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Le triomphe de la vérité

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EDIORIAL:L’art de vaincre sans avoir raison


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Le gouvernement sort généralement affaibli de toute fronde sociale. Il finit toujours par courber l’échine devant les travailleurs qui entrent en grève pour les motifs les plus divers, des plus justes aux plus farfelus. Résultat, les motifs à la base de ces mouvements commencent à prendre l’allure d’une surenchère ouvrière qui dicte systématiquement sa loi à l’Etat.

Les enseignants reversés dans la fonction publique nous en ont donné une preuve la semaine dernière avec leurs revendications qui ont débouché sur une marche jeudi passé. Ils ne veulent ni plus ni moins qu’un contournement des textes organisant la formation des enseignants au Bénin. Revendiquant d’être formés en deux ans au CAPES avec une licence, ils savent tous que les textes réglementaires ne leur permettent que d’avoir droit au BAPES.

Après quoi, les textes de l’Ecole Normale Supérieure donnent trois ans de pratique de terrain à tout professeur adjoint disposant de ce parchemin, d’être formé au CAPES. Cette pratique existe du reste au primaire où les titulaires du CEAP ne peuvent revendiquer le CAP qu’après trois années de pratique pédagogique régulière. Tels sont les textes et tels sont les usages. Mais la fronde qui agite cette catégorie d’enseignants tend à les remettre en cause radicalement, non pas pour la qualité de la formation octroyée, mais pour les diplômes ainsi offerts à la pelle à des gens qui n’y ont pas droit.

 Au demeurant, il eût été indiqué de réclamer valablement l’abrogation de ces textes pour de nouveaux, en vue, non pas d’octroyer de simples diplômes somme toute dénués de qualité, mais d’améliorer la formation des enseignants pour de meilleurs rendements dans les classes, surtout dans le cadre des réformes visant à juguler la problématique du niveau toujours inquiétant des apprenants aujourd’hui. Ces réformes salutaires auraient peut-être servi à répondre favorablement aux revendications des enseignants et même des parents.

 Dans l’état actuel des choses, l’impression générale que dégagent ces enseignants, c’est qu’ils protestent contre les normes. Curieusement, ils sont dans des écoles normales, c’est-à-dire que leur rôle premier est d’enseigner les normes aux générations d’aujourd’hui et de demain.

Dans la réalité, ils auront raison. Malgré la résistance du gouvernement qui a préféré envoyer des administratifs au front pour expliquer sa position aux enseignants, il est fort à craindre qu’ils n’obtiennent gain de cause un jour. Cette stratégie montre bien que les ministres ne veulent pas se mouiller. Et pour ne jamais s’exposer au désaveu toujours probable du Chef de l’Etat, ils finiront par faire le intervenir. Tout à ses calculs politiques et à ses fibres affectives toujours en alerte, Boni Yayi finira par lâcher prise.

Ils auront aussi raison parce que de mémoire d’homme, Boni Yayi n’a jamais pu résister à une fronde sociale organisée. Dernière en date, celle de la Douane. Aussi fondée que puisse paraître la grève des douaniers, elle a débouché sur un résultat pour le moins curieux : les excuses publiques du gouvernement. Les ministres de la république ont donc demandé des excuses publiques pour tout ce que les douaniers ont subi ces temps derniers, du fait d’une pseudo campagne de dénigrement lancée contre eux par le Chef de l’Etat.

 Boni Yayi a été accusé d’incitation à la vindicte populaire contre les douaniers pour avoir osé (oui osé) quelques commentaires sur les chiffres des importations dans sa tentative d’explication de l’utilité du PVI. Finalement, le ministre des finances n’aura bientôt plus qu’à trembler devant ses collaborateurs qui ont exigé et obtenu excuses, pardon, repentir et promesse de ne plus recommencer.

La question véritable est de savoir ce qui fait cette faille de l’Etat qui faiblit toujours devant toutes les revendications des syndicalistes de la fonction publique. Ils peuvent obtenir tout, parfois même au détriment des autres catégories de citoyens. Parfois même en dépit du simple bon sens. Parfois même en dépit de toute éthique républicaine.

Ce qui pourrait en sauver l’Etat, c’est le projet de loi sur le droit de grève qui tend à réglementer plus strictement l’exercice de ce droit par les travailleurs. Mais ceux-ci ont déjà annoncé leur intention de la violer dès sa promulgation. Pour défier la loi et remettre en cause l’adage qui veut que force doit rester à la loi. Force doit rester aux syndicats.

Olivier ALLOCHEME

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One thought on “EDIORIAL:L’art de vaincre sans avoir raison

  1. comlan

    le problème n’est pas les syndicats ou les douaniers , mais YAYI Boni qui n’a jamais eu l’étoffe d’un chef d’Etat
    il a avilit la fonction et crée chaque toutes les conditions d’une explosion sociale
    dites moi , une seule réforme qu’il a annoncé en 6 ans et qui a été conduit à terme
    YAYI tue le bénin et les béninois par le culte de la nullité
    il s’entoure des plus nuls de la République qui sont capables de présenter des excuses à des fonctionnaires de la république, c’est inadmissible
    les conséquences des 2 mandats de yayi seront catastrophiques pour les béninois, p

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