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Le triomphe de la vérité

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Interview avec le Secrétaire général de la Fédération des syndicats des travailleurs du ministère des finances (Fesyntra-Finances), Laurent METONGNON:« C’est le régime en place qui pense que les retraités ne peuvent pas diriger les syndicats »


Les nombreux acquis défenses et orchestrés par Laurent Mètongnon à la tête de la fédération de la Fédération des syndicats des travailleurs du ministère des finances (Fesyntra-Finances) ont été sanctionnés par ses pairs des syndicats de base. Pour une seconde fois successive, l’ex-secrétaire général du Syndicat des travailleurs de l’administration centrale des finances (Syntracef) aura à diriger la grande troupe des travailleurs du ministère de l’économie et des finances (Mef). Confiant ses impressions après cette réélection tard dans la nuit de ce mercredi 26 octobre 2011 à l’issue du 2ème congrès ordinaire du Mef, il met son mandat sur deux grands défis majeurs. A cet effet, il a justifié sa réélection quand bien même il soit à la retraite. Mais pense que l’affaire Dangnivo ne restera pas impunie.

Laurent METONGNON, «Moi j’ai été élu proprement hier, les mains levées et non par bulletin secret»

L’Evénement Précis : Quelles sont vos impressions après cette brillante réélection à la tête de la Fesyntra-finances ?

SG/Laurent METONGNON : Mes impressions sont de joie et de grande satisfaction dans la mesure où les hommes reconnaissent toujours ceux qui peuvent les diriger et bien, également les aider à mieux appréhender certaines tournures de la vie. Ceux qui pensent que vous êtes utile à eux et que vous pouvez dans n’importe quelle situation vous sacrifier pour eux, je pense que lorsque les hommes vous témoignent cette reconnaissance vous ne pouvez qu’être prêt à les accompagner.

La joie parce que ce qui s’est passé aux élections témoigne l’amour que les travailleurs ont pour moi dans la mesure où le travail du syndicat n’est pas un travail salarié. On n’est pas payé par l’Etat non plus par les syndiqués. Il s’agit de la défense des droits des humains. Lorsque les hommes pensent que vous êtes aptes et que vous pouvez le faire de façon désintéressée pour eux, c’est une joie et une satisfaction. Cela prouve que vous êtes utile à quelque chose pour les hommes et je pense que dans ma vie tout autant que je peux être utile pour les hommes et qu’ils m’appellent je serai prêt à répondre favorable.

Alors, Laurent METONGNON retraité il y a quelque mois, revient encore gérer les travailleurs dans la fonction publique. Ne pensez- vous pas c’est contraire aux textes comme le pensent certains citoyens?

Je ne sais pas si le peuple béninois se trouve dans cette dynamique. Cette dynamique se trouve dans la tête de ceux qui ont des intérêts particuliers dont ils sont les seuls à connaitre les raisons. Notre constitution du 11 décembre 1990 n’a prescrit nulle part qu’un homme ne doit pas défendre dans une association donnée les droits fondamentaux des humains.

Et nulle part au monde il n’a été écrit quelque part que les hommes vous appellent à venir les diriger et que vous puissiez dire qu’il y a un texte qui l’interdit. Ce n’est qu’au Bénin et je comprends cette question qui est survenue le jour où le Chef de l’Etat et des parlementaires qui font plus de 16 ans au parlement disent qu’on ne doit plus avoir des retraités à la tête des syndicats. Eux seuls doivent savoir pourquoi ils ne veulent pas les avoir à la tête des syndicats dès lors que c’est une élection.

Comme le dirait l’autre, les travailleurs ont exigé que pour le poste de secrétaire fédéral, qu’il n’a pas de volontaire et qu’eux ils ont proposé quelqu’un dont ils ne veulent même pas l’avis. Ils se sont levés et ont commencé par chanter comme à la Conférence nationale de février de 1990. Donc un retraité à la tête d’une organisation, alors que les textes de notre constitution disent que les hommes sont libres de militer dans des organisations qu’ils veulent au nom de la liberté de réunir les autres. Dans le syndicat, je ne suis n’y payer par l’Etat ni par le syndicat pour être membre du syndicat.

Et lorsque vous lisez les textes de la Fesyntra-Finances, est membre de la Fesyntra-finances, non seulement les travailleurs, mais il y a les sympathisants, membres de la Fesyntra-Finances à titre d’honneur. C’est dire qu’à la Fesyntra-finances, je ne suis pas recruté. Si on peut refuser à quelqu’un de défendre les intérêts des travailleurs, cela veut dire que quelque part la Fesyntra-Finances gène. Il faut vous dire que c’est les FCBE et la mouvance qui pensent que les retraités ne peuvent pas diriger les syndicats.

En réalité, cela ne devrait que choquer ces citoyens dans la mesure où le Chef de l’Etat même fait appel à des retraités pour travailler. Moi dans mon cas, les travailleurs ne m’ont pas rappelé pour venir travailler encore qu’ils n’ont pas la possibilité. On ne m’a pas élu pour prendre la place de ceux qui sont en activité mais plutôt c’est ceux qui sont en activité qui m’ont plébiscité pour venir défendre leurs droits.

 Quels sont les défis que vous comptez relever durant ce nouveau mandat ?

Depuis que la Fesyntra-Finanaces a été créée, si ces hommes politiques qui parlent aujourd’hui avaient prêté oreilles à tous les documents que nous sortons , à la vision que nous avons et qui n’était pas seulement des revendications salariales, on aurait mené une lutte assez efficace contre la corruption dans ce pays.

Je le dis parce que dès la création de la Fesyntra-Finances nous avons organisé des marches contre la corruption en citant des noms des gens. Aujourd’hui ce qui se passe dans notre administration, on remarque que les affectations n’ont aucun critère. Elles sont basées sur le clientélisme, l’appartenance politique et le régionalisme. On a toujours dire qu’il faut l’homme qu’il faut à la place qu’il faut comme dans la période de la révolution mais on ne sait pas ce qui se passe.

La sécurité des fonds n’existe plus alors que dans les établissements publiques ou à la résidence des autorités, les militaires et policiers sont nombreux. Alors que pour garder les fonds publics il n’y en a pas. Notre premier défi porte sur les acquis de la démocratie, les droits acquis qu’il ne faut pas ignorer. Le second est le contrôle de la gestion du bien publique. Car aujourd’hui, c’est l’impunité qui est à la base de tout cela. Tout cela sera conformé aux syndicats de base avec qui nous allons continuer la lutte. Nous sommes prêt à lutter pour le bonheur des béninois.

Deux défis majeurs ont été retenus pour ce mandat. Est-ce à dire que l’affaire Dangnivo est close ?

L’affaire Dangnivo ne sera jamais occultée. Je crois que le communiqué final en a donné des précisions. On ne veut plus en parler à tout propos. Tout ce que nous savons c’est que nous vons d’autres stratégies de lutte et sommes sûrs que cette affaire rattrapera des gens dans ce pays, tout comme l’assassinat de l’ex-ministre Bernadette Sohoundji Agbossou. Si c’est les hommes qui les ont organisés, ils peuvent sauter partout pour demander des messes, passer dans tous les couvents, ça les rattrapera. La Fesyntra-Finances en a conscience.

Propos recueillis par

Emmanuel GBETO

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