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Le triomphe de la vérité

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Sous l’arbre à palabres:Nikita Topanou, Président de la Jeune Chambre Internationale (JCI) Bénin invité ;« Il faut un programme national pour la gestion des ordures au Bénin »


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« Il faut un programme national pour la gestion des ordures au Bénin »

Monsieur Nikita Topanou, Président de la Jeune Chambre Internationale (JCI) Bénin, est le 49ème invité de la rubrique « Sous l’Arbre à Palabres ». Il fait ici son entrée dans le cercle restreint des privilégiés de cette page du journal, qui a reçu d’éminentes personnalités politiques, économiques et culturelles. A son tour, Nikita Topanou apporte une lumière sur les idéaux et le fonctionnement de la Jeune Chambre Internationale (JCI). En tant qu’acteur influent de la gestion des déchets ménagers au Bénin, il n’a pas échappé à la question de la gestion de l’environnement. Son parcours confirme par ailleurs, que dans la vie, le bénévolat est un chemin d’or.

Et si on en parlait

Lumière sur la JCI

La jeune Chambre, c’est une organisation de jeunes de 18 à 40 ans présente dans 115 pays de par le monde et qui est présente au Bénin depuis vingt-deux ans, qui forme des jeunes pour servir la communauté. J’en suis le vingt-deuxième président et nous travaillons sur le principe sacro-saint de l’amitié. Ces jeunes sont d’origines diverses, de formations diverses, de convictions socio-politiques et socioreligieuses diverses.

 C’est une organisation laïque, apolitique et qui a pour option de former les hommes meilleurs. On y devient membre en suivant un parcours de parrainage. C’est un membre déjà dans l’organisation qui estime que les valeurs de l’organisation peuvent se porter vers vous. Ensuite, il vous invite à nos séances de formation sur une durée de neuf mois. Après avoir suivi le processus, les formations sont axées sur deux grandes parties : le développement individuel du postulant et la connaissance de l’organisation afin d’être sûr que ce membre, quand il le deviendra à part entière, pourra être ambassadeur.

 Donc, après ce processus de formation, on évalue par un test aussi bien écrit qu’oral, pour qu’on soit sûr de sa motivation et on organise à la fin une séance d’intronisation où le membre s’engage à porter les valeurs de l’organisation et à rester fidèle à ses idéaux. Je dois vous dire que la cotisation annuelle est de trente mille (30.000) francs CFA ; ça veut dire moins de deux mille cinq cent francs par mois. C’est déjà le premier pas pour assumer son autonomie.

Quand vous avez une autonomie financière des autres institutions, vous avez une liberté d’expression. Donc, pour devenir membre, vous payez cinq mille francs de frais d’adhésion et vous payez trente mille francs de cotisation annuelle. Je ne pense pas que c’est trop par rapport à tout ce que nous donnons comme formations pratiques, par rapport à tout ce que nous donnons comme opportunités à ces membres qui adhèrent.

JCI et la Jeunesse

Les domaines d’actions de la JCI sont divers et riches. Nous les plaçons en quatre catégories. Nous avons le domaine communautaire où nous offrons aux membres l’opportunité de développer les techniques pour pouvoir faire une solidarité dans la communauté, nous avons le domaine individuel où le membre se forme, est transformé et est appelé à devenir un meilleur leader parce que l’on lui donne tous les outils.

Nous avons le domaine international parce que, comme je le disais tantôt, nous existons dans 115 pays par le monde. Donc, on devient du coup citoyen du monde. Un membre d’une chambre qui débarque dans n’importe lequel de ces pays où il y a la jeune chambre, il suffit qu’il appelle un membre de la Jeune chambre et il est chez lui parce qu’on est sûr qu’on porte les mêmes valeurs. Nous avons ensuite le domaine affaires où à travers ça, on peut véritablement développer des opportunités de relations d’affaires et d’amitié.

Mais, je voudrais aussi dire que nous donnons aux membres les techniques de développement pour qu’ils puissent assumer une responsabilité sociale pour qu’ils aient en eux un esprit d’entreprise pour que de façon solidaire, ils puissent opérer des changements dans leur domaine.

