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Le triomphe de la vérité

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Rufin Zomahoun invité de « Sous l’arbre à palabres »:« Un bon politicien doit se sacrifier pour le développement de son pays »


48ème invité de la Rubrique atypique « Sous l’Arbre à Palabres » du journal L’Evénement précis, Dr Zomahoun Rufin, premier sinologue de l’Afrique noire au Sud du Sahara, Ancien Conseiller Spécial du Chef de l’Etat aux affaires économiques en Asie et Océanie, s’est soumis à un exercice d’entretien particulièrement rude. Face aux journalistes de la rédaction, à bâton rompu durant environs deux heures d’horloge, le Président de l’Ong IFE était un peu comme à la barre. Il doit se défendre face aux dossiers comme son entrée en politique et la reconnaissance de son Ong comme d’utilité publique, son choix de soutenir le candidat Boni Yayi à la dernière présidentielle ; justifier son rôle en tant que Conseiller spécial du Chef de l’Etat, etc. Mais cet entretien révèle aussi l’homme Zomahoun Rufin dans son parcours de vie où misère âpre, endurance, prospérité et bonheur s’enchevêtrent. Ses goûts et ses préférences, sa perception de la femme et du bonheur n’auront plus de secret à la fin de la lecture de ces échanges.

Et si on en parlait

«Nous avons organisé un téléthon où les béninois même les plus pauvres ont participé»

Rufin Zomahoun, homme humanitaire ou politique ?

Je fais aujourd’hui l’effort pour pouvoir être utile à la société. J’ambitionne être du « sel » car vous savez qu’une sauce sans sel n’a jamais un bon goût. J’essaie avec ma foi en Dieu, aux mânes de mes ancêtres pour vivre ainsi. Et vous ne pouvez pas avoir ce rêve sans faire la politique. Ce n’est d’ailleurs pas possible.

La politique est pour moi, l’art de s’intéresser aux affaires de la société dans laquelle on vit. Je me rappelle encore l’audience que le Général Mathieu Kérékou m’avait accordée en 2004 quand il était encore au pouvoir. Au cours de cette audience, le général devrait procéder à ma nomination en tant que conseiller spécial. A cet effet, je lui disais, ‘’ô mon Général, je ne veux pas faire la politique’’. Et le Général, aussi intelligent et professeur qu’il était, a dit : ‘’ mais qu’est-ce-que vous appelez politicien, je dis que j’ai besoin de vos compétences pour le développement de la Nation et vous me dites que vous n’aimez pas la politique, qu’entendez-vous par la politique ?’’.

Depuis ce jour-là je me suis rendu compte du sens profond que le Général mettait dans ses discours quand il dit qu’il y a ‘’certains intellectuels qui sont des intellectuels tarés’’. J’ai compris qu’on est bardé de diplômes sans intelligence. En termes plus clairs, je disais au Général que je ne rêve pas créer un parti politique pour détenir le pouvoir jusqu’à devenir le Président de la République du Bénin. Je n’ai pas ce rêve de devenir ministre ou député. C’est ce que je voulais dire.

 En plus, le constat est que bon nombre d’hommes politiques sont des politiciens verbeux, qui ne donnent pas de bon exemple à la classe juvénile. La plupart font une politique destructive et non constructive. En réalité, les vrais politiciens apportent leur contribution quotidiennement de façon concrète au développement de son pays.

En Afrique et plus particulièrement au Bénin, tout politicien doit pouvoir donner de bon exemple à travers sa capacité de gérer une bonne ferme agricole de 100 hectares au moins, il doit pouvoir démontrer son amour à la patrie en construisant des écoles primaires au nord, au sud, à l’est et à l’Ouest de son pays. Tout politicien béninois doit pouvoir donner de l’eau potable aux populations villageoises qui parcourent encore des kilomètres avant d’aller puiser de l’eau dans les marigots.

Tous les Présidents des différents partis politiques du Bénin doivent d’abord démontrer leur capacité de pourvoir, les différentes localités de notre pays, de dispensaires au moins, avec leurs propres moyens personnels. C’est à ce prix que vous pouvez être digne d’être appelé politicien patriote. C’est pourquoi, moi je dis que normalement à un moment de l’histoire de notre pays, on doit s’arrêter pour corriger tous ces politiciens qui se montrent de plus en plus inutiles à la société.

Car ils ne donnent pas de bons exemples. Je pense que les vrais politiques sont le Général Mathieu Kérékou qui lui est comme un « professeur agrégé » en politique et Boni Yayi, « un jeune professeur bien averti et proche de son peuple. Voilà ce qu’il faut désormais retenir. Ceux-là donnent l’envie de devenir politicien. Un bon politicien doit être capable de se sacrifier pour le développement de son pays et faire preuve d’humilité. Un politicien qui ne pense pas à cela, est nul.

La politique et la reconnaissance de la Fondation IFE comme d’utilité publique

Pas de confusion à faire en pensant que c’est parce que j’ai été actif pendant ces dernières joutes électorales que ma Fondation a été reconnue d’utilité publique. En réalité, c’est la première fois que Rufin Zomahoun participe comme l’ensemble de 8 millions de béninois. J’ai battu campagne pour mon candidat Yayi Boni.

