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Le triomphe de la vérité

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Bilan des 100 jours du ministre Benoît dègla: «Notre ambition est de faire, du Bénin un havre de paix, de stabilité politique interne et frontalière»


Benoît Assouan Dègla: «L’assistance aux populations sinistrées ainsi que l’organisation des secours en cas de survenue des risques et catastrophes constituent une préoccupation majeure du Gouvernement.»

« Cent jours, c’est peu pour faire un bilan, surtout dans le domaine de la sécurité. Mais cent jours suffisent pour poser les bases essentielles des actions à mener. C’est ce que nous avons fait en tenant compte de l’environnement global de refondation de l’Etat. Notre ambition est de faire, du Bénin un havre de paix, de stabilité politique interne et frontalière, de sécurité des biens et des personnes, et de démocratie où l’ordre public et la loi sont respectés. Avec nos collaborateurs à différents niveaux, nous avons entamé des actions concrètes sur le terrain afin d’atteindre cet objectif. » a laissé entendre le ministre Benoit Dèglà au cours d’un entretien sur ses cent jours à la tête du ministère de l’intérieur.

L’Evénement Précis: Quels sont monsieur le ministre vos champs d’action quand on parle de la sécurité des Béninois ?

Benoît Assouan Dègla: Le Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes dont nous avons la charge est un département régalien par excellence. Certains parlent même de ministère de souveraineté. Ses compétences couvrent essentiellement quatre domaines à savoir :

– La sécurité des personnes et des biens y compris les investissements dont le Bénin a besoin pour son développement ;

– La gestion des affaires intérieures comme les cultes, les partis politiques, les débits de boisson, l’état civil, la transhumance, les associations y compris les syndicats, les journaux…

– La gestion des espaces frontaliers avec une nouvelle vision prônée par le Chef de l’Etat. Ce qui nous a fait passer de la délimitation des frontières à la gestion intégrée des espaces frontaliers ;

– La prévention et la protection civile qui se résument à un ensemble de secours civils aux populations victimes de sinistre ou de catastrophe.

 Dites-nous sommairement les grandes actions dans le domaine de la sécurité des personnes et des biens.

Avant de parler de la sécurité, permettez-moi de résumer les actions menées dans le management général du ministère. Nous avons compris qu’il faut que les agents du ministère adoptent le bon comportement avant de pouvoir conduire les reformes, car ce deuxième quinquennat du Chef de l’Etat est celui des grandes réformes.

Nous avons donc insisté, avec nos collaborateurs sur les exigences de ponctualité et de gestion axée sur les résultats. Ainsi, le travail et les réunions commencent à l’heure indiquée et tous les agents du ministère doivent donner le meilleur d’eux-mêmes. Toutes les directions se sont dotées d’un plan d’action qui fera l’objet d’évaluation périodique.

Nous avons mis l’accent sur la bonne gestion des ressources humaine, matérielle et financière dans le ministère. Nous avons donné un coup de neuf au bâtiment du ministère qui était réputé pour son insalubrité. Aujourd’hui, nous pouvons dire que le personnel a compris le message et travaille efficacement à atteindre les objectifs assignés au ministère.

Pour en revenir à la sécurité, je voudrais dire que 100 jours, c’est peu pour relever les défis de ce secteur. D’ailleurs, la sécurité est une quête permanente et un défi à relever. Il ne faut donc pas dormir sur ses lauriers. Néanmoins, nous avons posé les bases essentielles et avec l’aide du Chef de l’Etat qui est très préoccupé par la sécurité de ses compatriotes, nous avons mené des actions concrètes sur le terrain :

– Le renforcement de la stratégie de lutte contre l’insécurité. Veiller à l’application stricte des dispositifs de sécurisation de nos villes et campagnes de sorte que les braquages soient déjoués ou alors réprimés le cas échéant. Ainsi, les malfrats qui opèrent n’auront aucune chance de repli. Nous avons à plusieurs reprises, inspecté ce dispositif et pour le moment, il fonctionne bien. Dans cette vision, il est aussi important de dynamiser les commissariats spéciaux de police qui sont à nos frontières.

 Pour sécuriser un pays, il faudrait pouvoir contrôler les arrivées et les sorties car, les délinquants eux-aussi, essaient de profiter de la libre circulation des personnes et des biens pour venir commettre leur forfait et repartir. Nous avons donc entrepris de renforcer les postes frontaliers et de les renforcer en ressources humaines et matérielles. Ce travail est en cours.