La marque d’un membre JCI

On l’identifie surtout déjà par son expression parce qu’on aime bien dire dans la vie qu’il y a les membres d’une chambre et il y a les membres de Jeune chambre. Quand tu te retrouves dans une réunion et que tu dis que tu es membre de Jeune chambre, c’est que tu as appris à diriger une réunion. Si tu es à la tête de cette réunion, tes expressions vont montrer que tu es un leader. Et quand tu n’es pas à la tête d’une réunion et que tu es dans la réunion, tes expressions traduisent clairement que tu as reçu la formation pour pouvoir travailler en équipe.

JCI : une secte ?

Je voudrais repréciser votre préoccupation. Vous avez souligné le débat de secte, de tremplin pour se positionner, vous avez aussi souligné le débat de mafia. On va les détailler de façon plus précise. Secte, pour nous c’est quoi ? Ce n’est pas le cas. Je l’ai dit tantôt, je suis président pour un an du 1er janvier au 31 décembre. C’est comme ça toutes les autres instances de l’organisation. La responsabilité est annuelle.

Il n’y a pas de gourou. Il y a un an, c’était quelqu’un d’autre qui était président de même qu’il y a deux ans… c’était même des dames. Le premier président de la Jeune chambre du Bénin, c’est Emmanuel Guidibi. C’est un an donc, nous n’avions pas de gourou. Je pense qu’une secte ne communique pas. Nous, nous communiquons. C’est tout ce que nous savons faire. Nous aimons communiquer et nous ne ratons aucune occasion pour communiquer. Nous avons un siège, un site WEB et comme toute organisation, nous portons des signes.

 Une secte est fermée, on ne sait pas qui est dedans. Nous, on a aucune honte pour affirmer que nous sommes membres de la Chambre. Nous avons un siège mais les sectes sont discrètes. On ne sait pas où les repérer. Au Bénin, nous avons un siège qui est à Mènontin. Le siège mondial est aux Etats-Unis. Et donc, quand on démarre dans n’importe quel pays, on retrouvera notre siège. J’insiste pour dire que nous ne sommes pas une secte. Vous entrez dès que vous avez dix-huit au moins et vous et vous aspirez à des occupations professionnelles.

Au Bénin, nous avons dix-sept sections locales et cinq nouvelles en création ; ça fait vingt-trois sections locales sur toute l’étendue du territoire national. Au niveau de chaque section locale, on a des membres de dix-huit à quarante ans qui font le parcours en suivant la formation, deviennent membre, ils aspirent à diriger un projet. Ensuite ils prennent la responsabilité bénévole au niveau du bureau directeur que nous appelons comité directeur local. Après, si l’âge le leur permet, ils continuent au niveau du bureau national et prennent les responsabilités progressivement jusqu’à prendre la plus haute responsabilité au niveau national.

Si l’âge le leur permet toujours, ils continuent au niveau international. Nous n’avons pas de membres dont l’âge est en dessous de dix-huit ans. Nous n’en avons pas en dessus de quarante ans. Il faut ajouter que lorsque vous rendez des services exceptionnels à l’organisation, l’organisation prend du plaisir à faire de vous un membre à vie et vous donne donc le titre honorifique de sénateur.

Là, vous devenez membre à vie de l’organisation mais il n’y a pas un club à part pour dire que ceux-ci sont des membres qui ont plus de quarante ans. Les membres à vie peuvent aussi bien être ceux qui ont moins de quarante ans que ceux qui sont au-dessus de quarante ans.

JCI : une organisation caritative ?

La Jeune Chambre n’est pas une organisation à vocation caritative. La Jeune chambre est une organisation où nous formons les jeunes pour pouvoir mieux servir la communauté. J’ai envie de revenir sur la première question pour dire que c’est vrai que nous donnons tous les outils aux citoyens béninois pour qu’ils puissent mieux servir la communauté. Quand vous passez par cette organisation, vous en sortez complètement transformé, suffisamment outillé pour servir à n’importe quel autre niveau de responsabilité. Parce que nous savons que quand on dirige des bénévoles, c’est toujours plus aisé après de diriger des salariés.

 A la Jeune chambre, nous travaillons rien qu’avec des bénévoles. Et donc, c’est vrai que nous offrons le tremplin de la formation au leadership. Dites-nous que nous sommes une organisation qui forme au leadership, je dirai 100%. N’empêche que nous avons compris que pour mieux servir la communauté, il faut aussi accompagner la communauté. Et nous faisons des œuvres caritatives. Qu’est-ce que nous faisons comme œuvres caritatives ? J’ai du plaisir à vous dire que les arbres qui sont plantés sur le parterre Etoile rouge-Toyota, c’est la Jeune chambre qui les a plantés.