 Et bien avant cela, mon Ong avait accompli des œuvres humanitaires incommensurables pour les populations béninoises. Je possédais aussi beaucoup de biens matériels et financiers gagnés en Asie notamment au Japon avant cette entrée fulgurante en politique. Je précise que j’agissais et avais ses qualités avant l’élection du Docteur Yayi Boni. Je possédais plusieurs immeubles et matériels roulants et j’investissais des centaines de millions de fcfa que je gagnais personnellement en Asie.

 Je ne créais pas des entreprises commerciales pour mes seuls intérêts. Je construisais des écoles pour généraliser l’éducation de base. J’ai construit beaucoup d’écoles dans le Borgou, l’Alibori, l’Atacora et la Donga, d’où je ne suis d’ailleurs pas originaire. Et en plus, à l’époque je n’étais membre d’aucun parti politique comme aujourd’hui d’ailleurs. Allez voir dans toutes les banques du Bénin comme de l’étranger, si Zomahoun Rufin dispose aujourd’hui d’une somme de 1.000.000 fcfa.

Avant l’élection de Yayi, je faisais ce que je fais et que je continuerai de démontrer ma solidarité à l’égard de toutes les couches défavorisées de notre pays. Regardez mon doigt amputé, c’est par accident de travail. Je travaillais comme ouvrier dans les entreprises et j’ai vite compris que avec l’argent que je gagnais, je pouvais aider les béninois du Nord au Sud et de l’Ouest à l’Est, en leur trouvant des bourses pour aller étudier en Asie.

Je le fais parce que je suis du bas peuple et j’ai vécu dans la misère, c’est donc tout cela qui m’a marqué et quand Dieu m’a accordé cette grâce, d’avoir des centaines de millions, j’ai choisi sortir des béninoises et des béninois de la misère. Je fais également des forages de puits car dans mon enfance je parcourais des kilomètres pour chercher de l’eau dans les fleuves et j’avais souffert de cette maladie appelée « ver de Guinée ».

Je n’ai pas commencé par mon village quand bien même je sois de Dassa-Zounmè. C’est comme cela que j’apporte mon soutien à mon peuple. A la date d’aujourd’hui, j’ai au moins 17 forages et actuellement je suis dans le département du Couffo précisément dans la commune de Lalo à Banigbé. De la même façon j’ai construit avec mon propre argent et non avec l’argent de l’Etat, au moins des écoles primaires dans tout le Bénin.

J’ai fait organiser des femmes et des jeunes qui nettoient les places publiques dans tout le Bénin. Entre 1999 et 2011, j’ai dépensé plusieurs centaines de millions et je précise que ce n’est avec l’argent d’aucune ONG japonaise. C’est de l’argent gagné à partir de mes deux livres déclarés best seller au Japon en 1999 et en 2000. C’est de l’argent gagné à partir des conférences que je donne dans les universités et les entreprises japonaises ou mes émoluments suite à mes apparitions dans la presse japonnaise.

Au Bénin, je fais le parcours de tout le territoire et je prends les résolutions pour amoindrir la misère très frappante des populations. J’ai investi dans les cités lacustres du pays. Nous avons au moins réussi à amener au Bénin un projet béninois au Japon qui fait aujourd’hui la fierté du Bénin en Asie et de par le monde entier. On fait la promotion du beurre de karité produit dans le septentrion que nous exportons présentement vers le Japon.

C’est la promotion des échanges commerciaux entre le Bénin et l’Asie notamment le Japon. Nous avons appuyé l’Etat pour que le Bénin soit présent au Japon depuis le 18 novembre 2002. Et d’abord l’ouverture de l’Ambassade du bénin au Japon, nous le devons au Général Kérékou et celle du Japon au Bénin, au Président Yayi Boni.

Un motif pour soutenir Yayi Boni

En tant que l’un des rares africains en Asie, je suis fier qu’il y ait une autorité qui m’est considéré au point de me nommer comme Conseiller spécial chargé des affaires économiques en Asie et Océanie. Je ne suis donc qu’un simple citoyen béninois avant d’être

« J’ai soutenu Yayi car il a été le seul candidat crédible qui a convaincu le citoyen béninois »

nommé par décret Conseiller spécial le 16 avril 2004. Bref c’est dire que la Fondation Ifè ne peut pas être comparée à d’autres fondations de la République du Bénin car nous ne recevons aucune subvention de l’Etat béninois ni de l’Etat japonais.

J’ai soutenu Yayi et je me suis battu contre vents et marrées pour sa réélection. Il a été le seul candidat crédible. Il a eu à faire ses preuves pour convaincre le citoyen béninois que je suis. J’étais à ses côtés lors de l’offensive diplomatique qu’il a lancée à l’endroit des pays d’Asie et d’océane. Il faut mentionner que son humilité et sa capacité à convaincre lui ont valu l’estime de toutes les autorités et de la plupart des opérateurs économiques potentiels de cette partie du monde.

 C’est rare qu’un Chef d’Etat africain ait fait preuve d’une si grande compétence. Il est quelqu’un qui ne dort pratiquement pas ni au Bénin ni à l’étranger. Il est et reste le seul qui peut nous donner l’espoir. Aucun des candidats aux dernières élections présidentielles ne pouvait apporter une solution plus satisfaisante aux maux qui minent la Nation béninoise.

