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Le triomphe de la vérité

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Sabaï Katè dans Africa News Room sur la télévision panafricaine Africa 24:« Il faut l’implication de tous les acteurs pour réussir le Psrsa »


Sabaï Katè, «En dehors du coton, dans le plan stratégique, nous avons mis un accent particulier sur l’ananas pour qu’on puisse exporter.»

Dans le cadre de la semaine Spécial Bénin sur l’émission Africa News Room de Africa 24, le ministre de l’agriculture, Katè Sabaï, était l’invité. Figurant parmi les six ministres du gouvernement béninois à être invités au cours de cette émission, il a abordé l’évolution du secteur agricole au Bénin.

Deux principales préoccupations étaient au centre des échanges à savoir le Plan stratégique de relance du secteur agricole et la relance de la production du coton. En présence du président de la section française du Haut Conseil des Béninois de l’Extérieur, Romain da Costa, les animateurs Samantha Ramsamy et Célestin Edjengué ont mis l’accent sur l’importance de la filière coton dans le quotidien des Béninois. « Par sa qualité exceptionnelle, le coton vaut au Bénin d’être le 3ème pays producteur de cette matière en Afrique de l’Ouest.

L’or blanc béninois représente 60 % des exportations du pays et procure des revenus directement ou indirectement à plus du tiers de la population. Mais le prix du coton est souvent fluctuant à l’échelle mondiale et tout le monde le sait. Le Bénin a donc pris un certain nombre de mesures notamment avec le Plan stratégique de relance du secteur agricole afin de diversifier ses productions agricoles »,

a déclaré Célestin Edjangué appuyé par un documentaire intitulé « L’or Blanc : une locomotive économique » de Franck Noudofinin consacré au réveil du coton depuis la nomination de Sabaï Katè à la tête du ministère de l’agriculture. Cette introduction et le documentaire ont permis de lancer le débat dont voici l’intégralité :

Célestin Edjangué – Africa 24 : Monsieur le Ministre, quel premier bilan peut-on faire du Plan stratégique de relance du secteur agricole ?

Sabaï Katè : Le plan stratégique de relance du secteur agricole, c’est un document d’orientation du secteur agricole. Dans ce document, nous avons prévu neuf axes stratégiques qui sont déclinés en plans d’actions évalués en coûts. Les retombées de ce plan, c’est la croissance économique au niveau du pays.

C’est-à-dire que le gouvernement du Dr Boni Yayi veut améliorer les performances de l’agriculture béninoise pour la rendre capable d’assurer la sécurité alimentaire et la croissance économique. Et c’est l’objectif global de ce plan. Pour la mise en œuvre de ce plan, il faut l’implication de tous les partenaires à savoir les acteurs non étatiques, la société civile. Il faut bien évidemment le gouvernement lui-même.

Africa 24 : Au niveau de ce plan stratégique de relance du secteur agricole, quelle est votre appréciation Monsieur Da Costa ?

Romain da Costa : Il y a un gouvernement. Nous autres, nous regardons les résultats. C’est vrai qu’il est trop tôt pour avoir des résultats. Moi, ce que je peux dire, c’est l’évolution des filières coton depuis à peu près 1991. La production du coton était tombée très très bas avant 1991 et a connu une croissance exponentielle et puis a rechuté. On a même failli être les premiers à un moment donné, mais aujourd’hui on est les troisièmes depuis dix ans derrière le Mali et le Burkina Faso. Ce qu’on note néanmoins est qu’il y a un potentiel au Bénin. Nous n’avons pas beaucoup de richesses ni de matières premières au Bénin. Le port de Cotonou et le coton sont nos sources de revenus.

Samantha Ramsamy – Africa 24 : Monsieur le ministre, le prix du coton est fixé par le marché et dans ce contexte, c’est difficile de procéder à des ajustements structurels. Est-ce que la solution n’est pas de diversifier finalement les filières agricoles ? A ce niveau où est-ce que vous en êtes ?

Le plan stratégique de relance du secteur agricole repose en fait sur la promotion des filières. Et au Bénin, nous avons prévu treize (13) filières à promouvoir. Il y a le maïs, le manioc, l’igname, l’anacarde, le riz, le palmier à huile, les cultures maraichères et d’autres cultures. Il y a même des cultures comme le cacao et le café que nous sommes en train de tester au niveau de la région méridionale du Bénin.

 C’est comme cela que le plan sera exécuté sur une période de cinq ans. Nous venons de démarrer et nous irons à l’horizon 2015. A mi-parcours, permettez-moi de citer les axes stratégiques pour montrer que ces axes vont dans le sens de la compétitivité du secteur agricole. Le premier axe c’est le renforcement de la disponibilité des semences de qualité. C’est important pour une agriculture. Et ces axes sont transversaux par rapport aux filières que nous voulons promouvoir. Le second axe, c’est le renforcement également de la disponibilité des autres intrants.