 Aujourd’hui, c’est peut-être dans l’histoire que c’est la Jeune chambre qui les a plantés. J’ai du plaisir à vous dire que nous avons un projet intitulé « zem» qui forme les Zémidjans à avoir une meilleure attitude communautaire, une meilleure attitude civique. J’ai du plaisir à vous dire que nous avions fait des dons dans des écoles, des dons dans des orphelinats. Nous avions fait des dons à Dangbo, Tokan, Bohicon, Ouidah, Matéri et autres.

J’ai aussi du plaisir à vous dire que sur le tronçon où le défilé de cette année s’est déroulé, les arbres qui y sont plantés, c’est la Jeune chambre qui les a plantés à Natitingou. Nous avions construit des écoles à Sèmè, dans le Mono aussi. Nous avons autant d’œuvres communautaires que nous accompagnons parallèlement. Et j’aime bien le dire, ce n’est pas le premier socle de nos priorités. A la date d’aujourd’hui, nous comptons huit cent (800) membres actifs; ça veut dire huit cent membres qui ont effectivement payé leur cotisation.

JCI : une organisation politique ?

Il faut dire que nous sommes une organisation apolitique. Nous faisons le débat citoyen sans être partisan. Le lobbying, nous ne le faisons pas. Nous formons de meilleurs citoyens que nous livrons à la société. Et quand ils partent de cette organisation, ils ont toutes les armes requises pour pouvoir servir la communauté. Ils rentrent dans le milieu politique et font le débat et on découvre qu’ils sont les meilleurs. Et donc, du coup on fait appel à eux.

Evidemment, quand on est passé entre-temps par Jci, on s’est noué des relations formidables parce que quand on va faire des formations gratuites, tu te fais des amis. L’éducation, c’est la clé du développement. Et nous nous sommes la première organisation qui forme. Nous continuons à former les meilleurs et c’est notre référence. Nous travaillons fortement à ça et quand nous formons, de façon spontanée, si nous leur avions donné tous les outils pour servir la communauté, et qui se retrouvent dans des positions données, leur premier reflexe sera de dire, donnez-moi la ressource humaine appropriée pour pouvoir assurer.

A titre d’exemples, après Emmanuel Gudibi, nous avons eu Edgard Monnou qui a été aussi notre président national, nous avons eu Luc Constant Gnancadja. Nous avons eu Ghislaine Nougbodé, Aimé Gomez, qui a dirigé Govinda, Thomas Anani qui est représentant du Bénin à l’UEMOA, Thomas Azandossessi qui est le directeur du Cenafoc, le Centre national de formation des comptables du Bénin, nous avons eu Bruno Gnidéhoué, qui est le directeur de Label Bénin, Gilles Amassousso qui est enseignant à l’université, Meixant Djeigo qui est actuellement directeur général de l’ANPE, Brice Houssou, directeur de publication de Fraternité, Francine Toupé, longtemps directrice de l’agence moov de l’Etoile, elle est actuellement à Steinmetz. Bref, nous avons dans nos anciens présidents, autant de ressources qui sont partout.

JCI et son fonctionnement

Le bureau national est composé de 14 personnes. Et dans ces 14 personnes nous avons 8 que nous appelons vice-présidents nationaux. Nous avons redécoupé le Bénin en 6 départements. Le littoral, nous l’avons découpé en 2, il faut dire que dans le Littoral nous avons beaucoup d’organisations locales et nous avons aussi l’Atlantique à part. A la tête de ces régions, nous avons des vice-présidents nationaux en charge des régions.

 Ces 8 s’associent à ce que nous appelons le comité exécutif qui comprend le Secrétaire général, le Trésorier général , le Conseiller juridique, le Vice-président exécutif et le Président de l’année passée ( Immediat past president), et le Président exécutif. C’est ça qui constitue le comité directeur national. Au niveau des sections des organisations locales, nous avons une même architecture en président local et des vice-présidents en charge d’un certain nombre de domaines. Le vice-président en charge de la formation, en charge de projets, en charge de management, en charge des relations extérieures, marketing et communication et autres.

