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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL:Le FNDS, fonds de plaisance ou…


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Le Fonds national pour le Développement du Sport (FNDS) navigue en pleine contradiction. Cet organisme piloté par El-Farouk Soumanou organise vendredi une « Nuit des Oscars des sportifs » au moment même où son directeur se plaint de ne pas avoir les moyens de sa politique. Il s’agit d’une initiative destinée (probablement) à rendre hommage aux sportifs de talent qui font la fierté du Bénin.

 Mais la seule question qui ne risque pas de trouver de réponse dans cette veine dispendieuse est celle-ci : en quoi cette distribution de récompenses développe-t-elle le sport ? Autrement dit, en quoi cela favorise-t-il la pratique du sport à Tchaourou ou Zinvié, à Comè ou Pénésoulou, si tant est que le Fonds a été créé pour développer la pratique sportive dans tout le Bénin, et pas seulement entre les quatre murs de Cotonou ?

La deuxième édition de cette « Nuit des Oscars des Sportifs » qui a lieu ce vendredi ne permet pas en effet de répondre efficacement aux interrogations d’une manifestation qui, somme toute, parait inutile et dénuée de fondement.

D’abord pour une question de simple bon sens, un organisme public ne devrait pas se mêler de décerner des « Oscars ». L’argent du contribuable ne devrait pas servir à des agapes et mondanités futiles. L’initiative appartient en cela aux ONG et agences de communication spécialisées qui savent si bien le faire. Il n’est pas heureux qu’un organisme public de ce genre s’investisse dans des activités aussi peu profitables au grand monde.

Ensuite, le Directeur du Fonds lui-même se plaint de manquer de moyens pour mener à bien les activités de son institution. Mais il est curieux de constater que pendant ce temps, il en trouve pour des mondanités somptuaires et sans lendemain, qui se perdent dans les festins d’un soir. Et toujours cette même question : en quoi cette « Nuit des Oscars » développe-t-elle la pratique sportive au Bénin ? Au contraire, elle empêche le Fonds de se consacrer à des activités plus raisonnables.

Car, cette année 2011, le Fonds n’a mené qu’une activité phare, le soutien aux associations et fédérations sportives. Cette activité menée à la mi-juillet, se situe au cœur même des attributions d’un fonds du genre. Elle a mobilisé 32 millions de FCFA au profit des associations et fédérations sportives et même des municipalités. Mais pour la seule « Nuit des Oscars » qui est pour le moins inopportune, il est prévu une bagatelle de 28 millions de FCFA (contre 22 millions l’année dernière). Pourquoi cet acharnement à investir dans le futile et le superfétatoire alors que les vrais chantiers attendent? Il faut reconnaître que le Fonds lui-même sort d’une longue nuit.

Créé depuis une vingtaine d’années pour précisément développer la pratique du sport dans notre pays, il est resté plongé dans un anonymat relatif. Les gouvernements successifs ne lui ont accordé qu’une attention marginale, de sorte que la pratique sportive se fait aujourd’hui dans les communes avec des infrastructures délabrées et des équipements dérisoires. Seuls quelques rares mécènes supportent avec les municipalités le poids du financement du sport dans nos localités.

Voilà pourquoi le Fonds a été créé pour apporter un appui financier visible et tangible à tous ces jeunes pour réhabiliter les stades, fournir des équipements et, si possible, offrir un accompagnement pour les projets sportifs qui le méritent et qui améliorent ou renforcent le capital déjà existant dans nos localités. Il s’agit de faire en sorte que le sport ne soit plus une activité marginale dans le Bénin profond comme dans nos quartiers de ville.

Pourquoi ne pas mener des activités qui incitent, même en ville, à une pratique sportive (le sport d’entretien par exemple) susceptible d’être institutionnalisée ? Pourquoi ne pas créer les conditions de l’éclosion d’initiatives privées décentralisées donnant un caractère national plus affirmé au Fonds au lieu de l’enfoncer dans des mondanités coûteuses et sans lendemain ?

Tout le monde admet en effet que nos villes manquent d’infrastructures et d’équipements sportifs. Et il est plus qu’urgent d’y remédier, par la mise en place d’une politique conséquente dont le FNDS pourrait devenir le bras financier. Mais la conception festive des responsables de l’institution incite à peu d’enthousiasme pour l’avenir. A moins que la grand-messe de vendredi accouche d’un rendez-vous plus pertinent pour le sport national.

Olivier ALLOCHEME

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