Le secret du K.O des élections présidentielles ?

C’est la première fois dans l’histoire de la République du Bénin qu’un ¨Président soit élu par K.O. Les observateurs étrangers ont été dépêchés pour suivre les élections, cela nous a au moins rassurés. Je dirai que le mandat passé, a été une réussite, c’est là le secret. Dans les années passées ceux-là disaient qu’il y a souvent fraude et qu’il faut la Lépi. Maintenant avec la Lépi, Yayi vient encore en tête et par K.O. Que voulez-vous ? Disons que les élections ont été transparentes.

Yayi et les scandales

Yayi n’est pas Jésus-Christ. Il rêve de le devenir. En termes clairs, humble qu’il soit, il a appelé à ses côtés certains de nos compatriotes pour l’aider dans ses nouvelles au sommet de l’Etat. Mais il s’est fait que chemin faisant, certains l’ont trahi. Ne détenant pas la science infuse, il ne pouvait pas pénétrer le cœur de la plupart de ces béninois appelés à servir la république.

Alors, que ce soit dans l’affaire Cen-Sad, Icc-services et Consorts, vous avez vu qu’il a pris ses responsabilités pour sanctionner. Je rappelle que depuis le 23 mai 2011, je ne suis plus conseiller spécial car le Chef de l’Etat avait mis fin à nos fonctions afin de recomposer l’équipe, sans doute. C’est ça le bon président.

Zomahoun et les avantages du poste de Conseiller

Sous Kérékou, j’ai travaillé pendant deux ans. Je n’ai pas gagné un seul franc CFA. Sous Yayi, on me dit Monsieur Zomahoun, l’Etat n’est pas une entreprise philanthropique. Vous gagnez vos droits. Maintenant quitte à vous d’en faire ce que vous voulez pour pouvoir faciliter la tâche à l’administration, à l’Etat. Pendant ce temps, on était à environs 352.000 francs qui n’étaient pas versés dans un compte personnel appartenant à Zomahoun Dossou Cyr Rufin.

 C’est versé dans le compte d’une ONG appelée Fondation IFE et qui était utilisé pour des œuvres sociales à savoir le forage des puits, la construction des modules de classe, l’achat des fournitures scolaires à distribuer aux enfants issus de parents pauvres, la cantine scolaire en milieu rural à Korobororou et à Akpari dans le septentrion ou bien à l’achat de billets d’avion à plusieurs étudiants béninois ayant obtenu des bourses d’étude au Japon.

Je n’ai jamais touché à un quelconque salaire et de plus je ne connais pas la couleur de ces 352.000 francs. Allez vérifier. Ils ont fait un rappel qui a été utilisé pour faire les forages de puits de Lalo et ailleurs au Bénin. Je n’ai pas le pouvoir de dire que je prends un chéquier, je signe et je vais retirer de l’argent dans le compte de la fondation. Non ! Toutes les sorties et les entrées sont révélées en Conseil d’administration. C’est une ONG et sans double signature, vous ne pouvez pas aller faire un retrait.

Donc, il n’y a pas un circuit pour retirer un franc sans que le conseil d’administration n’en soit informé. Allez dans le département du Mono-Couffo pour le vérifier. Moi, je ne suis pas de Lalo mais de Dassa-Zoumé. Tous ces rappels-là, je les ai utilisés pour construire un puits au moins.

Des pourcentages sur les projets envoyés au Bénin

Je n’ai jamais vérifié quel genre de projet chinois ou japonais ou asiatique j’ai fait venir au Bénin et pour lequel j’ai touché un franc. Les projets, j’en fais venir des dizaines voire des centaines mais jamais vous ne verrez un asiatique ou un béninois dire que Zomahoun nous a aidé et on lui a donné un franc. Je n’en veux pas parce que je veux être tranquille avec ma conscience, je veux être en parfaite harmonie avec mon Créateur. C’est clair.

Tout cet argent-là, c’est donc réinvesti dans le social. Les entreprises qui arrivent ici même l’Etat, l’échangeur de Godomey, l’échangeur de l’avenue Steinmetz…mais il faut quelqu’un là-bas en Asie pour pouvoir convaincre les gouvernements. Donc, Zomahoun Rufin a reçu un pourcentage d’une entreprise asiatique, jusqu’à preuve du contraire, je donne ma tête à couper. Le jour où vous l’apprendrez, convoquez-moi devant une cour de justice.

Vous savez, ce n’est pas pour rien que je suis nommé conseiller spécial du Président Kérékou Mathieu d’abord. C’est parce que l’homme a vu l’efficacité, la compétence de qui est Zomahoun Rufin. Je rappelle que ça fait vingt-cinq (25) ans environ que je vis en Asie. Je fais partie des béninois les plus anciens qui vivent en Asie et j’y suis encore. Et je connais tous ces pays de l’Asie presque. A partir de la Chine où j’ai vécu pendant presque sept (07) ans.

