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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Gérard Agognon, co-auteur de l’ouvrage «A l’épreuve de la liberté de presse : Les dilemmes de la presse écrite »:« Nous espérons que notre livre aura du succès ici comme à l’étranger »


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Gérard Agognon, co-auteur de l’ouvrage «A l’épreuve de la liberté de presse : Les dilemmes de la presse écrite »

En prélude au lancement officiel de son ouvrage «A l’épreuve de la liberté de presse : Les dilemmes de la presse écrite », l’un des co-auteurs, Gérard Agognon lève un coin de voile sur le contenu de l’ouvrage. Le journaliste et Directeur de publication du quotidien « l’Evénement Précis » parle de sa collaboration avec le sociologue Elieth Eyebiyi et évoque les raisons de lancement du l’ouvrage au Bénin plusieurs mois après la France.

L’Evénement Précis : DP de L’Evénement Précis, vous n’êtes plus à présenter. On vous connaissait avec des livres sur la cinquième législature et sur le ministère de l’enseignement supérieur. Votre nouveau livre présente toutefois quelques particularités, vous changez de style on dirait…

Gérard AGOGNON: Oui, effectivement, le nouveau livre a cette particularité qu’il s’agit d’une recherche scientifique menée sur la base d’un travail de terrain, et ceci selon les canons de la sociologie.

Pour vous qui êtes un patron de presse, n’est il pas difficile de mener une telle recherche sur un univers que vous connaissez bien ?

Je vous vois venir… Oui, effectivement il peut être difficile de mener une recherche impartiale et objective dans un univers que l’on est a priori supposé bien connaître ; Il nous a fallu dans le cas précis faire un effort non négligeable de distanciation. Et c’est d’ailleurs pour cela que le livre a été signé par deux auteurs.

Non seulement moi même qui présente une vision de l’intérieur du système de la presse, mais aussi Elieth Eyébiyi qui est entre autres sociologue et apporte une vision externe et critique. C’est donc la complémentarité entre ces deux profils qui a permis de mener à bien ce projet.

Pensez-vous que la presse béninoise est libre ?

La question de la liberté de la presse est très complexe. Si l’on s’en tient à l’inflation des titres et au nombre des journaux qui paraissent dans notre pays, on dirait oui, que la presse est libre. En tout cas l’activité de presse est libre. Mais si vous considérez depuis 1990 toutes les agressions dont les journalistes ont été victimes, il convient de relativiser alors en constatant que c’est une liberté qui a beaucoup de freins.

Les classements de Reporters Sans Frontières montrent chaque année que la liberté de presse se dégrade dans notre pays.

Oui, malheureusement c’est que nous avons observé au regard des classements de Reporter Sans Frontières. Nous espérons que cette année le classement sera meilleur et que la presse béninoise pourra fleurir de ses belles fleurs.

Dans votre ouvrage, vous parlez par exemple de la question de la professionnalisation de la presse comme d’un impératif…

Oui, si vous n’avez pas une presse professionnelle, c’est la survie de la profession même qui est menacée. Depuis quelques années il faut quand même souligner que des formations professionnelles ont été mises en place avec l’Etat pour permettre de former des journalistes dans notre pays et renforcer aussi les capacités des journalistes déjà en activité. Sur ce dernier volet, on peut aussi souligner l’action continuelle des associations professionnelles notamment l’ODEM, le CNPA ou encore l’UPMB qui sont accompagnés depuis plusieurs années par les partenaires au développement comme la Fondation Friedrich Ebert.

Comment en finir avec ce que vous qualifiez de dérives de la presse dans votre livre ?

Comme vous l’avez lu l’un des leviers pour en finir avec les dérives de la presse dans notre pays passe par la résolution de la question de la professionnalisation. Mais il faut aussi repenser au régime des taxes qui pèsent sur les entreprises de presse, …

Que dire des accointances politiques de certains organes de presse ?

Les journalistes sont en raison de leur métier confrontés à servir d’intermédiaires entre les hommes politiques, notamment l’Etat, et le reste de la population. Cela fait qu’ils ont des contacts privilégiés avec la sphère politique qui en retour tente d’influencer leur ligne éditoriale comme nous l’avons expliqué. Il revient au professionnel des médias de respecter scrupuleusement les prescriptions de la déontologie et d’engager sa responsabilité personnelle dans la réalisation de son travail.

Il faut distinguer le journalisme de la communication politique, il faut savoir que l’information servie doit être crédible et bien vérifier ses sources. Il faut tout simplement que le journaliste fasse son travail, travail bien codifié et dont les normes et règles sont connues universellement.

Votre ouvrage a récemment fait l’objet d’une présence remarquée à Paris…

Oui, l’ouvrage a été favorablement accueilli à Paris où il est sorti depuis le début de l’année 2011, au cours du salon du livre du Lavoir Moderne Parisien (LMP) du 2 au 4 septembre 2011 précisément à l’exposition « Nous sommes tous des Africains » et il a déjà été programmé pour le Salon International du Livre de Paris dans quelques mois. Il convient d’ailleurs de saluer le travail que font les Editions IBIDUN à ce propos.

Pourquoi avoir attendu septembre pour lancer le livre au Bénin ?

Le livre est sorti à Paris en France dès mars 2011. Ensuite, il a fallu régler quelques questions pratiques avant de le présenter officiellement au Bénin. Ce qui vient d’être fait ; Et puis, septembre coïncide avec la rentrée dans notre pays, donc c’était le meilleur moment pour le présenter au public et nous espérons qu’il aura un meilleur succès ici que ce qu’il a déjà à l’étranger.

Qui peut le lire ? A quel public est-il destiné ?

Tout le monde peut le lire : à commencer par les professionnels des médias, les politiques, les amis de la lecture mais plus généralement tout le monde. C’est un ouvrage qui intéresse toute personne engagée ou non dans l’espace public, toute personne aux prises ou non avec les médias.

Comment avez-vous vécu l’expérience d’un travail collaboratif sur ce livre ?

Très bien, je dois dire. Une fois que mon coauteur et moi avons réglé les questions de méthodologie et adopté notre perspective, le reste a suivi. C’est vrai que nous avons eu beaucoup de discussions sur certains aspects mais c’est cela qui fait aussi la richesse de l’œuvre : des approches complémentaires et productives, sans langues de bois avec pour seuls principes, l’objectivité et la rationalité.

On constate comme le disait un confrère, un renouveau de la presse béninoise à travers la production littéraire. Vous venez également de faire votre entrée dans ce cercle.

Oui, tout à fait. L’entrée des journalistes béninois dans le monde de l’écriture marque un renouveau de notre profession. Les journalistes écrivent pour les autres, pour le peuple ; il était nécessaire aussi d’écrire sur eux et qu’ils écrivent sur eux-mêmes. Notre livre entend participer de ce combat et marquer de son sceau ce renouveau dont vous parlez.

 Un petit mot sur votre journal L’Evénement Précis qui rafle plusieurs prix depuis des années.

Vous me donnez l’occasion de saluer et de remercier non seulement mes collègues de l’Evénement Précis mais aussi tous les professionnels de la presse avec qui nous avons longuement échangé durant la préparation du livre. Pour en revenir à votre question, nous essayons à L’Evénement Précis d’appliquer simplement les règles du métier, nous écoutons les critiques et les suggestions de vos devanciers et nous travaillons en équipe.

 Je dois saluer particulièrement le doyen Jérôme Carlos, le président Brice Houssou et le président Malick Gomina mais aussi tous les autres confrères et nos lecteurs qui ne cessent de nous aider à avancer.

Propos recueillis par la Rédaction

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