Et l’Assemblée générale de la Jeune Chambre Internationale-Bénin est constituée des présidents de ces différentes organisations locales et des membres du comité directeur national. A ceux-là nous ajoutons les commissaires aux comptes, le directeur de la Jeune Chambre Bénin Premius qui est un institut de formation. Dans cette assemblée générale, ceux qui ont droit à la parole, ce sont ces personnes que j’ai citées tantôt. Mais ceux qui peuvent décider sont les présidents qui ont droit de vote et leur voix est proportionnelle à l’effectif qu’ils ont déclaré. Parce qu’il faut dire que quand tu es membre le la JCI, tu payes ta cotisation de 30 000 francs.

 La Jeune Chambre Internationale, par section locale, remonte au niveau national les 50%. Donc 15 000 francs viennent dans la caisse du bureau national et dans ces 15 000 francs, l’organisation nationale que nous représentons envoie 50% au niveau international. Et quand il y a une activité au niveau local, le président de la section locale en exercice informe le vice-président qui est en charge de sa région. Et c’est ce vice-président qui est membre du bureau national qui nous remonte l’information.

Et si nous avons aussi des informations à passer, nous les transmettons à travers l’intermédiaire du vice-président national. S’il y a des renforcements à faire, ils nous font appel et avec tous les collaborateurs qui évidement sont membres des différentes sections locales, appuient autant que se peut ces différentes organisations locales pour participer à la réalisation de notre mission sur le territoire béninois.

Jeunesse et crise des valeurs au Bénin

Je pense que c’est une dynamique progressive. Nous sommes allés de la Révolution, nous avons fait la Démocratie. Nous avons fait du renouveau démocratique, nous avons fait du changement, nous sommes entrain de faire la Refondation. C’est dire que nos problèmes demeurent les mêmes. Je pense que c’est un manque de patriotisme. Je pense que c’est une fuite de responsabilité personnelle en ce qui concerne toute la jeunesse. La jeunesse, c’est vous, c’est moi.

La jeunesse, c’est aussi nos décideurs aujourd’hui. Le problème de crise de valeurs morales n’est pas imputable à la jeunesse exclusivement. Il est imputable à tout le monde. Je participe fortement de l’idée de dire qu’il faut faire de la refondation. Je ne m’inscris pas dans la théorie. La refondation, d’accord mais définissons alors clairement qu’est-ce qui est à refonder! Ne nous disons pas que tout est à reprendre.

 Il y a eu du positif après 51 ans d’indépendance. Je parlerais plutôt de ce qui est à renforcer. Je rentre dans la dynamique de dire qu’il faut s’améliorer. Il y a d’abord à renaître chez le jeune que nous sommes, le service bénévole. Il y a à renaître chez le jeune que nous sommes l’amour de la patrie, l’amour et le respect du bien public. Il y a à renaître chez le jeune l’amour du travail et du travail bien fait.

Malheureusement nous autres jeunes aujourd’hui, nous sommes passionnés du peu de travail et de beaucoup de richesse. On aime bien dire aujourd’hui que nous ne cherchons que du travail, nous cherchons de l’argent. Il y a donc à renaître chez nous l’opportunité de pouvoir comprendre que bâtir la Nation ne viendra pas de dehors. C’est à nous-mêmes de pouvoir bâtir notre pays.

Le règne des vieux

Je regrette mais je ne fais pas la fuite de responsabilités. Ce sont les jeunes qui ont toujours dirigé ce pays. Les vrais dirigeants de ce pays, ça demeure les jeunes. J’estime que chacun de nous a une parcelle d’autorité, une parcelle de décision. J’estime que c’est cet ensemble de parcelles de pouvoir qui doit pouvoir amener le Bénin plus loin. Il ne s’agira pas de penser qu’on va continuer à jeter la pierre, à dire que c’est le chef de l’Etat ou que ce sont les ministres. Non! Les ministres ont des Conseillers techniques, le Chef de l’Etat a des conseillers.

Et ce n’est que ce qu’on leur présente en terme de situation qui fait que ça avance ou pas. Quand on dit que le chef de l’Etat n’écoute pas ses conseillers, je vais vous surprendre. Je pensais fortement ça avant de prendre la responsabilité que j’assume à la JCI. Je découvre dans l’exercice de cette responsabilité bénévole qui, humblement loin de moi l’idée de la comparer à la responsabilité républicaine qu’assume le Chef de l’Etat, je découvre que dans cette position de premier responsable, vos collaborateurs vous disent beaucoup de choses, et que vous le vouliez ou pas, votre décision finale influence à un moment donné.