– La lutte contre les tracasseries sur nos axes routiers. Les usagers de nos routes se plaignent des tracasseries et il fallait apporter les solutions les plus adéquates. C’est le sens qu’il faut donner aux directives qui ont été rendues le 20 juin 2011. Elles réglementent les contrôles routiers et définissent les obligations à la charge des forces de sécurité publique et des usagers de nos routes. L’application stricte de ces mesures rend déjà nos axes routiers plus sûrs et plus attractifs pour les usagers des pays de l’hinterland et ceux du corridor Lagos Abidjan.

 Pour montrer que ces directives sont l’expression d’une réelle volonté politique, des sanctions sont quotidiennement prises contre les contrevenants et nous invitons les transporteurs et les usagers de nos routes à se conformer au code de la route. Dans tous les cas, nous attachons un grand prix au respect de ces directives.

– La formation du personnel existant, aussi bien à l’intérieur du pays qu’à l’étranger. Le policier béninois doit être une référence professionnelle et éthique dans la sous-région et pourquoi pas dans le monde entier. Pour cela, il faut des formations professionnelles. Ce que le Gouvernement s’emploie à offrir à nos agents de police.

Il y a également le renforcement du personnel à travers les recrutements massifs et sans précédents que le Chef de l’Etat a lancé. Le samedi dernier, nous avons procédé au lancement du recrutement de 1000 nouveaux agents de police au titre de l’année 2009. Ce qui permettra de relever les ratios police/population et améliorer la couverture sécuritaire de notre pays.

– Inauguration du centre de documentation de la sécurité publique. Ce centre, né de la coopération bénino-française est une première en Afrique pour la lutte intelligente contre la criminalité. Policiers, gendarmes et douaniers, main dans la main pour centraliser les données et lutter efficacement contre la délinquance sous toutes ses formes. C’est l’expérience pilote que mène le Bénin avec l’appui de la coopération française. Ce centre a été inauguré et nous suivons de près ses activités.

– La construction et la réhabilitation de commissariats et bases des unités de la Police nationale. Nous avons inauguré les locaux abritant le commissariat frontalier de Hounsahoué dans la commune d’Aplahoué et lancé les travaux du poste de police de la localité frontalière de Djidja. Des travaux de réhabilitation sont également en cours pour améliorer les conditions de travail de nos forces de sécurité publique.

– La mise en service de l’Unité Mixte de Contrôle des Containers au port autonome de Cotonou afin de lutter contre la drogue et le commerce des produits prohibés.

– La lutte contre la drogue à travers la multiplication des arrestations des trafiquants et la destruction des drogues saisies sous la supervision des autorités de la justice.

– A tout cela, il faut ajouter, la création de commissariats, l’amélioration du dispositif sécuritaire, la promotion d’une police de proximité et l’intensification de la collaboration entre les forces de sécurité publique et les populations.

Comme 2006-2011 a été une période de grands progrès pour l’ensemble des forces de sécurité publique et la police nationale en particulier, le Gouvernement maintiendra le cap des appuis au secteur de la sécurité publique. Et toutes ces actions s’inscrivent dans la droite ligne de la vision sécuritaire indiquée par le Chef de l’Etat et qui est clairement exprimée dans la politique nationale de sécurité de notre pays.

 Il s’agit de renforcer les capacités opérationnelles des forces de sécurité publique afin de garantir un niveau de sécurité optimum pour les personnes, les biens et les investissements. Nous sommes en train de travailler sur la prévention car, c’est bien d’élucider les actes de criminalité, mais c’est encore mieux de les prévenir. Nous y travaillons et avec l’aide de Dieu et la collaboration de nos concitoyens, les fruits commencent par tenir la promesse des fleurs.

 Cette année, nous sommes tous unanimes pour reconnaitre que le braquage a sensiblement diminué dans le pays et au même moment les prouesses des forces de sécurité publique ont augmenté. Pour la première fois, le ministre de l’intérieur a échappé au braquage de baptême. Il n’y a pas eu de braquage à ma prise de fonction ni durant les cinquante premiers jours.

 Quand on parle de la gestion de nos frontières, que pourrez-vous dire ?

