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Le triomphe de la vérité

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EDITORIAL: Le péril inflationniste


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Le gouvernement saura-t-il juguler la crise inflationniste qui fait rage sur les étalages ? La question se pose au moment où les prix des produits de consommation courante flambent sans que personne ne puisse dire les raisons de cette brusque dégradation. Si les produits courants sont ainsi, que dire des autres ? Deux graves problèmes conduisent à l’inflation actuelle.

Il y a d’abord les ajustements consécutifs au Programme de vérification des importations de troisième génération (PVI) lancé depuis quelques années et dont la mise en œuvre effective s’est imposée avec la modernisation du Port. Curieusement, ce programme sensé renflouer les caisses de l’Etat tombe à pic. Il intervient au moment où le gouvernement a plus que jamais besoin d’accélérer les réformes afin d’obtenir les moyens de faire face à l’augmentation de la masse salariale, suite à la dernière fronde sociale.

 Les ressources exigées par la signature vendredi dernier du protocole d’accord entre le gouvernement et les syndicats ne pourront jamais être obtenues si l’Etat ne trouvait pas des sources compensatoires de recettes. Agir sur la fiscalité demeure une voie royale de recours qui touche directement les consommateurs. Pour payer les nouveaux frais induits par les nouveaux tarifs dits transactionnels adossés aux prix réels des marchandises, le commerçant n’a d’autre solution que de les prélever sur les marchandises en stock.

Il était nécessaire de créer un mécanisme de compensation lui permettant d’échapper à l’asphyxie. La brusque montée intervient tout de même en plein milieu de la tempête boursière qui a largement contribué à la dégradation des prix du brut, donc logiquement à la baisse des prix du transport et forcément à celle des prix d’achat. Le consommateur est pris de court, d’autant que le phénomène touche les produits agro-alimentaires de base, nécessaires à sa survie et à celle de sa famille.

Après plusieurs semaines de hausse, les prix ne devraient pas dégringoler de si tôt. Parce que la détermination du gouvernement ne se dément pas. Le Chef de l’Etat l’a encore assuré cette semaine : il ne fera pas machine arrière quant à sa volonté de parachever la mise en place du programme, quitte à opérer quelques ajustements pour amortir le choc un tant soit peu. Le processus est devenu irréversible.

Il y a ensuite les actes de piraterie qui ont pris ces mois derniers une ampleur jamais égalée. Malgré le blackout opéré sur l’information par les autorités militaires pendant des mois, elle a fini par éclater au grand jour. Au point où l’on peut se demander si le péril n’est pas aujourd’hui plus grave qu’il n’y parait. Selon nos informations, le Port de Cotonou est sur la liste rouge des ports les plus dangereux du monde. Le Bénin est considéré comme un risque de guerre par les compagnies d’assurance.

Celles-ci ont donc doublé voire triplé les frais d’assurance. D’où alors la panique qui s’empare des autorités portuaires. Les navires ont commencé à partir vers d’autres ports, non pas parce que les risques soient réellement encore d’actualité, mais parce que les armateurs sont incapables de faire face aux nouveaux tarifs des assureurs. En effet, depuis mercredi, le Germinal, frégate française de surveillance envoyée dans le cadre de l’opération militaire Corymbe, croise dans les eaux territoriales du Bénin, et jusqu’au 30 Août. Il s’agit à tout le moins d’une opération de dissuasion qui aura un effet immédiat sur les pirates.

Du coup, les bâtiments devant mouiller aux larges de nos côtes n’ont plus vraiment de souci à se faire durant la période. Mais la frayeur des compagnies d’assurance et le classement du Bénin sur la liste rouge des Etats en risque de guerre n’ont fait qu’empirer la situation. L’envolée des prix ne pourrait alors se résorber qu’au prix d’une vaste politique communicationnelle devant redorer l’image ternie de notre pays à l’international.

L’inflation qui était prévue en 2011 pour rester à 2,8%, c’est-à-dire en dessous de la norme communautaire de 3%, va s’élever vers les 3 ou 4%. C’est le panier de la ménagère qui va en prendre un coup, par une aggravation de la pauvreté notamment dans les centres urbains. Il faut maintenant attendre que la mobilisation internationale projetée par le Chef de l’Etat nous sorte de ce mauvais pas.

Olivier ALLOCHEME

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