 On ne suit peut-être pas exactement ce qu’ils vous disent parce que celui qui vous porte l’information est le premier manipulateur. Donc en tant que responsable on prend de la hauteur, on finit par décider ce qu’il faut, mais souvent on croit décider ce qu’il faut, ce qui est meilleur pour ceux qu’on dirige.

Le budget et le bénévolat à la JCI

Un budget oui mais qui assure seulement son fonctionnement et qui ne rémunère pas.Son fonctionnement, c’est la prise en charge de la Secrétaire permanente. Son fonctionnement, c’est le loyer du siège, son fonctionnement, c’est la cotisation à payer à l’international, son fonctionnement c’est le secrétariat. Quand on paye la cotisation à l’international, quand on paye le loyer, quand on paye le salaire de la secrétaire, sur une année, on découvre qu’on est déficitaire.

Bénévolat et concurrence pour la présidence de la JCI

Oui, c’est vrai que c’est de la concurrence que d’être président d’une jeune chambre. C’est véritablement bénévole. Ce que nous gagnons, c’est des relations. Et dans cette organisation c’est tout ce qu’il y a de plus riche et de plus formidable. Ça vous permet d’ouvrir les portes auxquelles vous vous attendez le moins. C’est la preuve que quand on en arrive à aimer le bénévolat, on découvre tout ce qu’on y gagne. J’en suis convaincu.

L’Emploi et le système éducatif au Bénin

Comme beaucoup de choses, cela me met à mal. Malheureusement nous formons de moins en moins des hommes prêts à l’emploi. Ça veut dire que mes jeunes frères et moi allons de moins en moins pour faire de travail communautaire pour savoir que c’est à cette fin qu’on gagne. Moi j’ai enseigné à 500 f l’heure pendant deux ou trois ans. Ce qu’on m’a payé à la fin de l’année. Cela veut dire que j’ai travaillé à la limite gratuitement toute une année, deux ou trois.

Je venais de commencer la vie active si bien que j’ai voulu faire l’option d’enseigner dans l’un des collèges les plus connus, et en plus j’avais également pour option d’avoir un curriculum vitae. Et c’est avec plaisir que j’ai enseigné au CEG Abomey-Calavi en ce moment quand j’étais encore étudiant. J’avais d’autres options comme refuser d’aller à la gratuité en donnant des cours de maison qui étaient plus payants mais qui ne créditent pas le Curriculum vitae.

En somme le système éducationnel a des difficultés et il faut qu’on le repense. Mais il faut aussi qu’on comprenne que nous sommes aussi trop consommateurs. Quand nous finissons, on pense que ça va tomber du ciel, si bien qu’on ne cherche pas à créer. Je crois donc qu’il faut le diplôme et aussi la capacité.

Je ne veux pas mettre en mal l’enseignement que nous dispensons mais je trouve que c’est déjà là qu’il faut qu’on repense mais c’est aussi au niveau de toute la mentalité. Il faut qu’on repense le système. L’emploi, je continue de croire qu’il existe au Bénin, et que c’est peut-être nous qui n’arrivons pas à en trouver dans de bonnes conditions.

JCI et Emploi des jeunes

A la JCI, on vous apprend à pêcher, à parler en public… Si vous faites l’option d’être journaliste, soyez le meilleur journaliste, si vous faites l’option d’être mécanicien, soyez le meilleur mécanicien, mais si vous faites l’option d’être un cancre, soyez le meilleur cancre. C’est donc ce que nous apprenons à la jeune chambre. Et avec ces outils que vous mettez en pratique, vous devenez meilleur dans votre société. Et quand vous allez assumer de façon bénévole, (j’insiste là-dessus), c’est de façon spontanée qu’on viendra vous chercher pour assumer un poste de responsabilité.

Le partenariat JCI et ANPE

Je disais tantôt que c’est des jeunes de 18 à 40 ans. Et donc nous avons un réservoir, et ce partenariat va permettre à l’ANPE de porter toutes ses priorités pour pouvoir ventiler ses cations. Ce partenariat va permettre aussi à nos organisations locales qui réalisent des projets dans le domaine de bénéficier de l’accompagnement de l’ANPE.