Je rappelle que je suis le premier sinologue africain noir au sud du Sahara. Ça veut dire que je suis spécialiste de tout ce qui a rapport à la Chine continentale. De la Chine, au Japon en passant par la Corée du Sud, Singapour, Malaisie, … je suis bien implanté dans ces pays. Donc, c’est fort de cette compétence et de ces liens forts avec tous les pays d’Asie que le président Kérékou, à l’époque, m’avait désigné comme conseiller spécial. Et je n’ai jamais été recommandé pour être conseiller de Kérékou ou de Yayi Boni.

J’ai connu Yayi Boni depuis le 02 août 1992 pendant que j’étais arrivé en vacances au Bénin. Plus tard, il est devenu le président de la BOAD. Et quand il est arrivé en Asie (Chine, Japon) pour mobiliser des investissements asiatiques pour le compte de la BOAD, ce sont toujours les asiatiques qui lui ont parlé de Zomahoun. Moi, je ne savais pas qu’il était là. Je ne savais même pas qu’il était venu. En 2004 lorsqu’il était président de la BOAD, il m’a recontacté et j’ai travaillé à ses côtés pour la mobilisation des investissements en direction de la BOAD.

Et appréciant mes prestations, il a décidé de me reconduire au poste de Conseiller spécial après son élection en 2006. Et vous comprenez que si je voulais être tout-puissant, je l’aurais été déjà. C’est dès son élection même qu’il a pris officiellement mon décret de nomination.

La révision de la Constitution

Je vais le faire. Que Yayi Boni soit au pouvoir encore en 2016, je vais le faire. Mais l’individu, le connaissant personnellement, j’en doute. Je vous fais des révélations. Yayi Boni lui-même, s’il avait les moyens de dire vraiment je quitte le pouvoir aujourd’hui, il l’aurait fait parce que beaucoup de politiciens béninois veulent une chose et son contraire.

Yayi Boni en tant qu’individu n’a jamais voulu être à nouveau Président de la République du Bénin. Nous l’avons convaincu à être président lorsque nous l’avons connu, nous l’avons côtoyé. Le 26 octobre, selon l’histoire et après les relations particulières que nous avons, Kérékou Mathieu c’est mon père spirituel. Je n’ai pas de relations politiques ni de relations financières avec ces deux hommes-là. Mais, aucun d’entre eux n’a voulu être président du Bénin ou du Dahomey d’alors.

Ils ont été sollicités et c’est ça, ce que les autres candidats n’ont pas compris. Au Bénin, pour être chef, il ne faut pas dire « je veux être chef, soutenez-moi ». Non ! vous ne le serez jamais. L’exemple d’Adrien Houngbédji est là. C’est palpable. Au Bénin, pour être chef, vous pouvez être dans votre trou là-bas, travaillez consciencieusement et on viendra vous chercher. En tous cas, c’est ce que moi, j’ai fait quand j’ai connu le Docteur Yayi Boni.

Je ne peux pas tordre le cou à la constitution. Ce n’est pas le fond de ma pensée. Yayi boni, là où il est, lui-même ne rêve plus d’être Président après 2016. Mais, puisque qu’ il est un Marechal pour nous et nous sommes ses officiers et sous-officiers, nous ne tolérons pas que le Chef se retourne et dire qu’il ne peut plus continuer d’être au front pour conduire la troupe. ça, c’est la loi militaire.

En terme clair, Yayi Boni plus pour lui-même. Il vit pour les huit millions de béninois. Mais, ma prière est que nous le soutenions contre vents et marées pour la réussite de son deuxième mandat et que nous ayons beaucoup de Kérékou et beaucoup de Yayi Boni dans notre pays.

Impacts de la coopération du Bénin avec les pays asiatiques

J’attends que le programme de développement amorcé depuis 2006 connaisse un bon aboutissement et que le Bénin soit mis sur les rails aussi bien sur le plan diplomatique, économique, politique que social. Sur le plan diplomatique, des grandes puissances comme le Japon ont décidé d’être physiquement présents ici. Il faut l’applaudir.

Ça veut dire que c’est des milliards qui viennent parce que des projets vont être maintenant finalisés. Il n’y avait que l’aide à l’insuffisance alimentaire qui était d’une valeur de un milliard deux cent cinquante millions que le Japon finançait depuis la fin des années 1980 jusqu’en 2002. Il a fallu que Kérékou ait consenti ce sacrifice là pour que le Japon finance annuellement à hauteur de trois milliards de Fcfa, les différents projets de développement dans le cadre de l’aide publique au développement (APD).

Et il a fallu l’arrivée du Docteur Yayi Boni avec le voyage qu’il a effectué durant ses cent premiers jours pour que cette aide-là soit portée désormais à plus de trois milliards. Donc, c’est pour dire en termes clairs que c’est une réussite phénoménale que des grandes puissances comme le Japon, aient décidé de s’installer physiquement ici. Et les projets qui seront installés connaîtront indubitablement une augmentation.

 Il y a d’autres pays comme la Corée du sud. Sur le plan de la coopération, la Corée du sud n’est pas encore physiquement présente au Bénin. Vous avez appris que le marché de Dantokpa a été soutenu financièrement par la Corée du sud. Ce que la Corée du sud n’a jamais fait même dans des pays qui ont leurs ambassades en Corée du sud comme le Nigeria, le Ghana etc. il y a eu quand même des avancées dans tous les domaines.

