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Le triomphe de la vérité

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Dossier : Gestion du patrimoine des sociétés d’état:Flou autour de la vente des stocks de matériels de Sonapra


La rumeur enflait depuis quelques semaines. Les travailleurs de la Société de Développement du Coton (Sodéco) héritière par la privatisation des dix anciennes usines d’égrenage de la Sonapra, se sont étonnés d’assister au ramassage systématique par un commerçant privé et dans toutes lesdites usines, de tout un important stock de matériels métalliques et de ferrailles diverses non incluses dans l’outil industriel privatisé mais dont la valorisation se chiffrerait à plusieurs centaines de millions.

Il est de coutume au Bénin que diverses organisations et institutions procèdent à des opérations de vente aux enchères publiques des biens de leur patrimoine résiduel. Les esplanades des Stades de l’Amitié et de René Pleven tout comme la Place du Souvenir en ont souvent été les sites d’exposition foraine, sous l’autorité de Commissaires-priseurs.

Mais le doute que cette pratique transparente ait fait école à la Sonapra, a engendré une rumeur qui s’est amplifiée au jour le jour et dont la vérification a buté contre l’inexistence de toute information sur le sujet, tant les structures internes assermentées de cette société d’Etat se disent ignorantes, aussi bien de son déroulement que de son dénouement.

Pour les agents de la nouvelle société d’égrenage de coton, leur ancien employeur Sonapra disposait encore dans les usines, d’importants stocks de rébus métalliques non-compris dans le matériel transféré par la privatisation. Véritable mine d’or, ces stocks inutilisables par la Sodéco comprennent : des équipements électrogènes de très ancienne génération, des barres de rails, des pièces et mécanismes d’usines et divers matériels métalliques dont la forte teneur ferrique ou sidérurgique justifie qu’ils soient très prisés sur le marché sans compter que du fait de leur vétusté, ils sont souvent recherchés par des fabricants en quête de matières premières. Tous ces stocks auraient été ramassés dans toutes les dix anciennes usines du territoire national par un opérateur privé qui prétendait en avoir gagné le marché, pour près de deux cent millions de nos francs.

On comprend que les anciens usiniers de la Sonapra qui connaissaient la valeur de ce bien public bien plus vieux que leurs carrières professionnelles, espéraient qu’il soit mis aux enchères afin de les acquérir pour des besoins de fonte, de transformation ou de revente à des demandeurs qui parcourent la sous région en quête de ferrailles. Malheureusement, c’est semble-t-il en catimini qu’un particulier est venu les ramasser à leurs barbe et nez, sans appel d’offres public et plus grave, à l’insu du personnel de la Sonapra qui croyait – dur comme fer – que c’était là tout ce qui leur restait, après le coton, à vendre en guise de lot de consolation.

La Direction Générale de cette société est-elle au courant d’une telle transaction ou s’agit-il d’un vil escroc international comme il en court de plus en plus dans nos villes, qui se serait accaparé de cet important stock en se jouant de tout le monde ? Le Cabinet de la direction de la Sonapra contacté affirme connaître l’affaire.

Mais dédramatise. Pour le cabinet, les matériels indexés ne sont rien d’autres que de la ferraille dont on ne saurait plus faire un usage. Le cabinet estime que l’opération en cours n’est qu’un ramassage de ces ferrailles pour leur stockage auprès des DRE dans les zones auxquelles syndicat et personnel sont associés.il conclut que c’est au terme cette phase qu’un appel aux enchères pourrait être lancé.

Néanmoins, au sein de la société beaucoup d’agents continuent de soutenir qu’il s’agit d’une opération clandestine de bradage du patrimoine de la Sonapra.

Wandji A

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