JCI et Responsabilité publique au Bénin

Je suis convaincu que dans 5 ou 10 ans, on va découvrir véritablement ce que c’est que la jeune chambre, qui est une force de formation, de proposition de d’affaires au service de la communauté. C’est vrai qu’au Japon, c’est très difficile de prendre une responsabilité républicaine si tu n’as pas assumé une responsabilité pour toi-même. Et comme je l’ai dit, c’est le tremplin pour avec tous les moyens afin de bien gérer une structure. Car nous donnons des réflexes de paix, de développement. Si en Tunisie c’est la même chose, je pense qu’il faut lier ça à l’ancienneté de ses organisations. Avec le temps au Bénin, nous comprendrons que la JCI est un véritable tremplin pour se faire meilleur.

Bilan du mandat Topanou ?

La première chose c’est que les gens au 31 décembre diront que ce n’était pas le mandat Topanou, mais que c’était le mandat de la Jeune Chambre du Bénin. Nous avons évité de nous mettre au centre de l’action. Qu’est-ce qu’il faut retenir ? Il faut retenir qu’à mi-parcours en juin, la Jeune Chambre Internationale Bénin était la première organisation à 100% efficace pour toute la Jeune Chambre. Nous avons eu cette première place. Nous avons reçu le président mondial ici.

Nous avons aussi renforcé nos partenariats, avec les institutions de la place. Nous avons signé un contrat de partenariat avec l’agence nationale de la promotion de l’emploi (ANPE). Il faut retenir que nous avons eu un climat véritablement convivial, nous avons eu une très belle cérémonie de lancement de mandat, et nous nous préparons à vivre une cérémonie mémorable de la convention nationale. A moins de 100 jours de la fin du mandat, il reste à connaître le successeur, pour qu’avec plaisir on puisse passer la charge, parce que ce n’est pas de tout repos un mandat.

Il reste à représenter la Jeune Chambre internationale Bénin au congrès mondial, qui se déroulera en novembre, pour pouvoir décider par rapport à l’année prochaine, il reste à assurer au niveau des organisations locales, la continuité et la transmissions des charges. Et il reste enfin, à relever, nous l’espérons, les quelques actions prioritaires qui sont encore dans le plan d’actions 2011.

Topanou et ses autres priorités

Je suis chimiste de formation, passionné de l’environnent, j’ai une ONG qui intervient dans la pré-collecte et un cabinet qui fait la formation de l’audit. J’ai créé cette Organisation parce que cela pouvait aussi permettre de régler un problème de la société. Et je crois que l’urbanisation de la ville fait partie de mes activités. Aujourd’hui, l’Ong installée à Abomey-Calavi couvre 345 ménages. Il faut souligner que je fais partie des 88 ONG qui desservent dans la communauté.

 Je ne suis donc pas la seule. Elle est créée depuis 1999. En réalité c’est de ma vie universitaire qu’est née l’ONG. Il faut dire que dans mon quartier, nous avions trouvé opportun qu’on se retrouve entre jeunes de l’époque où nous étions de nous retrouver en créant un creuset qui pourra se pencher sur les problèmes de notre localité et sur les défis de l’actualité sociopolitique. Donc depuis 1999, on a compris qu’il fallait exporter toutes nos réflexions. Qu’il faut éviter de rester dans les quatre coins pour réfléchir. C’est de là que nous sommes allés à deux actions promptes, l’environnement et la communication.

Nikita Tokpanou au milieu des journalistes de l’Evénement Précis

Nous avons émis pendant longtemps un bimensuel que nous avions appelé « le chandelier ». Ce qui a fait que nous avons été ciblés par les autorités du ministère de l’environnement qui nous ont dit qu’elles ont été sidérés par nos prestations et qu’elles ont des charrettes à donner et qu’on pouvait passer en chercher. Nous avons reçu la charrette et intellectuels qu’on était, tous on a compris que ce n’était pas chose aisée.

On s’est dit qu’il ne fallait pas avoir de charrette et les garer pendant que l’environnement se salit de jour en jour. C’est de là que nous avons évalué ce qui nous permettra de démarrer les travaux. Pour que cela puisse fonctionner, on a mis en place un comité. Nous avons démarré et avec le temps on a été confronté à des difficultés. Ce n’est pas aisé pour un début de pouvoir prendre en compte le salaire de deux employés et l’entretien de tout le matériel.