Il faut être aveugle pour dire que sous Yayi Boni il n’y a pas eu de développement parce que les aveugles et les sourds ont compris qu’on a au moins un échangeur à Godomey et une voie à double sens qui quitte l’aéroport. Dire qu’il n’a rien fait, c’est vouloir une chose et son contraire en tant que béninois.

La révolution verte au Bénin et le soutien des asiatiques

C’est pour répondre à cet appel lancé par le président Yayi Boni que, entre autres, le Japon s’est précipité pour ouvrir son ambassade ici. Le Japon accorde davantage d’importance à tous les secteurs vitaux de notre économie. C’est une information que vous devez faire passer. Désormais, le Japon s’impliquera de façon toute particulière dans tous les secteurs.

Pour le moment, il est dans l’éducation de base, dans la formation des ressources humaines, dans le domaine agricole à travers l’aide alimentaire et le Japon est bien conscient qu’au lieu de donner du poisson à un ami tous les jours, il vaut mieux qu’on apprenne à cet ami-là à pêcher le poisson. C’est pour cela que je vous informe que le Japon soutiendra fortement le Bénin parce qu’il ne servira à rien de donner le riz japonais annuellement.

Le plus important, c’est de nous aider et ils ont commencé déjà à le faire. Des ingénieurs agronomes béninois vont déjà pour leur formation au Japon afin que cette révolution verte soit fortement soutenue. Nous avons des pays comme la Chine qui est le numéro deux dans l’Asie et l’Océanie. Vous avez vu la Chine a déjà construit à Sèmè-Kpodji un centre agricole. A part la formation des ressources humaines, la Chine forme aussi nos cadres béninois depuis des décennies. Nous sommes allés inaugurer ce centre agricole à Sèmè-Kpodji.

Ce n’est pas à moi de vous apprendre que l’Inde nous a soutenu à travers en terme de tracteurs que nous avons déjà à notre disposition. Il reviendra à nos diplomates qui sont conscients de leurs missions, de travailler pour que les jalons qui ont été posés pour que l’Inde ne nous envoie pas seulement que des tracteurs. C’est à nous d’être dynamique pour pouvoir négocier si nous sommes de vrais diplomates.

Zomahoun, toujours au service du peuple

C’est bizarre. Vous savez, depuis 1996, quand le général a été élu, j’ai été reçu en audience le 06 septembre 1996. Je suis allé le convaincre de la nécessité de redynamiser le consulat du Bénin au Japon. J’ai commencé à le convaincre depuis 1996 quand il est arrivé au pouvoir. D’abord, le président Soglo a reçu plein de mes correspondances quant au rayonnement du Bénin en Asie puisqu’on n’avait qu’une seule ambassade en Chine.

C’est insuffisant. Il fallait qu’on ait d’autres représentations diplomatiques dans certains pays capables de nous soutenir économiquement. Mais, j’ai été très peu écouté au temps du président Soglo. Dieu merci, le président Kérékou est revenu et il m’a reçu et je lui ai fait part donc de mes plans et ça a pris. Aujourd’hui, je puis vous informer que avec la grâce de Dieu, je ne cesserai de me battre pour que même les australiens et les néo-zélandais soient beaucoup plus présents chez nous dans tous les domaines.

 C’est donc tout naturellement qu’on m’appelle par abus ambassadeur depuis 1996 parce que ce que je fais au pays et à l’extérieur alors que je n’ai pas reçu une lettre officielle, est immense. Je n’étais pas allé en mission officielle pour aller travailler et convaincre les asiatiques.

La refondation selon Zomahoun Rufin

La refondation pour moi est égale à la reconversion de nos mentalités. Parce que jusque-là, c’est l’individu qui prime. Vous savez, si moi je n’avais pas opté pour le social, je serai aujourd’hui propriétaire au moins d’une maison à vingt étages carrelé aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et cela sur tout le territoire béninois. J’avais opté pour le social parce que je suis issu du bas peuple. La maison que j’ai achetée depuis onze ans, j’ai eu les moyens d’en faire une maison à étage mais j’ai dit que je ne vais pas le faire.

 Je prends tout cet argent-là pour aller construire des écoles. Je prends tout cet argent là pour acheter des billets à des journalistes japonais pour qu’ils viennent au Bénin faire des reportages que nous montrons en Asie pour pouvoir convaincre les investisseurs asiatiques à s’installer au Bénin.

Ça, c’est mon argent qui fait ça. Ce n’est pas l’argent du budget national. Et quand nous arrivons, nous logeons à l’Hôtel Sheraton actuel Marina etc. c’est moi qui paie. Ce n’est pas le Bénin qui paie. Donc, mon rêve c’est que la refondation, qui est par définition la reconversion de nos mentalités rétrogrades en mentalités de développement, aboutisse parce qu’aujourd’hui c’est chacun pour soi. Que nous puissions, par la reconversion de nos mentalités rétrogrades en mentalités de développement, être habité par un esprit de sacrifice, de solidarité et de patriotisme.

