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Le triomphe de la vérité

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Editorial:L’indice du sous-développement


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Le classement 2011 de l’Indice du développement Humain a été rendu public le mercredi 02 novembre dernier. Le Bénin figure à la 167 ème place sur 187 pays. Autrement dit, sur cet indice qui mesure le bien-être des nations du monde, le Bénin se hisse parmi les vingt derniers, devancé par exemple par des pays improbables comme Haïti (158ème ), l’Irak (132ème) ou encore le Togo (162ème ). En définitive, on pourra estimer que les facteurs de développement humain dans ces pays sont meilleurs qu’au Bénin.

Par contre, notre pays devance un certain Mali (175ème), le Niger (186ème ) ou la République démocratique du Congo bon dernier (187ème ). Les données agrégées pour effectuer les calculs ayant abouti à ce classement tiennent compte de l’espérance de vie, la durée moyenne de scolarisation, la durée moyenne de scolarisation attendue, de l’indice de développement humain non monétaire et du revenu national brut par habitant. Ce sont autant d’indices mesurés depuis 1990 par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour classer les Etats suivant leur niveau de développement humain.

Cette méthode vient remplacer celle du Produit Intérieur Brut (PIB) qui ne mesure que la productivité d’un pays, exclusion étant faite des aspects sociaux du développement comme la santé et l’éducation. Le pays passe de la 161ème en 2009 à 134ème sur 169 pays en 2010. Les dépenses publiques en éducation se sont situées à 3,5% du PIB selon les chiffres du PNUD. Et en santé, elles tournent autour de 2,5% du PIB. Voilà qui a plongé la position du Bénin.

Le rang de notre pays dans ce classement mondial laisse à désirer. Se placer à cette position situe le pays à la queue des Etats les moins avancés. Un peu comme s’il était un pays sinistré ou en guerre, le Bénin se débat dans les mauvaises performances et accumule les notes minables.

Et pourtant, les actions menées ces dernières années tentent de faire fléchir ces sombres statistiques. Il s’agit notamment des actions en faveur de la scolarisation gratuite au primaire et de la toute récente décision de gratuité des soins paludiques aux enfants et aux femmes enceintes. C’est qu’en réalité toutes ces mesures de gratuité n’ont pas (encore) modifié la situation réelle du pays. Dans le cas (préoccupant) de l’éducation, la gratuité est apparue comme une course vers l’abîme.

Dans les écoles, les effectifs démentiels, la pénurie d’enseignants qualifiés et de matériel didactique achève de détériorer les résultats scolaires et surtout le niveau des apprenants. La gratuité, pour utile qu’elle ait pu paraître, n’était qu’une goutte d’eau dans l’océan des problèmes restés en standby pendant des années. A bien des égards, elle a privé les établissements de précieuses ressources pour faire face aux problèmes cruciaux non résolus par l’Etat. Pour y parer, les CEG n’ont appliqué que partiellement les mesures de gratuité de la scolarité aux filles de sixième jusqu’en quatrième. Personne n’est dupe. A tout ceci s’ajoute la problématique du personnel enseignant mal formé ou pas formé du tout.

Aligné à une position bien fragile, le Bénin aura du mal à attirer les investisseurs étrangers. Mieux, le classement Doing Business publié il y a deux semaines met le pays au rang des dix Etats les plus difficiles au monde au plan de l’environnement des affaires (177ème sur 183 pays). Autant dire que l’investissement, qu’il soit national ou étranger, se retrouve dans des conditions particulièrement difficiles. Dans le même temps, les menaces claires proférées la semaine écoulée par l’agence américaine de notation Fitch sur la note de la dette du pays, suffisent à faire penser que nous aurons bien du mal à faire venir et à maintenir les investissements…

Mais l’indice de développement humain tel qu’adopté pose problème. C’est ce qu’a tenté de faire admettre l’OCDE qui parle désormais de bonheur intérieur brut (BIB), s’inspirant d’un concept plus large provenant du Royaume du Bhoutan. Il prend en compte neuf aspects fondamentaux du bien-être que sont le bien-être psychologique, la santé, l’éducation, le temps de loisirs, la diversité culturelle, la gouvernance, la vitalité de la vie démocratique, la salubrité environnementale et le niveau de vie. Mais ne discutons guère que de ce qui nous importe pour le moment. L’IDH du Bénin est un mauvais miroir.

Olivier ALLOCHEME

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One thought on “Editorial:L’indice du sous-développement

  1. ANANI

    C’est pourquoi il faut encourager des initiatives associatives telle que la notre “Espérance Afrique à Puteaux” à contribuer à l’amélioration de la scolarisation des jeunes au Bénin, au Togo et au Nigéria.
    Rejoignez-nous afin de mener des actions ensemble. Nous comptons sur vous.
    Cordialement

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