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Le triomphe de la vérité

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Festivités commémoratives des 51 ans d’indépendance à Cotonou:Ferveur populaire pour le baptême de feu du préfet Placide Azandé


Joie et ferveur étaient à leur comble le lundi 1er août 2011 sur le visage des habitants de la capitale économique. A l’occasion des festivités marquant les 51 ans d’accession à la souveraineté internationale du Bénin, populations, autorités et invités sont massivement sortis pour donner un cachet spécial à la célébration de l’indépendance nationale.

Le pas haletant, la vieille Martine da Silva n’entend pas manquer l’arrivée du « commandant » en ce jour de liesse populaire. Aux aguets depuis sept (07) heures du matin à l’instar de nombreuses autres femmes et drapée dans un pagne à l’effigie du Chef de l’Etat, cette femme âgée au visage ridé ne semble pas encore être rassasiée de la succession des festivités marquant l’accession à l’indépendance du Bénin auxquelles elle assiste pourtant depuis 1960.

« J’étais encore jeune quand nous sommes devenus libres. Pour avoir connu les souffrances de la colonisation, je connais le prix de la liberté. Donc, je dois continuer à chanter et à danser tous les 1er août pour dire adieu aux souffrances que nous avons connues malgré mon âge», explique-t-elle, le front perlé de sueurs. A l’instar de cette septuagénaire, les habitants de Cotonou n’ont pas boudé l’appel des autorités préfectorales et communales pour faire de la célébration de l’indépendance une réussite dans la ville phare du Bénin.

 Ainsi, à l’arrivée du Préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Placide Azandé au boulevard des Armées à 09 heures 48 minutes en provenance du Monument aux morts où il a sacrifié au traditionnel dépôt de gerbes de fleurs en mémoire des vaillants fils et filles du Bénin morts en l’honneur de la patrie, c’est l’euphorie.

Femmes et hommes, citoyens et personnalités mobilisés depuis des heures accueillent avec des acclamations l’arrivée du véhicule de commandement du nouveau préfet qui fait à l’occasion son baptême de feu. Les femmes et les jeunes filles regroupées par affinités mettent à contribution voix et corps pour extérioriser leur sentiment de joie. Descendu de son véhicule, le préfet Azandé est accueilli par l’hymne national qui, exécuté par la fanfare de la Gendarmerie nationale, témoigne de la solennité de l’évènement.

Le passage en revue des troupes et des personnalités présentes conduisent l’autorité préfectorale à regagner son siège aux côtés du 2ème adjoint au maire de Cotonou, Patrice Loko, représentant à l’occasion le premier citoyen de la ville. Les regards se tournent désormais vers les maîtres de cérémonie pour le démarrage des deux défilés prévus, celui militaire et celui civil. L’honneur revient aux hommes en armes d’inaugurer les défilés. La fanfare de la gendarmerie et ses musiciens ouvrent le bal.

Le détachement de la police nationale, les éléments de la gendarmerie nationale, ceux des forces navales, les forces maritimes, les forces armées de terre, les Eaux et forêts, les sapeurs-pompiers, la Douane nationale…tiennent en haleine le public qui savoure, sans s’en lasser, le savoir-faire des hommes en arme. L’attention est davantage soutenue au passage du personnel féminin des forces armées.

Loin de la douceur féminine, les militaires femmes ont le regard imperturbable avec des pas feutrés qui suscitent l’admiration au sein des groupes de femmes, assises ou arrêtées sous les bâches déployées par la mairie où le rayon du soleil. « C’est bien…bravo », peut-on entendre de la foule. L’occasion est aussi belle pour renouer avec les propos féministes. « Avec ça, qui peut dire que les femmes ne sont pas égales aux hommes ?», s’interroge une jeune femme d’une vingtaine d’années, le drapeau national entre les mains.

Les civils au cœur du défilé

La célébration du 1er août a été aussi l’occasion pour les populations civiles d’apporter leur contribution à la réussite des festivités. A cette occasion, la municipalité de Cotonou n’a pas fait dans la dentelle. La police municipale, forte de plus de 160 personnes, s’est une nouvelle fois fait connaître des populations dont elle aspire assurer, dans les prochains mois, la sécurité.

Les représentants de l’Union des agents de sécurité privée leur emboîtent le pas. Les conducteurs de taxi-moto, réunis au sein du Syndicat national des conducteurs de taxi-moto du Littoral (Synacotamol), cravates au cou, égaient le public à travers des démonstrations à moto. A l’instar des acteurs culturels qui mettent en relief leur talent artistique, les femmes ne sont pas en marge du défilé. Réunies au sein de l’Association des femmes pour la refondation ou le mouvement des femmes patriotes de la ville de Cotonou, la gent féminine rehausse l’éclat de la manifestation à travers l’harmonie des couleurs dont elles font preuve ; toute chose qui distingue ces amazones dans la foule compacte de participants.

 La Société de gestion des marchés du Bénin n’est pas restée en marge des festivités. Son personnel, paré de ses plus beaux attributs, vante les mérites de cette société d’Etat. Principales bénéficiaires des prestations de la Sogema, les femmes des marchés secondaires de Cotonou en l’occurrence Gbogbanou et Ganhi, prennent une part active au défilé. L’exhibition des matériels acquis par la municipalité de Cotonou vient mettre un terme à ce défilé riche en couleurs et en sons aux environs.

Pour le Préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, la fête est une grande réussite. Selon les propos de l’autorité préfectorale, toutes les dispositions ont été prises à cette fin. Aussi, l’éclat des festivités est-il la conséquence de l’engagement pris par la Préfecture, en collaboration avec la mairie, de faire de cette fête une occasion de communion populaire.

 Le deuxième adjoint au maire de Cotonou partage ce sentiment de satisfaction. Pour Patrice Loko en effet, les festivités de Cotonou ont comblé les attentes et témoignent des efforts déployés par les autorités pour faire de cette messe une véritable occasion de retrouvailles et de communion avec les différentes composantes de la capitale économique.

Somme toute, la célébration du cinquante et unième anniversaire de l’accession du Bénin n’est pas passé inaperçue à Cotonou. Le large sourire affiché par le préfet Placide Azandé à l’entrée de son véhicule au terme de la manifestation en est grandement illustratif.

Jean-Claude D. DOSSA

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