Si vous êtes père de famille, vous devez commencer à le vivre et l’apprendre à votre progéniture, leur apprendre à se sacrifier pour les autres. Le développement, c’est dans la tête. Si le Japon qui n’a même pas un hectare de terre cultivable a pu devenir une grande puissance aujourd’hui, c’est parce que le Japon s’est armé de cet esprit-là qu’on appelle l’esprit du patriotisme et du sacrifice. Se sacrifier non seulement pour son épouse et ses enfants mais surtout pour son pays.

Dans une journée de vingt-quatre heures, tout citoyen béninois, qu’il soit conducteur de zémidjan, paysan, artisan, homme de rang…doit se poser la question de savoir « qu’est-ce que moi, j’ai pu apporter personnellement pour le développement de la République du Bénin ? »

Que dire des grèves perlées ?

J’ai vécu la grève avec beaucoup d’amertume. Je disais tantôt que la refondation pour moi, est égale à un esprit, c’est l’esprit du sacrifice. Il faut se poser la question quel sacrifice on a consenti pour mettre le Bénin sur les rails ? Est-ce que j’ai respecté les feux de signalisation ?

 Est-ce que j’ai payé mes impôts ? C’est ça la refondation. Est-ce que moi qui réclame mes droits alors que je suis fonctionnaire, est-ce que je me suis acquitté de mes responsabilités ? Enseignants, hommes de santé, si vous êtes en grève, vous êtes des criminels. C’est ça la signification. Quelle que soit la nature de votre syndicat, je vous dis que vous êtes des criminels. Je vis dans un pays dont la population est estimée à plus de 130 millions d’habitants mais je n’ai jamais vu un mendiant dans ce pays-là alors que ce pays-là n’a pas un hectare de terre cultivable, n’a pas un gramme d’or sur son territoire ni un mini-litre de pétrole sur son territoire.

Nous, on a au moins dix hectares de terre, nous avons au moins un litre de pétrole à Sèmè-Kpodji, nous avons au moins un kilo d’or à Perma. Malgré ça, nous tendons la main. Ça veut dire qu’il y a un problème. Ce problème-là, c’est celui de la reconversion des mentalités.

Nous avons une mentalité qu’il faut maintenant changer. Je crois que Yayi Boni est sur le chemin puisque lui-même le dit déjà. Tout ce qu’il fait jusqu’à présent-là me convainc. Il n’y a pas une exception. En somme la refondation est égale à la crainte de Dieu dans notre vie de tous les jours.

Boni Yayi et le retard

Il essaie. Vous savez, c’est une question d’abord individuelle et ensuite collective. C’est une éducation. Au Japon, quand vous avez rendez-vous avec quelqu’un à 9 heures et que vous arrivez à 9 heures piles, vous n’êtes plus considéré. Inutile même d’ajouter 9 heures une minute. Quand vous avez rendez-vous avec quelqu’un au Japon, vous devez être au moins au rendez-vous cinq minutes à l’avance pour ne pas dire quinze. C’est donc fort de cela que le Chef de l’Etat a décidé d’appliquer la refondation.

En parlant des retards du Chef de l’Etat lui-même, vous avez peut-être raison parce que vous ne le connaissez pas. Entre la nuit d’hier à aujourd’hui, vous avez fait au moins quatre heures de sommeil. Je vous dis que l’homme en question ne dort pas. Je suis témoin oculaire puisque je l’ai vu au travail en Asie et ici au Bénin pendant que je suis au Bénin.

Moi, je ne suis pas seulement conseiller à la présidence, je suis chez lui à la résidence et je sais que pendant que tout le monde dort paisiblement puisque nous avons des décalages horaires avec certains pays notamment d’Asie et d’Océanie et avec même certains pays occidentaux notamment les Etats-Unis, c’est pendant ce temps-là que cet homme se renseigne sur les missions qu’il a confiées à certains ambassadeurs par exemple.

Voilà l’homme. Alors, l’homme qui ne dort pas, qui est allé au lit à 5 heures et demi, six heures du matin, ne lui demandez pas d’être à la présidence à 7 heures et demi ou à huit heures. C’est clair. Et quand il va au service, est-ce qu’il finit son travail aux heures où vous finissez votre travail ici ? J’affirme que moi je suis parfois chez lui jusqu’à trois heures, quatre heures du matin.

La dernière fois, je suis parti de chez lui à 4 heures 26 minutes alors qu’il était revenu du palais après 22 heures. Je suis resté avec lui jusqu’à cette heure-là parce qu’il y a avait certains dossiers brulants en Asie et Océanie. Vous devez même avoir pitié de lui. Sur les huit heures de travail, l’homme fait au moins seize heures sur les vingt-quatre heures.

Le nom Ifè de votre Ong

Ifè est un vocable de l’aire culturelle yoruba qui signifie « amour » et tout ce que je fais dans ma vie c’est avec amour c’est pourquoi mes salaires de conseiller et une partie de mes émoluments au Japon sont investis dans des œuvres sociales. C’est ça l’amour.

Le Bénin lors du séisme au Japon

Nous avons organisé un téléthon où les béninois même les plus pauvres ont participé. Le bas peuple notamment et toutes les couches socio-professionnelles ont compati à cette douleur à travers des contributions. Si on connaît le pouvoir d’achat des béninois, il faut dire que c’est un effort.