Dans le domaine de la gestion de nos frontières, comme je le disais tantôt, nous avons introduit une dimension qui me semble pertinente. C’est la gestion intégrée des zones frontalières pour en faire des espaces viables et attractifs pour nos compatriotes qui y vivent. Cette nouvelle politique permet également de marquer la présence de l’Etat dans ces zones frontalières afin de limiter les conflits avec nos voisins. Cette politique donne des résultats satisfaisants :

– L’acquisition et la mise à disposition de vingt-cinq (25) motos SANILI TSA-125 au profit des forces de sécurité et de défense des départements de l’Ouémé/Plateau et du Mono/Couffo ;

– Les chantiers en cours font l’objet d’un suivi rigoureux :

• la construction d’un commissariat frontalier de Police, de poste avancé de Police, de module de trois salles de classes + bureau et magasin à Kabo et à Kassouala dans la commune de Tchaourou et à Madécali ;

• la construction de dix (10) hangars de type C et d’un module de latrines + douches dans les marchés d’Athiémè et d’Atomè ;

• la construction d’un commissariat frontalier de Police à Igolo et de deux postes avancés de Police à Baodjo et à Iwoyé ;

• la construction d’un poste avancé de sécurité à Tchètti (Savalou);

• la construction d’un poste avancé de sécurité à Boukoumbé ;

• la réfection du commissariat spécial de Porga ;

• la construction d’un poste avancé de sécurité à Porga.

– La poursuite des travaux entrant dans le cadre de la gestion du différend frontalier Bénin-Burkina devant la Cour Internationale de Justice. A cet effet, nous poursuivons les recherches documentaires dans les centres d’archives du Bénin et d’ailleurs, préparons le projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement des organes de gestion du différend frontalier Bénin/Burkina-Faso devant la Cour Internationale de Justice ;

– La poursuite de l’élaboration du projet d’appui à l’extension du plateau continental au-delà des 200 milles marins à travers le formulaire de demande de Fonds d’affectation spéciale des Nations Unies devant aider les États en développement, à préparer les dossiers destinés à la Commission des Limites du Plateau Continental conformément à l’article 76 de la Convention des Nations Unies sur le Droit de la mer ;

– la validation du Programme National de Gestion Intégrée des Espaces Frontaliers (PNGIEF) et l’opérationnalisation des recommandations du premier forum sur la gestion intégrée des frontières internationales du Bénin ;

– les travaux envisagés :

• la construction et l’équipement de modules de trois (03) salles de classe + bureau et magasin dans les localités de Kprèkètè (Bassila), de Dani, et de Moka (Savè) ;

• la construction et l’équipement d’un (01) module de quatre (04) salles de classe au CEG de Lonkly, d’Ayiguinnou, d’Akonana, d’Agouna (Djidja) et de Savalou ;

• la construction d’un commissariat frontalier de Police à Kprèkètè et d’un poste avancé de Police à Agouna;

• la construction d’un commissariat frontalier de Police à Doumè et à Moka.

 Qu’en est-il réellement du secteur des affaires intérieures?

– Dans le domaine de l’état civil, il y a lieu de citer prioritairement la préparation du forum national sur la réforme de l’état civil, un grand rendez-vous pour identifier les actions à mener afin de doter le pays d’un état civil fiable et moderne. Cette rencontre est projetée pour Novembre 2011, la finalisation des documents y afférents est en cours.

– En ce qui concerne la Transhumance Nationale et Transfrontalière, nous avons élaboré des Cartes nationales et départementales de transhumance. Ces documents établissent le couloir de circulation des animaux et les zones de culture de sorte qu’en respectant ces cartes, on devrait éviter l’affrontement entre éleveurs et agriculteurs qui occasionnent régulièrement des pertes en vies humaines. Nous voulons faire de la transhumance, une activité économiquement rentable et socialement pacifique.

Le jeudi 11 Août 2011, une séance de travail a eu lieu à la Direction Générale des Affaires Intérieures en vue de préparer les séances de présentation et de validation des projets de Cartes nationale et départementales de transhumance. Cette séance tenue avec les agents du Centre National de Télédétection qui a élaboré lesdites cartes sera suivie d’une autre à laquelle prendront part les membres du Comité National en charge de la gestion de la transhumance.

– Dans le domaine de la Vie Associative et Politique, des efforts sont faits pour améliorer la qualité des services aux populations. Ainsi, cinquante-six (56) dossiers d’Association toutes catégories confondues ont été étudiés dont vingt-deux(22) finalisés et en cours de signature et neuf (09) transmis à la Direction Générale de la Police Nationale (DGPN) pour les enquêtes de moralité. S’agissant des Partis Politiques, deux récépissés ont été établis et soumis à signature.

– Quant aux autres activités, retenons que :

• sept (7) dossiers de déclaration de journaux ont été étudiés et finalisés au cours de la même période ;

• l’organisation du Pèlerinage Marial de Dassa-Zoumè édition 2011 a connu une forte implication du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique et des Cultes.

A travers la CONAMO, le ministère a également pris une part très active dans l’organisation et la réussite des festivités du 1er août à Natitingou.

