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Le triomphe de la vérité

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Vote de la loi portant lutte contre la corruption et autres crimes assimilés:Antoine Kolawolé Idji dénonce une expédition de la loi


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Après le vote de la loi contre la corruption et autres crimes assimilés par la représentation nationale, les réactions des citoyens béninois en particulier ceux de la ville de Porto-Novo, ne se sont pas faites attendre. Tout autant qu’ils sont, ils se réjouissent du vote de cette loi, même si pour eux beaucoup de choses restent à faire pour que sa mise en application soit effective.

Antoine Kolawolé Idji, président du groupe parlementaire Union fait la Nation (opposition parlementaire)

« Je voudrais dire toutes mes félicitations à la présidente de la Commission des lois, non seulement pour l’effort qu’elle a fourni depuis le matin, mais aussi pour la manière dont elle a conduit les travaux au sein de la Commission. J’ai suivi ces travaux avec acharnement parce qu’il s’agit d’un texte important pour la République. Et je voudrais ici souligner son dévouement et son engagement.

Je voudrais aussi dire bravo aux deux braves dames que vous avez assez gravement punies, les deux dames membres du gouvernement qui sont restées avec nous jusqu’à pareil moment. Je ne prends pas la parole pour m’exposer devant les caméras. Vous avez vu que je n’ai pas pris part au vote. Ce n’est pas habituel. Vous avez aussi vu que dans ma rangée, la plupart de mes camarades sont partis. Nous avons à faire ici à un texte d’une grande importance parce que la corruption est une véritable gangrène dans notre pays.

Je n’ai pas compris que vous nous ayez imposé, mais une séance de débat, non pas une séance de lecture. A ce niveau là, il faut féliciter le 1er rapporteur de la Commission des lois qui a fait un travail mécanique admirable. Mais un texte de cette importance méritait que la représentation nationale en débatte. Ce n’est pas un texte qu’on adopte furtivement à 5 heures du matin (…) Le Bénin n’est pas un pays en guerre. Qu’est ce qui fait que la proposition du collègue Epiphane Quenum ne pouvait pas être acceptée et que nous revenions ici en une session extraordinaire d’une journée ?

 Tout ceci me fait redouter que nous ayons adopté un texte de plus. Et quand je vois la manière dont les membres de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption seront désignés par l’Exécutif, j’ai peur parce que je veux qu’on combatte effectivement la corruption et la corruption ne peut être combattue que par ceux qui en sont les victimes. Les victimes, ce sont les décideurs. Le député lambda peut être corrompu à son niveau.

Le policier qui est corrompu pour 200 francs, c’est mauvais, il faut le réprimer. Mais la véritable corruption, celle qui tue les paysans, celle qui tue les instituteurs, celle-là se trouve au sommet. Est-ce que nous voulons vraiment combattre cette corruption-là ? Ce que nous avons fait ne me laisse pas présager d’un futur radieux. Mais c’est au pied du mur qu’on connaît le maçon.

Nous avons un texte maintenant. Ce n’est pas les juges seuls que nous allons regarder. Nous allons aussi regarder l’Exécutif, notre gouvernement. On a dit que c’était avec une louche. Non ! C’était peut-être avec une pelle électrique. Nous resterons vigilants… «

Propos recueillis par Hugues E. PATINVOH

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