J’étais la dernière fois avec l’ambassadeur Bemba Masahiro et il était très content. Même le président Yayi Boni a fait une œuvre impressionnante. Le président yayi Boni au nom des 8 millions de béninois, a envoyé une enveloppe de plusieurs dizaines de millions de francs Cfa aux victimes du séisme de Foukoushima. Ce faisant les béninois ont démontré qu’ ils ont compati aux douleurs du peuple frère et ami du Japon. Nous mêmes avons aidé ainsi le Japon, une grande puissance mondiale.

L’Ong IFE et le Japon

A travers notre Ong on fait la promotion de la langue japonaise, la seule d’ailleurs en Afrique où les cours sont gratuits. Vous ne le verrai dans aucun pays africain, que ce soit la Tunisie, l’Afrique du sud, la Lybie où le japonais s’apprend gratuitement. C’est au bénin grâce à la misère dont j’ai été frappé.

 Je fais venir les volontaires japonais, je les loge chez moi et je les nourris gratuitement et je leur donne leur agent de poche. J’ai déclaré les cours là gratuit depuis le 1er septembre 2003 et les béninois de toutes les couches socio professionnelles vont là pour apprendre le japonais. Ceux qui ont le niveau requis pour apprendre dans les universités au japon, on leur trouve des bourses au Japon.

 Je suis fier de vous dire aujourd’hui que j’ai envoyé par le biais de mon Ong 28 béninois et béninoises au Japon et qui évoluent dans l’agronomie, la mécanique et la médecine. Je dis bien 28 et parmi eux des étudiants, étudiantes et même des agents permanents de l’Etat. Qui parmi les politiciens béninois l’a fait ? J’ai aujourd’hui 15 volontaires japonais qui sont là pour donner des cours.

                                                                             Carte d’identité

Du « jardinier » au Conseiller Spécial du Chef de l’Etat : une vie de misère vaincue

Né quatre années après l’accession du Bénin à la souveraineté internationale (15 Juin 1964), Zomahoun Rufin, aujourd’hui Président de la Fondation IFE a goûté aux amères péripéties de la vie. Issu d’une famille assez modeste (de père Pierre Enaboua Zomahoun, un petit commis de l’Etat et d’une mère paysanne), Zomahoun Rufin a dû traverser monts et vallées avant de s’offrir aujourd’hui une place de choix dans la vie sociopolitique du Bénin.

Actuellement nanti d’un Doctorat en Sinologie, l’homme garde encore un souvenir amer de sa misère d’élève béninois. « J’ai vécu la misère la plus âcre dans ma vie. Je quittais Godomey pour aller au Cours secondaire Protestant (CSP) à Maro-militaire », confesse-t-il avec amertume. Et ce n’est pas tout. Zomahoun Rufin se rappelle encore de la torture psychologique qu’il se sent obligé de subir chaque année quand le censeur de son établissement venait dans sa classe pour renvoyer les élèves qui ne sont pas en règle vis-à-vis de la comptabilité de l’établissement.

Souvent, il est donc renvoyé pour non paiement de ses frais de scolarité par l’administration scolaire du CSP (Ces frais de scolarité s’élevaient à l’époque à 4500FCFA seulement). Ceci le dérange mentalement, mais puisque sans moyen, il n’avait pas le choix. En dépit de tout, le jeune élève de l’époque ne s’apitoie pas sur son sort. Conscient de sa situation en effet, il redouble d’ardeur et se lance le défi de réussir sa vie malgré tout. Sans être donc trop brillant ni cancre, il ne connaîtra jamais l’échec dans son cursus scolaire.

C’est ainsi qu’en 1986, Zomahoun Rufin a réussi à se faire compter parmi les bacheliers de son pays, le Bénin (Il a obtenu le BAC A1). Mais là, une autre étape dure de sa vie commence. Faute de moyen, il sera le dernier étudiant à s’inscrire à l’Université nationale du Bénin (UNB) en 1987.

 Et pourtant, la scolarité était de 5000FCFA seulement à l’époque. Et s’il a réussi finalement à se faire inscrire, c’est bien grâce à la générosité de son oncle, Docteur Zomahoun Cyrille qui fortuitement au cours d’une visite au domicile de son tuteur lui a offert un billet de 5000Fcfa. Un an plus tard, Zomahoun Rufin fait un choix décisif pour sa vie. Alors qu’il devrait être boursier à l’UNB, il décide par pur désir de quitter la misère qu’il vit au Bénin, de s’envoler pour la Chine après avoir décroché une bourse d’étude dans ce pays suite à un concours auquel il a pris part. C’était le 6 septembre 1987.

 Au pays de Mao Zédong, le jeune Zomahoun ne se contentera pas exclusivement de son statut d’étudiant. Il touchera à tout pour survivre. Compte tenu de sa ténacité, il a été remarqué par l’ambassadeur du Rwanda en Chine. C’est ainsi qu’il sera recruté comme jardinier à l’Ambassade du Rwanda près la Chine. Pour avoir sidéré l’ambassadeur du Rwanda de part la qualité de ses prestations et son endurance, Zomahoun Rufin a été promu conducteur de véhicule administratif de l’Ambassade. Il en est d’ailleurs très fier. « Je suis très heureux d’avoir émargé au budget national du Rwanda bien que je sois Béninois », affirme-t-il fièrement.

