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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec le Doyen Yahaya Diabi, Professeur en science de l’information et de la communi cation de l’université de Cocody (Côte d’Ivoire):« Cotonou pour moi est comme la nouvelle Côte d’Ivoire »


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Le doyen Yahaya Diabi, Professeur des universités en science de l’information et de la communication de l’université de Cocody (Côte d’Ivoire)

Professeur des universités en Sciences de l’information et de la communication de l’université de Cocody, le Doyen Yahaya Diabi fait aussi partie du corps professoral du Centre Africain de Formation Professionnel de Journalisme (CAFPJ). Dans cet entretien qu’il a bien voulu accorder, il se réjouit des efforts déployés par les responsables du CAFPJ dans le cadre de la formation des journalistes et communicateurs de qualité au Bénin et en Afrique. Très optimiste lorsqu’il aborde les sujets relatifs à son pays d’origine, la Côte d’Ivoire qui vient de traverser de longues années de troubles sociopolitiques, le Professeur croit que le pays a désormais le regard tourné vers l’avenir avec les profondes actions que mène le Président Alassane Dramane Ouattara.

L’Evénement Précis: Présentez-vous et parlez-nous de votre séjour au Bénin

Yahaya Diabi: Je suis Yahaya Diabi, professeur des universités en science de l’information et de la communication de l’université de Cocody, parallèlement, je suis le Doyen fondateur d’une grande école à Abidjan et à Bouaké, l’Esic-Afrique (Ecole supérieur des ingénieurs commerciaux) qui forme des communicateurs également. J’ai créé cette école juridiquement le 02 novembre 1990 suite à un partenariat entre moi et mes amis de Bordeaux.

 J’enseigne depuis 1969 et depuis, je suis encore à ma tâche. Je suis au Bénin, pays démocratique par excellence, parce que le Bénin apparaît aujourd’hui comme le levier de prédilection pour la formation des communicateurs professionnels. Je suis au Bénin pour promouvoir l’ISMA et le CAFPJ. J’ai de bonnes relations avec les fondateurs de ces deux établissements, et je viens régulièrement au Bénin pour apporter ma modeste pierre à la promotion de ces deux grands établissements de l’enseignement supérieur. Mon école privée est en partenariat avec le CAFPJ.

D’aucuns estiment que le professeur Yahaya est la source de la crédibilité du CAFPJ en matière de Master.

Je pense que j’ai de l’expérience pour avoir ouvert pour la première fois un Doctorat en Sciences de l’information et de la communication à l’Université de Cocody et pour avoir formé de nombreux Docteurs qui sont aujourd’hui mes collègues enseignants et également des Docteurs de nombreuses entreprises africaines. Je pense que par ailleurs, j’ai contribué à l’université de Lomé, à l’ouverture de l’Institut des Sciences de l’information et de la communication et des arts de l’université de Lomé.

 A l’époque, le Président de l’Université de Lomé monsieur Kaïbord Louis, en tant que Doyen de la Faculté de l’information de l’université de Cocody m’a invité pour la création de cet institut qui fonctionne depuis 2004. Quand on est professeur titulaire, on encadre les Docteurs et ces Docteurs-là proviennent du Master puisque c’est après le Master qu’on prépare le doctorat et je pense que nous sommes qualifiés à encadrer des Docteurs. C’est pour cela que nous sommes entrés en partenariat fécond et fécondant avec le CAFPJ.

Quel sens donnez-vous à un partenariat fécond et fécondant ?

Quand je dis fécond et fécondant, c’est un partenariat qui doit donner naissance à des étudiants bien formés qui vont promouvoir leur entreprise de presse. C’est ça qui est la fécondité d’un partenariat.

Croyez-vous que le CAFPJ a le background pour former des managers de bonne qualité en matière de presse au Bénin ?

Je pense que le patron du CAFPJ est bien informé sur son environnement et dans ces conditions, il a élaboré des programmes conséquents pour que les étudiants soient formés à la hauteur de vos attentes et je pense que nous sommes sur la bonne voie.

Au-delà de l’argent, qu’est-ce qui vous a le plus emmené à signer ce partenariat avec le CAFPJ ?

Nous ne sommes pas dans un cadre mercantiliste, mais plutôt un cadre intellectuel. On ne peut pas faire un partenariat entre deux établissements professionnels en se basant sur l’argent. On mise sur la qualité de la formation et c’est ça qui est privilégié. Nous ne sommes pas des commerciaux.

Depuis que vous êtes avec le CAFPJ, qu’est-ce qui vous a le plus impressionné ?

Ce qui m’a le plus impressionné, c’est que le patron du CAFPJ est à la hauteur de sa tâche. Je n’ai vu ici que des étudiants de très haut niveau, de très grande responsabilité. Cela n’est pas donné à toutes les écoles et je tire mon chapeau au fondateur du CAFPJ pour avoir eu cette clientèle.

Apparemment, le Doyen est pressé de dire quelque chose. En direction du promoteur du CAFPJ?

Oui, je souhaiterais vivement que le promoteur du CAFPJ se déploie davantage pour la rentrée académique prochaine afin que nous créions le cycle du Doctorat en sciences de l’information et de la communication pour son établissement afin de permettre à ses anciens étudiants désireux de faire leur doctorat de ne pas avoir à se tourner vers d’autres écoles.

