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Le triomphe de la vérité

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LA PRESIDENTE DU CONSEIL NATIONALE DE L’ORDRE DES PHARMACIENS DU BENIN SUR « FOCAL » DE CAPP FM:« Le pari contre les faux médicaments est encore loin d’être gagné »


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L’émission « FOCAL » recevait vendredi dernier deux invités : Dr MoutiatouToukourou, Présidente du conseil national de l’ordre des pharmaciens du Bénin et Arthur Conçalvès, pharmacien. Le thème débattu était : Deux(2) ans après l’appel de Cotonou contre les faux médicaments, où en sommes-nous ? »Au micro de notre confrère Wilfrid Ahouassou, Docteur Toukourou a rappelé au Chef de l’Etat Boni Yayi l’engagement qu’il a pris, le 12 Octobre 2009, devant l’ancien président français Jacques CHIRAC et six autres Chefs d’Etat africains à la cérémonie de signature de l’appel de Cotonou contre les faux médicaments.

Selon Dr MoutiatouToukourou, l’appel de Cotonou s’inscrivait dans le cadre des activités de la Fondation CHIRACqui lutte pour l’accès des populations aux médicaments de qualité. C’est ce qui justifie l’appel lancé contre la prolifération des faux médicaments. A en croire la présidente Toukourou , le phénomène des faux médicaments fait des ravages dans les pays sous- développés notamment au sein des familles sans protection sociale et sans moyens. Pour étayer son argumentation, elle a révélé que deux cent mille (200 000) décès sont déplorés chaque année dans le monde du fait de la consommation des faux antipaludiques.

C’est pourquoi, a indiqué la présidente de l’ordre des pharmaciens du Bénin, le texte ayant sanctionné l’accord signé à Cotonou demande aux Etats, de mettre en œuvre, des politiques sécurisées d’accès universel des populations à des médicaments de qualité en cohérence avec les Objectifs du Millénaire pour le développement.

L’appel de Cotonou, a relevé Dr Toukourou, exhorte par ailleurs les chefs d’Etat et de gouvernement, les responsables d’organisations internationales et les Ong à prendre la pleine mesure des enjeux de santé et de sécurité publique liés aux fléaux des faux médicaments et à décider au plan nationale des mesures appropriées. Il s’agit, a dit la présidente de l’ordre des pharmaciens du Bénin de :

-La mise en application des textes législatifs et réglementaires dans les Etats qui en disposent, et l’instauration d’un cadre législatif et réglementaire là où il fait défaut ;

-La mise en place, sur le terrain, d’instruments efficaces de lutte contre le trafic avec des personnels formés et des dispositifs répressifs adaptés à la réalité du trafic des faux médicaments ; le renforcement des capacités des personnels de santé dans la prévention et la lutte contre les faux médicaments, et la sensibilisation des populations sur les méfaits de ces produits.

Selon Arthur Conçalvès, les faux médicaments cédés à moindre coût aux populations sont à l’origine des insuffisances et complications rénales, du cancer et d’autres maladies qui conduisent à la mort. Aussi a-t-il demandé aux patients de ne plus acheter les médicaments de la rue mais, de se rendre plutôt dans les pharmacies et centres de santé agrées où sont disponibles les génériques. Deux ans après l’appel de Cotonou, Dr Toukourou constate avec regret que la bataille contre les faux médicaments est encore loin d’être gagnée au Bénin.

Les faux médicaments circulent sur nos marchés, dans les rues, au nez et à la barbe des pouvoirs publics. L’ordre national des pharmaciens du Bénin continue d’informer et de sensibiliser les populations sur les dangers de ces médicaments. Le mois passé, a dit Dr Toukourou, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens du Bénin était à Ouagadougou où il a pris part à une table ronde sur les faux médicaments. Mais cela ne suffit pas parce qu’il va falloir que le gouvernement Yayi s’implique réellement dans cette lutte.

Mieux, le gouvernement béninois doit s’intéresser en amont au mécanisme de fixation des prix des médicaments afin que les produits reviennent nettement moins chers aux populations. Car, a-t-elle dit, il y a beaucoup d’intermédiaires qui font grimper les prix des médicaments et les Prix Grossistes Hors Taxe (PGHT) auxquels nous appliquons notre coefficient échappent malheureusement aux gouvernements africains. « Personne ne sait comment se fixent les PGHT » , s’est indigné Dr Toukourou qui demande au gouvernement Yayi de s’intéresser à ce problème.

De son côté, Dr. Conçalvès accuse les multinationales de créer la misère aux pharmaciens béninois en voulant tout faire à la fois « les mêmes qui nous livrent les produits veulent disposer de succursales et de dépôt de vente pour nous concurrencer sur le terrain », a-t-il fustigé.

Il a été également demandé au gouvernement béninois de se pencher sur le problème de financement de la santé des populations. Dr Arthur Conçalvès invitera pour sa part les pouvoirs publics à voter une loi spécifique visant le phénomène des faux médicaments et à appuyer le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens du Bénin dans ses actions. Pour finir, Dr Toukourou a réitéré la disponibilité des pharmaciens béninois à aider le président Boni Yayi afin que l’appel de Cotonou contre les faux médicaments soit respecté.

Wandji A

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