Après 8 mois passés à ce poste, Zomahoun Rufin est recruté en tant qu’interprète (Français, Anglais et Chinois) une fois sa Maîtrise en Sinologie en poche dans cette même Ambassade. Il réussit à nouer des relations d’amitié avec les autorités chinoises qui sont pour la plupart ses professeurs et qui l’ont adopté du fait de son endurance et de son combat pour sa réussite dans la vie. Dans sa soif de mieux apprendre, il s’inscrit en 1991 en Doctorat de 3ème cycle, toujours en Sinologie, diplôme qu’il obtient et qui le consacre premier Sinologue africain noir au Sud du Sahara.

Une fois son séjour de sept ans en Chine achevé, Zomahoun Rufin obtient en 1994 le visa japonais par le biais d’un de ses amis japonais dont le père détient une société au pays du Soleil Levant (La société est baptisée KEYOKACE Company spécialisée dans la fabrication des poignées de vidéo camera pour la marque Sharp). Il atterrit dans ce pays et touchera également à tout. Il n’a pratiquement plus de temps de sommeil.

 Répétiteur par-ci, ouvrier à l’imprimerie par là, Zomahoun Rufin s’est fait sectionner une partie de l’index de sa main gauche par une machine. Ce qui lui coûtera un mois d’hospitalisation au bout duquel il ne démord guère. En 1995 donc, il s’inscrit à l’Université des Jésuites (Sophia University) au Japon d’où il sort nanti d’un second Doctorat mais cette fois-ci en Sociologie. Au pays du Soleil Levant aussi, Zomahoun Rufin s’est tissé beaucoup d’amis, notamment dans le rang des autorités gouvernementales.

Ce qui lui permet ainsi d’enrichir son carnet d’adresses. Ceci fera de lui, un acteur clé, partenaire incontournable dans les relations entre le Bénin et les pays d’Asie et de l’Océanie. C’est ainsi que les gouvernements successifs se sont sentis obligés de l’associer à leur gestion pour pouvoir profiter de ses relations et de ses connaissances en vue de décrocher des projets majeurs venant des pays asiatiques et océaniques.

Tout comme le régime de Kérékou, il est devenu utile au régime Yayi qui l’a fait Conseiller spécial aux affaires économiques en Asie et en Océanie. Grâce à ses potentialités personnelles, il est autorisé depuis le 23 juin 2011 dernier, à résider de façon permanente au Japon, une autorisation plutôt rarissime qui vient une fois encore démontrer tout l’intérêt que lui porte l’empire du Soleil Levant.

                                                                                                     Intimité

C’est à 47 ans que Zomahoun Rufin a jugé utile de se marier (Précisément en 2009 dernier). Père de plusieurs enfants aujourd’hui, il a bien de raisons pour justifier son engagement tardif dans la vie de couple. Frappé de plein fouet par la misère, la priorité du jeune Zomahoun une fois hors des frontières nationales était bien de réussir sa vie.

 Et là, il n’y avait pratiquement pas de place à l’amour. Mais l’autre chose qui a également endurci son cœur, c’est bien sa rencontre avec Paola, une jeune étudiante italienne de sa classe qui s’était montrée particulièrement matérialiste. Malgré tout l’amour qu’elle lui vouait, elle a dû se rétracter le jour où elle apprit que Zomahoun Rufin, son prétendu « amour » n’avait pratiquement rien et ne pourrait même prétendre à un quelconque héritage familial. Ce jour là, Paola a cessé de l’aimer. « Je lui expliquais que mes moyens étaient limités et elle dit quoi ?!

 Et l’héritage de ton père ? Je lui dis alors qu’il était pauvre et qu’il n’avait rien comme héritage. Ce qui m’a plu en elle est que quand j’ai dit ça, elle est partie et n’est plus revenue. Elle a rebroussé chemin sans se gêner », a-t-il expliqué. Il comprendra alors davantage qu’on ne fonde pas une famille sans moyens conséquents.

Jaloux de sa culture, malgré ses années de séjour en Asie (7 ans en Chine et 18 ans au Japon), Zomahoun Rufin ne perd pas ses habitudes culinaires. En bon fils de Dassa zoumè, il adore en effet manger l’igname pilée avec la sauce d’arachide et tchayo. « Vous ne me verrez jamais préparer l’hors-d’œuvre », certifie-t-il. Pour Zomahoun Rufin, la femme est comme « un œuf qu’il faut tenir avec délicatesse ».

Il l’adore puisque sa source de joie, c’est bien la femme. Et il a une philosophie toute particulière sur la femme. « Dans votre pays, si vous voulez que tout le monde soit heureux, alors prenez soin des femmes et vous verrez que quand vous le faites, les choses vont évoluer » confie-t-il. Il faut dire que Zomahoun Rufin, dans le cadre de ses œuvres sociales et humanitaires est aujourd’hui père adoptif d’une dizaine d’enfants béninois.

Photo de famille

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