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Le triomphe de la vérité

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51ème anniversaire de l’indépendance du Bénin :Un défilé militaire aux couleurs de la Refondation, un défilé civil dédié à la gloire de Yayi


Dimanche 31 juillet vers 15 heures 16 Minutes. Le véhicule du Président de la République, Docteur Boni Yayi s’immobilise dans les encablures du Stade municipal de Natitingou. A bord, le Chef de l’Etat et son traditionnel soutien et invité aux manifestations officielles, le Général Mathieu Kérékou. Sous les agitations de la garde républicaine qui courrait dans tous les sens pour accomplir sa mission de sécurisation de ces personnalités VIP, les deux hommes font leur entrée dans le Stade où attendait une impressionnante mobilisation populaire.

Visiblement affaibli, le Général ne presse pas les pas comme il lui était loisible. Le poids de l’âge pesait sans nul doute sur l’invité de marque de Yayi. Contraint à se conformer aux pas du Général, le Chef de l’Etat ne s’empressera pas non plus pour rejoindre les milliers de gens qui s’impatientaient malgré la pluie inattendue qui s’est invitée dans la cérémonie. Une fois au stade, les deux hommes s’acquittent des civilités sous une squelettique ovation du public.

Autrement dit, l’arrivée de l’ancien Président de la République n’a pas suscité au sein des populations, autant d’engouement et d’applaudissements comme ce fut le cas lors de l’investiture de son successeur le 6 Avril dernier au Stade Charles de Gaulle de Porto-Novo. Pour quelles raisons, on ne saurait le dire avec assurance. Les deux maitres de cérémonie désormais installés, le défilé proprement dit peut commencer. Mais avant, pour la toute première fois, le festival culturel sera d’abord exécuté avec les majorettes.

L’impressionnante prestation des majorettes

Mission à 1OO% accomplie pour les majorettes à Natitingou. Elles sont constituées de 25O jeunes filles et de 4OO jeunes garçons qui ont émerveillé toute l’assistance dimanche dernier au Stade municipal de Natitingou. Sous des notes musicales exclusivement béninoises, les majorettes ont exécuté à merveille, les différents tableaux de prestations auxquels elles ont été initiées pendant des jours. Cette fois-ci, aucune fausse note n’a été enregistrée.

Contrairement à Porto-Novo où suite à une panne technique, elles ont été privées à un certain moment de leur prestation, du support musical, les majorettes ont prouvé au public, leurs talents artistiques. Des applaudissements bien nourris, on s’en n’est pas privé durant toute la cérémonie. A l’unisson, l’assistance, séduite en effet par les différents tableaux présentés par ces jeunes filles et jeunes garçons, a exprimé sa fierté d’avoir vécu cet événement.

C’est le cas d’une sexagénaire qui était à mes côtés et qui au début, ne cessait de se plaindre du grand retard que connaissait le démarrage du défilé. Très tôt, ces plaintes se sont substituées à des cris de joie et de bonheur. On dirait plutôt une adolescente ! On peut alors affirmer sans risque de se tromper qu’à Natitingou, plus qu’ailleurs les majorettes ont marqué les esprits avec leurs prestations.

Le défilé civil ennuyeux à l’exclusive gloire de Yayi

Après l’intermède des majorettes, les corps constitués du Bénin peuvent désormais défiler comme il est prévu au programme des manifestations. Venus de divers horizons, ces hommes, femmes et jeunes se sont invités dans la fête. Mais seulement, leurs prestations à l’exception de celles des cavaliers n’ont pas suscité grand intérêt.

Et pour cause, la longue file de participants et la politisation outrancière qui s’est glissée dans ce défilé censé être exclusivement un instant de démonstrations des potentialités culturelles et productives de la localité et du Bénin en général ont fini par agacer la foule. Tous ceux qui ont défilé n’ont qu’un seul nom aux lèvres. C’est bien celui du Chef de l’Etat, Docteur Boni Yayi. Que ce soit les femmes, les hommes, les différentes chansons qu’ils exécutaient convergent vers une même personne, le Président de la République.

On dirait plutôt un Géant meeting politique en période électorale. Ainsi, pendant près de deux heures, Yayi a été glorifié et on a tôt fait d’oublier que nous étions aux manifestations d’une fête nationale. Au lieu de susciter donc envie et engouement dans le rang des populations, le défilé civil aura généré ennui et dégoût. Toutefois, la spectaculaire prestation des cavaliers et l’intervention finale des majorettes ont pu faire gravir dans les esprits des populations, un bon souvenir du défilé civil marquant le 51ème anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale.

Les « Zémidjans » exclus du défilé civil

S’il y a un corps constitué de la société qui a manqué au défilé civil cette année, c’est bien celui des hommes en uniforme, conducteurs de taxi-moto communément appelés « Zémidjans » ou « Zé » à Natitingou. Es-que pour des raisons environnementales du fait de la pesante fumée qu’ils dégagent une fois invités à la cérémonie ou juste un choix délibéré ?

On ne saurait répondre avec précision à cette interrogation. Mais ce qui est évident, les « Zé » de Natitingou n’ont pas pris part au défilé civil comme en ont eu le privilège leurs homologues des autres départements lors des célébrations précédentes. Et c’est une situation que n’apprécie guère Soulémane rencontré dans la ville après le défilé.

Selon ses dires, aucun contact n’a été pris par les autorités avec ce corps. Et c’est justement pour cela qu’il se sent bien marginalisé et s’est même refusé de faire le déplacement du stade municipal de Natitingou en vue de suivre les manifestations. Il profite bien de son temps en s’investissant dans la surenchère avec ses clients, faisant comme s’il n’y avait aucune fête.

Donatien GBAGUIDI

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