A cet effet, des ménages avaient beaucoup de résistance à s’abonner. A un moment les actions réunies pour créer la société sont finies et on n’arrivait pas à la rentabiliser. J’ai été obligé de prendre le travail comme la première priorité, à bras le corps. Je m’y suis donné et cela a repris avec l’introduction de toute la capacité intellectuelle que j’avais. J’ai mis toutes mes relations d’enseignant bénévole que j’avais en ce temps là-dans si bien que beaucoup de parents d’élèves ont commencé par s’y intéresser. Entre temps, j’ai eu à participer à des idées premières avec un certain nombre de personnes de la commune pour la mise sur pied d’un Collectif des ONG de pré-collecte. Suffisamment plus éduqué qu’eux en terme de d’éducation scolaire, j’ai participé donc à l’élaboration des textes fondamentaux pour la mise en place du collectif, j’ai également assuré le poste de secrétaire administratif pour une période de 6 à 9 mois avant que le Président ne soit appelé à d’autres responsabilités. Alors j’ai pris la présidence du collectif.

Actuellement je prépare ma thèse. Une étude donne à savoir le ratio moyen, la quantité moyenne de déchet qui est produit par habitant. Nous avions confirmé que le standing de vie impacte sur la qualité et la quantité de déchet que je produis. La quantité et la qualité de déchet que produit le riche est différent de ce que le pauvre produit. Ça peut paraitre évident mais il fallait le prouver. Nous sommes arrivés à démontrer dans notre thèse que le standing de vie a un impact sur les déchets.

 Dans cette même étude, l’autre partie de la thèse, nous avions ensuite prolongé pour voir la matière organique extractible de ces déchets. Nous avions déterminé le taux de matière organique qui est extraite de ces déchets. Nous avions analysé et déterminé les différentes catégories qu’on retrouve dans les déchets en terme de matière plastique, en terme de paperasse, nous avions identifié….

Aujourd’hui, nous sommes en train de faire de la simulation par rapport à ses déchets et nous sommes en train de valoriser un déchet particulier, les noix de coco qui constituent une richesse. On sait que le coco, ça se mange, on sait que l’écorce sert à faire de la tisane, les racines aussi donc à la limite, ce qui est déchet sur cet arbre, c’est les fibres. Donc, nous sommes en train de valoriser les fibres pour en faire ce que nous appelons le charbon actif dans le jargon chimique.

Les déchets à Cotonou et le problème environnemental

Je pense que nous ne réglons pas le problème de l’environnement comme il le faut. Nous avons un programme national de lutte contre le paludisme, un programme national de lutte contre le Sida, nous avions plein de programmes et là, j’estime qu’il en faut aussi un programme. On dit que c’est du ressort de la municipalité et c’est vrai puis que c’est ce que la loi dit. Je disais tantôt qu’il faut un programme qui s’en occupe vraiment.

Je parie que les déchets que nous produisons, beaucoup ne savent pas ce que cela devient parce qu’il y a 60% qui sont peut être versés dans les bas-fonds. Je crois qu’on en arrive à avoir une décharge, au vrai sens du terme, qu’on crée des sites de réception de ces ordures et que le reste, on sache comment les récupérer et les transformer. Ce n’est pas les seules décharges de Cotonou ou de Porto-Novo. On peut avoir des décharges par commune qui constituent des points intermédiaires et il nous faut une décharge finale parce qu’on en a pas. On a juste une décharge intermédiaire qui reçoit un certain nombre de points, les traite et ça s’arrête là.

Conclusion

Je voudrais dire que la jeune chambre est une école, qui vous offre des opportunités d’apprendre, des opportunités de vous découvrir à vous-même et des opportunités pour servir la communauté. C’est un plaisir immense pour moi de me retrouver à ce niveau de responsabilité, chaque jour qui passe et chaque jour que Dieu fait, ça me permet d’apprendre de découvrir et de grandir par rapport à moi-même. Je nourris l’espoir que toute la jeunesse va saisir cette opportunité, que toute la jeunesse va comprendre qu’il faut au-delà de cette école que nous fréquentons tous, il y a celle-là qui éduque et forme pour la vie.

La Jci, je le dis et j’insiste est apolitique et laïque, constituée de jeunes de 18 à 40 ans d’origine divers. La Jeune chambre pour nous, c’est servir la communauté et nous apprenons et nous nous attelons à cela. A cela se résume notre crédo. Nous ouvrons la porte à tous ceux qui veulent et nous nous apprêtons à organiser notre convention annuelle en octobre prochain qui va être le rendez-vous de l’année où tous les membres se retrouvent pour évaluer le mandat et élire le nouveau bureau pour l’année prochaine.

