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Le triomphe de la vérité

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Editorial:Le Pape des peuples


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L’apparition de Jésus Eucharistique dans le ciel du Stade de l’Amitié hier, peu avant l’arrivée de Benoît XVI sur les lieux, en a encore convaincu plus d’un : le Pape est un homme-Dieu. La ferveur populaire ayant accompagné chacune des étapes de sa visite ne s’est jamais démentie. Jusqu’à l’aéroport et même jusqu’au décollage de son avion qui a encore donné lieu à des scènes de liesse voire d’hystérie collective, le peuple béninois aura eu pour le Pape un attachement sans bornes. Il n’est que de voir l’euphorie à peine contenue du Chef de l’Etat lui-même et de sa délégation au décollage de l’avion hier.

Ils ont réussi à montrer que le peuple du Bénin a du souverain pontife l’image d’un saint et, plus encore, celle de Dieu sur terre. Est-ce le charisme presque naturel qui se dégage de Benoît XVI ? Est-ce au contraire l’aréopage de grands hommes qui entourent sa personne et la vénèrent ? Ou sont-ce, comme on l’a vu hier, les signes mystérieux que Dieu fait accompagner de sa personne ? Un mélange de tout cela, sans doute.

Benedictus qui venit in nomine Domini… Le Pape que le Bénin a accueilli est un homme apprécié, respecté et admiré par toutes les religions. Des adeptes du culte Vodoun aux fidèles musulmans en passant par les confréries évangéliques, la dévotion pour sa personne a pris l’allure d’un véritable culte national. La personne sacrée du Saint-Père est apparue comme d’origine divine, au-dessus de toutes les religions, homme-Dieu en réalité, Jésus au milieu de nous, vrai homme et vrai Dieu…

Le lyrisme métabolique qui nous étreint en cette occasion exceptionnelle, signe d’extase et de félicité, n’est que l’exaltation de notre foi : foi en ce Dieu grand, si grand et si bon que nul homme ne saurait vivre sans ses grâces et sa miséricorde infinies.

C’est donc une cure de jouvence spirituelle que le peuple béninois tout entier s’est offerte par le truchement de l’événement. Cure de jouvence après les nombreuses turbulences électorales qui ont failli, à maints égards, basculer dans le pire. Mais il y a une dimension pastorale pour les catholiques. L’Eglise, secouée par des scandales ayant touché ses plus hautes autorités depuis l’année dernière et principalement cette année, avait besoin de se laver aux yeux des fidèles pour retrouver la pureté que Dieu veut d’elle.

Secoué en sa fondation même, elle ne pouvait pas ne pas pâtir aux yeux des fidèles des inconduites du clergé, inconduites portées sur la place publique parce que sanctionnées avec discrétion mais fermeté depuis le Vatican. Des rumeurs apocalyptiques qui ont circulé à propos de tout ceci, il ne reste aujourd’hui qu’une vague impression de purification nécessaire. Et par son arrivée, le Pape a rassemblé et raffermi le peuple de Dieu bouleversé et comme transpercé de douleur.

En sus de cela, comment ne pas évoquer le phénomène de Banamè ? Perçu par le clergé comme une hérésie, cette déferlante ne cesse pas d’attirer du monde jusqu’aujourd’hui. Les fidèles, même parmi les plus fervents, se posent des questions. La véhémence de la contre-attaque de la hiérarchie catholique doublée de l’action administrative du Préfet du Zou/Collines échoue à dissuader beaucoup d’aller sur place pour confier leurs problèmes.

La polémique est loin de s’éteindre, animée du reste par le Père Vigan qui a épaulé la sœur Parfaite dans un furieux tandem qui prend des allures anticléricales. La visite papale aura servi à confirmer l’Eglise dans son action, même si jamais Benoît n’aura évoqué ce sujet sensible. Les fidèles ont désormais une raison supplémentaire de croire en leurs pasteurs qui leur montrent la voie à suivre. Mais les mouvements de foule ne s’estompent pas facilement, même combattus par le souverain pontife lui-même.

En dehors de l’être-en-soi du souverain pontife, il y a aussi la qualité de son message pastoral. Benoît XVI qui fête ses 85 ans en avril prochain, aura été un porteur d’espérance. Sachant plus que quiconque parler aux âmes, il nous invite à la solidarité, à une solidarité agissante en vérité, envers les plus faibles pour construire une société à visage humain. Ce message a valeur de symbole dans un monde de plus en plus dur où il n’y a pas de place pour les petits. Et c’est tout ceci qui construit autour de la personne de Benoît XVI une couronne de gloire toute dressée pour Dieu.

Olivier ALLOCHEME

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