positionné des agents des forces de sécurité autour de l’usine MCI de Nikki.

Il s’agit d’obliger tous les acteurs à respecter les règles de l’interprofession. Sur le plateau de Golf TV hier, le DG de MCI n’a pas convaincu face à l’ancien Ministre et actuel Directeur Général de la SODECO mandaté par le Bureau Exécutif de l’Association Interprofessionnelle du Coton (AIC) pour parler au nom de l’ensemble des acteurs de la filière.

Un réveil tardif

Trois campagnes cotonnières durant, MCI a été absente de la filière. Sous prétexte d’un contentieux avec l’Etat, elle est restée absente durant les campagnes 2007-2008, 2008-2009, et 2009-2010. Ainsi, les activités liées à la production semencière, l’encadrement des producteurs, comme l’approvisionnement en intrants des producteurs ont été menées par d’autres acteurs de l’interprofession qui ont dépensé leur argent, sué sang et eau pour que les récoltes prospèrent.

Selon le Directeur général de la SODECO, Soumanou Moudjaidou, conformément à l’Accord-cadre qui la lie à l’Etat, l’AIC a régulièrement sollicité MCI tout comme l’ensemble des usines d’égrenage de coton régulièrement installées au Bénin. MCI a été sollicité pour manifester son intérêt pour la commercialisation du coton graine. Mais la société s’est refusé à répondre aux trois correspondances qu’elle a reçues par exploit d’huissier. Et pour cause, selon l’ancien ministre Soumanou Moudjaidou, les cours du coton fibre sur le marché international étaient au plus bas pendant ces trois campagnes.

Les risques de perte étaient trop élevés. Il ressort des interventions du DG de la SODECO monsieur Soumanou Moudjaidou que l’interprofession n’a pas cru devoir solliciter MCI une quatrième fois au cours de la campagne 2010-2011. Il se fait qu’en ce moment précis, les cours du coton sur le marché international ont commencé à grimper. C’est alors que la société MCI, sans se conformer aux règles qui régissent la commercialisation du coton graine au Bénin, a pris des engagements à l’extérieur. Alors même qu’elle ignore le quota de coton éventuellement réservée à chaque acteur.

 C’est ce comportement qu’une auditrice intervenant en direct sur l’émission a dénoncé en qualifiant Gilles Lalèyè «de père de famille qui ne donne pas l’argent de la popote et qui se pointe à midi pour réclamer le repas». Pour le DG SODECO, Gilles Lalèyè ne saurait récolter là ou il n’a pas semé.

Des dénonciations…à côté

Pour se défendre sur le plateau de Golf TV, le DG Gilles Lalèyè a d’abord laissé entendre que sa société est l’entreprise d’égrenage de coton la plus performante de la sous-région. Marlan’s Coton Industries (MCI) a une capacité de six mille tonnes chaque année, ce qui n’a jamais été octroyé à la société malgré les résultats qu’enregistre l’Association interprofessionnelle du coton (AIC) chaque année, selon les dires du directeur de MCI. L’ancien ministre de lui rétorquer que la production de coton nécessite des dépenses énormes auxquelles MCI s’est refusée de participer durant trois campagnes successives.

Pour avoir dépensé près de cinq milliards dans l’achat d’intrants aux producteurs afin d’accroitre la production du coton, le Dg Soumanou Moudjaidou estime qu’il est inconcevable que les responsables de MCI viennent réclamer un quota, malgré leur silence et l’inaction constatée à leur niveau pendant des années. Il affirme alors que « l’acteur fondamental dans la déconfiture de la filière coton au Bénin est MCI ». Pour lui, le fait de convoyer des camions de coton vers la société MCI à Nikki sans l’autorisation préalable de la Sodéco constitue une dérive grave.

Pour le responsable de MCI, il existe une mafia dans la filière, mafia qui évite la concurrence et fait convoyer des tonnes de coton chaque année vers le Niger et le Nigéria. Au même moment, l’industrie béninoise est bloquée pour manque de coton. Aussi, exige-t-il un espace géographique pour une production cotonnière propre à l’usine MCI et l’agrément pour l’installation d’une usine d’engrais qui pourrit dans les conteneurs depuis des années. Le directeur de MCI Gilles Lalèyè reconnaît avoir eu des problèmes avec l’Etat mais des problèmes qui ont fini par être réglés.

Son interlocuteur, le DG SODECO estime au contraire que la militarisation de l’usine de Nikki est la preuve que l’Etat ne veut pas tolérer le désordre dans la filière. C’est « l’Etat qui a pris ses responsabilités face à l’illégalité dans laquelle fonctionne Marlan’s Coton Industries (MCI) » a dit l’ancien ministre. Il demande alors le respect de l’autorité et invite les responsables de MCI à se conformer aux textes qui régissent la filière au Bénin.

Soumanou Moudjaidou a aussi estimé que le zonage que réclame le MCI, n’est pas possible dans le contexte béninois, vu les localités séparant les différentes usines d’égrenage. Pour Gilles Lallèyè, l’octroi du quota prévu par les textes doit être intégralement mis en œuvre pour son usine. Il a invité les autorités à revoir le problème des intrants et sa demande d’agrément pour l’installation de l’usine d’engrais qui va certainement amoindrir les dépenses à la filière coton au Bénin. Soumanou Moudjaidou a précisé que le problème de MCI ne peut qu’être résolu par le truchement de la chambre arbitrale de l’AIC au regard de l’article 25 de celle-ci.

 Selon l’ancien ministre, l’AIC a déjà procédé à la répartition de la production de cette campagne et s’attèle aux préparatifs de la campagne 2012-2013 qui s’annonce prometteuse au regard des prévisions annoncées par les producteurs. Pour la seule région du Borgou dont fait partie la Commune de Nikki, la production est passée de 7.000 tonnes au cours de la campagne 2010-2011 à plus de 28.000 tonnes pour la campagne 2011-2012. Les prévisions sont de l’ordre de 40.000 tonnes pour la prochaine campagne cotonnière. Voilà donc qui explique le réveil des appétits.

Wandji A

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