Qu’avez-vous remarqué de particulier chez les étudiants du CAFPJ ?

J’ai souvent remarqué que les étudiants du CAFPJ sont très studieux, et croient en leur école. Ce n’est pas facile que quand on crée une école tout nouvellement, que les gens viennent s’inscrire. C’est comme une aventure. Je crois qu’aujourd’hui, nous ne sommes plus au stade de l’aventure, mais plutôt au stade des perspectives. Le directeur du CAFPJ a bien visé, il a risqué et on peut affirmer aujourd’hui que c’est un risque zéro. Les étudiants sont bien partis avec l’encadrement pour être bien formés afin d’être à la hauteur des institutions de presse au Bénin et dans la sous-région.

S’il vous était donné de vous adresser aux parents d’élèves, que diriez-vous à la veille de cette rentrée académique?

Je dirai aux parents d’élèves que le meilleur héritage qu’on puisse laisser à ses enfants, ce n’est pas l’or, ce n’est pas le diamant, ce n’est pas la maison, c’est la formation. Qu’ils misent sur la formation de leur enfant car un enfant bien formé à un bon avenir et est prêt à venir en aide à ses parents par la suite.

Vous séjournez au Bénin depuis plus d’une semaine, combien de policiers ou de militaires avez-vous rencontrés dans les rues ?

Quand je suis à Cotonou, je me sens comme à la nouvelle Côte d’Ivoire. Ce pays aujourd’hui ressemble à Cotonou grâce à son Président, son excellence Alassane Ouattara. C’est une Côte d’Ivoire sur les rails, une Côte d’Ivoire qui rebondit comme le Bénin a rebondi. La nouvelle Côte d’Ivoire, c’est la Côte d’Ivoire de la liberté, c’est la Côte d’Ivoire de la tolérance, la Côte d’Ivoire de la non-violence, c’est la Côte d’Ivoire de l’hospitalité interafricaine et même humaine. C’est la Côte d’Ivoire de l’amour.

Et pourtant certains de vos concitoyens sont toujours derrière les barreaux ?

Vous savez, ce sont les restes d’une guerre. Ce n’est pas du jour au lendemain que ce sera réglé. Je vous invite à venir en Côte d’Ivoire, vous allez tourner partout sans être inquiété. Vous serez comblé. Les cours n’ont pas encore repris à l’université de Cocody parce que tout a été dévasté et donc le président Alassane Ouattara devra mettre les choses sur les rails avant que les cours ne reprennent.

Vous croyez apparemment en la réconciliation lancée par le Président Alassane Ouattara ainsi qu’à la reconstruction ?

Cette réconciliation est incontournable. La Côte d’Ivoire a toujours été réconciliée avec elle-même. En réalité, la Côte d’Ivoire n’a pas de problème ethnique ni religieux si ce n’est pas l’œuvre des politiciens véreux. On ne va pas parler de vieux démon écarté mais c’est comme le dit Houphouët Boigny, c’est le vieux crocodile qui dort ; il suit tout de près. Beaucoup de chantiers ont été lancés, les infrastructures, et autres.

Je crois que la Côte d’Ivoire va reprendre le sommet, nous avons toutes les compétences et nous sommes des intellectuels. Il faut aimer sa patrie et en cela il faut laisser de côté les mauvais comportements,penser aux populations et non à sa poche. Vous savez que le Président Ouattara a fait jurer tous ses ministres de se débarrasser de vieilles habitudes, de mauvais comportements et jurer travailler pour le bien-être des populations. Je crois que le Président Ouattara tel que je le connaissais est un homme de parole, de conviction qui est pondéré et appliqué. Donc, comme Houphouët Boigny, la Côte d’Ivoire a une autre chance de repartir.

L’ivorité est elle du passé selon vous ?

L’ivoirité est dépassée. Ceux qui continuent de prononcer ce thème vont nous voir sur leur chemin. Quand on voit l’aspect ethnologique de la côte d’Ivoire, on se rend compte que la Côte d’Ivoire est un peuple dont on retrouve les ramifications au Bénin, au Ghana, au Togo, au Mali, au Burkina Faso, au Libéria, au Niger, partout.

La Côte d’Ivoire est une miniature de l’Afrique. Alors, il y a ceux qui ne veulent pas travailler avant d’avoir leur pain et ceux qui veulent travailler pour gagner leur vie. Ceux qui crient à l’ivoirité sont ceux qui ne veulent pas travailler. Lorsque vous travaillez, vous n’avez pas le temps de penser à de mauvaises choses.

C’est pourquoi quand on croit en Dieu et qu’on pense à lui, on ne pense pas à de mauvaises choses. Ceux qui crient à l’ivoirité, si on fouille, on verra que ce sont ceux dont le père ou la mère est hors de la côte d’Ivoire. Ce sont eux qui crient et donc ne sont pas de vrais Ivoiriens. Les exemples, je ne peux pas les publier, mais le moment venu, je ferai un livre là-dessus pour montrer que la Côte d’Ivoire est un peuple réduit de l’Afrique.

Propos recueillis par

Gérard Agognon

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