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Le triomphe de la vérité

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Laboratoire de Génétique et des Biotechnologies (LGB/UAC) de l’Université d’Abomey-Calavi:Les engagements de Boni Yayi foulés au pied


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Les doctorants entourant le Directeur du laboratoire Professeur Clément Agbangla (en lunettes au milieu) et le Professeur Corneille Ahanhanzo (à l’extrême droite) le directeur adjoint

C’est en janvier 2007 que le Chef de l’Etat béninois a personnellement instruit ses ministres et collaborateurs en vue d’étendre et d’ajouter un complément d’équipement au laboratoire de Génétique et des Biotechnologies de l’université d’Abomey-Calavi. Depuis quatre ans et demi, plus rien n’a bougé.

Et pourtant, en visite dans ce laboratoire de référence suite à une tournée sur le campus d’Abomey-Calavi le 24 janvier 2007, le docteur Boni Yayi avait été émerveillé par les travaux de recherche réalisés par les chercheurs dudit laboratoire et avait demandé sur-le-champ son extension pour parer à l’exiguïté des locaux. Le Chef de l’Etat béninois venait alors de boucler une tournée asiatique au cours de laquelle il a découvert les grandes réalisations de l’Université d’agriculture de Hanoï au Vietnam.

A cette étape importante de sa tournée effectuée au Vietnam du 11 au 12 novembre 2006 à l’invitation du Président vietnamien NGUYEN Minh Triet, il s’était rendu compte de l’utilisation efficace des biotechnologies dans l’intensification de la production agricole qui a pris dans ce pays une ampleur inouïe. Personne ne pouvait imaginer qu’au Bénin existait déjà un centre de référence servant aux mêmes applications.

C’est donc avec une grande surprise qu’il découvre en janvier 2007, c’est-à-dire moins de trois mois après sa tournée asiatique, qu’une équipe de spécialistes de haut niveau, reconnus aussi bien dans la sous-région qu’ailleurs en Afrique, faisait déjà la même chose, mais avec des moyens très limités. Boni Yayi décide alors de donner un coup de pouce au laboratoire de Génétique et des Biotechnologies de l’université d’Abomey-Calavi pour redorer le blason de la production agricole.

Une institution de référence

Créé en 2000 par les professeurs Daïnou Ogoubi et AGBANGLA Clément, le laboratoire dépend de la Faculté des Sciences techniques de l’université d’Abomey-Calavi. Il compte aujourd’hui trois unités : l’unité des ressources phytogénétiques et de transfert de technologies dirigée par le professeur DANSI Alexandre, l’unité de caractérisation moléculaire génétique moléculaire du vivant dirigée par le professeur Clément Agbangla, directeur du laboratoire.

Il y a enfin l’unité de biotechnologie végétale dirigée par le professeur Corneille Ahanhanzo-Glèlè. Depuis une décennie, il s’investit dans la caractérisation génétique et la production des vitro-plants des différentes espèces végétales alimentaires. Il s’agit de pourvoir aux producteurs des semences saines en quantité suffisante dans le souci de promouvoir l’agriculture béninoise et pour la résolution des problèmes liés à la sécurité alimentaire des populations béninoises à travers la production de semences de qualité.

Au milieu des tubes à essai contenant des vitro-plants en culture, le professeur Corneille Ahanhanzo-Glèlè, Maître de conférences en Biotechnologie végétale et Amélioration génétique des plantes, Directeur Adjoint du Laboratoire, nous explique : « Une seule plantule d’igname peut servir à produire 60 000 plants de semences modernes. La culture se fait ici avec des techniques très bien maîtrisées. »

Microchirurgie végétale, culture, caractérisation génétique moléculaire, toutes les techniques sont en effet présentes dans ce laboratoire pour une bonne production semencière. Une dizaine d’étudiants s’affairent autour des centrifugeuses, thermocycleurs hottes à flux laminaire, spectrophotomètres et autres appareils aux multiples applications. Ce sont des Béninois, des Gabonais, des Tchadiens et des Burkinabè qui suivent ici une formation en master et en doctorat.

C’est que le laboratoire a acquis une notoriété panafricaine en raison notamment de ses résultats scientifiques mais surtout de la qualité de son équipe dirigeante reconnue dans l’espace panafricain pour sa valeur. L’Union Européenne, dans le cadre du don « Facilités alimentaires » consciente de sa grande valeur lui a octroyé en 2010 par le FIDA et le PADER un financement pour renouveler et compléter quelque peu son équipement. 2010 marque également l’année à laquelle l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’ouest (UEMOA) l’a reconnu comme laboratoire de référence en matière de biosécurité.

Quatre ans après…

Voilà donc quatre ans et demi que le chef de l’Etat a donné des instructions pour étendre ce joyau. Quelques mois plus tard, il enjoint aux ministres de l’enseignement supérieur et de l’agriculture d’organiser une mission du directeur du laboratoire et de son adjoint afin qu’ils aillent au Vietnam pour s’inspirer de l’expérience de l’université d’agriculture d’Hanoï que lui-même a pu voir. Du 18 juin au 1er juillet 2007, ils sont donc présents dans la grande institution vietnamienne.Conformément aux instructions du Chef de l’Etat, ils signent avec la partie vietnamienne un accord de coopération et d’échanges entre les deux universités.

Ils en font un rapport détaillé suivi de recommandations. En sa séance du jeudi 06 décembre 2007, le conseil des ministres réuni sous la présidence effective du chef de l’Etat planche sur le dossier. Les ministres du gouvernement accordent un crédit total de deux cent quarante neuf millions huit cent douze mille quatre cents (249.812.400) francs CFA à la concrétisation du projet. Ainsi, cent millions sont affectés pour le complément en équipement du laboratoire dont l’extension est prévue pour coûter cent quarante neuf millions huit cent douze mille quatre cents (149.812.400) francs CFA.

 Enfin, il a été dégagé une somme annuelle de trente millions (30.000.000) de francs FCFA dont vingt millions (20.000.000) de francs CFA ont été prévus par les ministres pour l’achat des produits chimiques et petits matériels et dix millions (10.000.000) de francs CFA pour les frais de fonctionnement et l’entretien des matériels, renouvelables tous les trois ans. Mais les responsables du laboratoire confirment que depuis lors ni les frais d’extension ni les frais d’achat de complément d’équipement n’ont jamais été débloqués.

En fait, c’est seulement l’année dernière que les frais de fonctionnement qui forment la plus petite portion du crédit gouvernemental, ont été mis à la disposition de l’institution. Le Chef de l’Etat en est-il informé ? Ce n’est pas sûr. «Il faut au moins faire aboutir ce sur quoi tout un conseil des ministres a pris position », laisse entendre le vice-recteur chargé de la recherche universitaire à l’université d’Abomey-Calavi, le Professeur Brice Sinsin.

Il a de la peine à comprendre les lourdeurs administratives qui empêchent la mise en œuvre du projet depuis près de cinq ans. « Les accords de partenariat signés à Hanoï ont été même perdus dans les circuits administratifs », s’emporte un autre professeur de la Faculté des sciences agronomiques (FSA) qui met l’accent sur les avantages que le Bénin pourra tirer de la mise en œuvre intégrale du projet d’extension.

Sans savoir si le Chef de l’Etat béninois peut encore se rappeler un laboratoire dans lequel il avait fondé beaucoup d’espoir dès le début de son premier quinquennat.

Olivier ALLOCHEME

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