 Je voudrais aussi dire mes félicitations pour cette mission citoyenne que vous faites, je voyais l’Evénement Précis mais je ne le voyais que de la première page et j’ai le plaisir aujourd’hui de me retrouver dans ses locaux, je pus dire bravo et merci pour tout ce qui est fait. Je sais que quand on choisit d’informer la cité que ce n’est pas du tout facile et je voudrais vous inviter à continuer le travail formidable que vous êtes en train de faire, vous dire l’admiration de la jeunesse. Peu parlent mais beaucoup nous observent. Je voudrais finir pour dire que c’est un immense plaisir de servir la communauté et je le ferai quelle qu’en soit ma qualité.

                                                        Carte d’identité

le bonheur de servir

Né un 12 octobre 1975 dans la commune d’Abomey-Calavi, Nikita Topanou a réussi à s’offrir une carapace de jeune leader. Actuellement Président de la « Jeune Chambre Internationale », section Bénin, il est titulaire d’un DEA en Science-Chimie de l’Université d’Abomey-Calavi. Guidé très tôt par le bonheur de servir sa communauté, il n’avait pas attendu la Jeune Chambre internationale avant de s’engager dans des œuvres sociales.

En effet, alors qu’il était encore étudiant, Nikita Topanou, cumulativement avec ses heures de vacation dans certains collèges et s’investit dans la collecte des déchets solides dans sa localité. Son but, c’était de rendre son environnement sain et éviter à sa communauté, les maladies auxquelles elle est confrontée du fait de cette insalubrité notoire. Plus tard, ensemble avec quelques uns de ses amis qui partagent la même vision que lui, il met en place une Ong de collecte des déchets solides, laquelle structure s’est imposée non seulement dans la commune d’Abomey-Calavi, mais également au plan national du fait de son efficacité.

« On ne peut pas parler aujourd’hui des Ong de collecte des déchets solides sans me consulter », a-t-il confié. Son Diplôme d’Etude Approfondi (DEA) en poche en 2002, Nikita Topanou décide de rompre avec les études. Mais sa rencontre avec son Directeur de mémoire quelques années après lui redonnera le goût des études. Il renoue donc avec les études et prépare actuellement et très activement d’ailleurs, sa thèse de doctorat.

Mais gêné par le caractère trop théorique de la Chimie, sa spécialité originelle, Nikita Topanou décide de mettre en standby cette matière et se spécialise désormais dans les questions environnementales. Tout ceci est guidé par une passion : le service de la communauté.

La preuve, la Thèse de doctorat qu’il prépare actuellement porte sur un thème qu’il manipule depuis fort longtemps. Il s’agit de la problématique de la gestion des déchets solides qui continue de paraître comme un casse-tête pour les pouvoirs publics. Il compte trouver une solution de qualité à l’issue de sa soutenance à ce problème national.

                                                         Intimité

Un homme irrésistible à la chevelure féminine

Nikita Topanou n’est plus libre. Son cœur est donc déjà pris et il ne manque pas de mots pour exprimer son amour à sa dulcinée. Une dulcinée qui a conquis son cœur depuis leur rencontre dans un Super marché un mois de décembre 1994. Voulez-vous savoir ce qui l’a sublimé sur la mère de ses deux enfants ?

C’est la chevelure de madame. Et justement ça, Nikita Topanou ne résiste pratiquement pas. C’est d’ailleurs la première des choses qui capte son attention sur une femme. « Je résiste difficilement aux cheveux de la femme. Si ma femme veut me faire du chantage, elle me dit qu’elle va couper ses cheveux », confie-t-il avec sourire. Très exigeant sur les caractères, il a dû entretenir une dizaine d’années d’amitié avec sa dulcinée avant de s’engager dans une vie de couple avec elle en 2005.

En bon omnivore, Nikita Topanou n’a pas de plat préféré. Il mange tout sauf les repas épicés. Toutefois, il a un penchant particulier pour le spaghetti. Servez-le-lui et vous pouvez être sûr de l’avoir bien reçu. Sa boisson préférée, c’est tout simplement de l’eau même s’il ne manque pas par moment de goutter du vin.

Photo de famille avec les journalistes de la rédaction

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