Je veux parler de l’engrais, des produits phytosanitaires, vétérinaires et autres. Le troisième axe qui est l’axe le plus important, c’est la mécanisation agricole. Nous ne pouvons pas développer notre agriculture avec la daba, la houe… Il faut augmenter et améliorer la productivité et réduire la pénibilité du travail aux agriculteurs.

Célestin Edjengué – Africa 24 : Tout ce que vous venez de dire là est très intéressant, mais cela nécessite nécessairement un coût. Monsieur da Costa, vous pensez que le gouvernement du Bénin a les moyens financiers de porter justement tout cet ensemble de projets ?

Romain da Costa : Si on part du principe qu’on n’aura pas les moyens, on ne fera rien. Je crois que les efforts qui ont été accomplis jusqu’à présent sont importants. Le budget du Bénin n’a jamais atteint le niveau qu’il connaît actuellement. Je n’ai pas les chiffres en tête, mais je crois que c’est au moins mille milliards.

 On n’a jamais dépassé les mille milliards. Si un gouvernement affiche une politique et veut se donner les moyens d’y arriver, il réussira. Vous avez parlé de la mécanisation agricole. Je suis d’accord avec vous. Vous avez parlé aussi des filières, mais il y a une que vous n’avez pas citée. C’est l’ananas. Un a un potentiel et cela fait vingt ans que nous Béninois de l’extérieur nous vendons la qualité de l’ananas du Bénin qu’on qualifie parmi les meilleures au monde.

Je suis étonné que jusqu’à présent le gouvernement et le ministre de l’agriculture n’ait pas encore porté ce projet. Si demain, le Bénin met l’ananas comme une filière prioritaire, nous, nous avons notre appui à vous apporter. Il faut diversifier et vous êtes sur le chemin, mais il y a des produits de qualité de chez nous qui sont recherchés à l’extérieur et dont vous devez prendre conscience.

Célestin Edjengué – Africa 24 : Monsieur le Ministre, quelle est la place de l’agriculture dans l’économie béninoise ?

Sabaï Katè : L’agriculture occupe près de 80 % des préoccupations de la République du Bénin puisque 80% des Béninois vivent en milieu rural. C’est pourquoi il est important d’améliorer la compétitivité de ce secteur-là. On dit souvent que la terre ne ment pas. Et au Bénin, nous avons une pluviométrie qui s’adapte aux différentes filières, selon les potentialités de chaque zone agro-écologique. L’agriculture béninoise est donc le moteur du développement économique…

Samantha Ramsamy – Africa 24 : Monsieur le Ministre, vous êtes arrivé à la tête de ce ministère, il y a peu. Seulement quelques mois. Quel bilan faites-vous de votre action ? Comment s’est passé le relai ?

Sabaï Katè : Il y a quatre mois que j’ai été nommé ministre de l’agriculture. Avant d’être à ce poste, j’étais maire de la plus grande commune productrice de coton au Bénin où l’agriculture est bien développée. Je veux parler de la commune de Banikoara. De formation agronome, le Chef de l’Etat a jugé que je pouvais relever le défi de l’agriculture béninoise. A mon arrivée, l’un des défis à relever est la relance de la filière coton. Vous avez suivi tout à l’heure au niveau du reportage que le coton nourrit plus du tiers de la population béninoise…

Samantha Ramsamy – Africa 24 : Monsieur le ministre, vous allez collaborer avec Monsieur da Costa ?

Sabaï Katè : Bien sûr. C’est l’objectif même du Plan stratégique de relance du secteur agricole qui est d’ailleurs déjà adopté. Nous allons le multiplier et le distribuer un peu partout parce que dans ce plan, il y a les treize filières prioritaires que nous devons promouvoir. Et comme il l’a dit, l’ananas est une culture émergente.

 En dehors du coton, dans le plan stratégique, nous avons mis un accent particulier sur l’ananas pour qu’on puisse exporter. En réalité notre objectif au niveau du Bénin c’est d’abord d’assurer la sécurité alimentaire, mais aussi de créer la richesse en améliorant le taux d’exportation des produits agricoles de plus de 50%. Et l’ananas occupe une place importante.

Célestin Edjengué – Africa 24 : Ce que vous êtes en train de dire, c’est déjà ce que le président Boni Yayi disait à son arrivée au pouvoir en 2006.

Sabaï Katè : Nous devons nous rendre compte que l’agriculture est un secteur exceptionnel. Ce n’est pas du jour au lendemain qu’on développe une agriculture. Et il a mis le paquet dès le premier quinquennat. En 2006 et la fin de son premier quinquennat, il a injecté près de mille tracteurs et d’autres matériels agricoles qui ont contribué à améliorer le taux d’emblavures des différentes spéculations. Avec le second quinquennat, il a voulu mettre un accent sur la création d’une banque agricole pour accompagner les producteurs.

Célestin Edjengué – Africa 24 : Vous avez bien conclu Monsieur le ministre.

Transcription : A. P. Virgil HOUESSOU et Issa BAH SEKO / Cell-Com MAEP

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