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Le triomphe de la vérité

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Editorial:La fusion qui fuit


La fusion aura-t-elle jamais lieu dans l’Union fait la Nation (UN) ? Bien malin qui pourrait répondre à cette question. Au moment où le premier congrès extraordinaire du PSD ferme ses portes, l’on se demande si la grande ferveur qui a accompagné les professions de foi autour de l’UN n’était que du vent.

 Au sortir des assises, le parti dirigé par Bruno Amoussou ne s’est pas démarqué clairement du régime Yayi. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les congressistes n’ont pas rejeté « la main tendue » du Chef de l’Etat. Ils l’ont même saluée, même si la méfiance reste encore de mise. On est loin du radicalisme affiché il y a seulement quelques mois par les principaux responsables du parti vis-à-vis du Chef de l’Etat. Atteinte par le vent de démobilisation qui s’est emparé des ténors et des militants à la base, l’UN s’éloigne presque inexorablement du processus de fusion des partis et mouvements qui l’avaient constituée.

Et pourtant, au milieu de l’action, que de foi et d’engagement ! Tous les partis ou presque voulaient de la fusion pour réaliser l’inédit, un mouvement unitaire faisant disparaître les petits regroupements centrifuges essentiellement attachés aux anciennes méthodes de mobilisation clanique, régionaliste et ethnique de la clientèle électorale.

Fin janvier 2010, lors de la convention nationale de l’UN, le Président Soglo s’est voulu pathétique, en prédisant à l’UN une longévité d’airain au-delà des tentatives de division qui venaient du camp présidentiel : « Allez dans les villages, les hameaux et les villes porter la bonne nouvelle ! Oui ! Dites à nos populations que la vieille politique qui a détruit l’Afrique, la politique de diviser pour régner a trouvé aujourd’hui son tombeau… Nous allons vers la terre promise », avait-il clamé sur son ton le plus prophétique.

 Et au troisième congrès ordinaire de son propre parti la RB en septembre 2010, Rosine Soglo s’était lancée dans d’émouvants et tendres adieux en des termes définitifs. « Demain, avait-elle dit à la fin des travaux, on parlera du nouveau parti, l’Union fait la nation. Adieu donc la RB, adieu le Prd, Force Clé, le Psd, Madep et le Rdl-Vivoten. » Elle en profita du reste pour dire ses adieux au parti et son retrait de la scène politique. On sait ce qu’il en fut…

Le 19 juin 2011, Léhady Soglo, agissant en tant que Président de la RB, au sortir d’une audience qu’il a eue au palais de la République, disait sans aucune espèce de gêne être venu remercier sincèrement le Chef de l’Etat « pour avoir fait preuve de clairvoyance en initiant cette politique d’ouverture…Nous serons des partenaires déterminés, fidèles, loyaux et exigeants». La RB fit son entrée au gouvernement quelques jours plus tard.

 D’autres partis de l’UN qui avaient entrepris les mêmes démarches ont été driblés par le pouvoir qui n’a pas manqué de faire lire aux journalistes curieux leurs courriers de reconversion. Un jour, tous ces documents seront publiés et livrés au peuple qui appréciera. Peu de gens ont donc été surpris de voir un à un les départs successifs qui ont commencé à sonner le glas de l’UN et de sa dynamique unitaire. Quelqu’un comme Irénée Agossa a nié même être membre de l’UN.

Sévérien Adjovi, a ouvertement critiqué hier les choix stratégiques de l’Union. Sans compter que comme la RB, un certain Dossou Dossa fera le grand écart vers le camp présidentiel, et toujours sans aucune espèce de transition. Entre les élections et les défections qui s’accumulent, il s’est écoulé à peine quelques mois, un laps de temps suffisamment utile pour que chacun prenne le large tôt, assez tôt pour bénéficier de sa part du pouvoir.

Pendant ce temps, la dynamique unitaire prônée par l’UN en ses textes fondamentaux, a été érigée en une relique du passé, très vite oubliée dans les méandres des agitations préélectorales. On n’en parle plus.

C’est qu’il lui faut maintenant retrouver une nouvelle orientation incarnée par des noms tels que Lazare Sèhouéto, Antoine Kolawolé Idji ou encore un certain Raphaël Akotègnon. C’est à leur fougue et à leur intelligence que reste attaché l’espoir d’une nouvelle fermentation pour semer à nouveau le grain de la fusion. Même s’il faut pour cela secouer la fondation.

Olivier ALLOCHEME

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