 Monsieur le ministre, et si on abordait à présent le secteur de la prévention et de la protection civile avec les inondations qui sont considérées comme préoccupations majeures…

L’assistance aux populations sinistrées ainsi que l’organisation des secours en cas de survenance des risques et catastrophes constituent une préoccupation majeure du Gouvernement. En conséquence, plusieurs actions ont été menées :

Au titre des activités relatives à la Prévention des catastrophes.

– la préparation et la mise en place à Cotonou, de la Plate-forme Nationale pour la réduction des risques de catastrophe, les 23 et 24 août 2011, de concert avec la CEDEAO et le Système des Nations Unies. L’objectif est d’améliorer la synergie entre les acteurs afin d’accroitre l’efficacité de l’aide aux sinistrés ;

– la préparation et de l’organisation au Bénin, de concert avec la CEDEAO et le PNUD, de la 3ème concertation régionale annuelle sur la réduction des risques d’inondation en Afrique de l’Ouest, du 1er au 03 juin 2011 ;

– la préparation des mesures de prévention des inondations, par la visite des sites de réalisation de tranchées et de bassins de retenue d’eau, dans les Communes d’Abomey-calavi, de Sèmè-Podji et de Porto-Novo, de concert avec la Société AGAO et Fils Sarl ;

– la publication le 19 août 2011, de la brochure relative à la protection civile, intitulée : Recueil de quelques thèmes développés par le Directeur de la Prévention et de la Protection Civile, relatifs à la Politique de réduction des risques de catastrophe au Bénin ;

La gestion des sinistres avant ou après votre arrivé

Ces activités se résument essentiellement :

– à la réception, le 05 juillet 2011, de l’assistance financière émanant du Gouvernement indien, du personnel de la Représentation permanente du Bénin aux Nations Unies aux USA et du personnel de l’Ambassade du Bénin à Ottawa, dont les montants s’élèvent respectivement à la somme de 237.975.274 francs Cfa, 1000 dollars US et 510 euros ;

– à la réception, le 12 juillet 2011, de 1.200 tentes offertes par le Japon au Bénin ;

– au pré-positionnement des tentes, des vivres et autres articles de 1er secours, au niveau de tous les Préfets de Départements au cours du mois de juillet 2011;

– à l’approvisionnement de la DPPC en 580 sacs de 25 kg de riz ;

– au suivi des travaux de génie réalisés par la Société AGAO et Fils, dans le cadre de la réduction des risques d’inondation à Calavi, Sèmè-Podji et Porto-Novo.

Je voudrais dire que le Comité de crise mis en place par le Gouvernement travaille activement à mieux gérer les inondations de 2011 au cas où elles surviendraient. Le dispositif est en place et, tirant leçon de l’expérience de 2010, nous sommes condamnés à mieux faire.

 Par rapport aux activités relatives à la protection des réfugiés où en êtes-vous ?

Il s’agit de l’ensemble des actions entrant dans le cadre de la détermination du statut de réfugiés, menées de concert avec la Représentation Locale du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, à savoir :

– l’accueil des demandeurs d’asile et leur enregistrement ;

– l’examen de leurs dossiers par les comités d’éligibilité et de recours qui sont des émanations de la Commission Nationale chargée des Réfugiés ;

– l’établissement et la délivrance à leur profit, des cartes de réfugiés et de tous autres actes administratifs.

A ce jour, le Bénin compte environs 7.500 réfugiés sur son territoire, dont 5.000 togolais et 700 ivoiriens.

Qu’en dites-vous de la coopération technique sécuritaire au Bénin

Dans un pays aux ressources limitées, mais qui jouit d’une grande crédibilité au plan international, nous devons actionner la diplomatie sécuritaire pour que les partenaires viennent en appui aux efforts du Gouvernement. C’est dans ce cadre que nous avons initié des séances de travail avec les missions de coopérations accréditées au Bénin.

 Un mot pour mettre un terme à cet entretient

On peut dire, sans risque de se tromper que le bilan dans le domaine de la sécurité et des affaires intérieures est globalement satisfaisant. Beaucoup d’activités ont été menées. Ce qui a permis d’avoir les résultats que nous apprécions tous aujourd’hui. Seulement, la sécurité est une quête permanente et interpelle tout le monde.

A savoir l’Etat, les forces de sécurité publique, les élus locaux, les populations à travers ses différentes couches, chacun de nous a une partition à jouer. C’est ensemble que nous hisserons notre pays au rang des pays les plus sûrs du monde. C’est une ambition légitime et réalisable surtout pour un pays de transit et de service.

Je vous remercie

 Entretien réalisé par la Rédaction

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