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Le triomphe de la vérité

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Port autonome de Cotonou sous Yayi:Joseph Ahanhanzo sixième DG d’une institution en pleine transformation


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C’est la sixième fois que le Port Autonome de Cotonou change de tête en cinq ans. Nommé lors du conseil des ministres de mercredi 20 juillet, Joseph Ahanhanzo-Glèlè prend les rênes d’une institution qui a fondamentalement changé ces cinq dernières années. Ancien ministre de la réforme administrative et institutionnelle du troisième gouvernement du changement, il était jusqu’à sa nomination conseiller technique aux réformes administratives et institutionnelles du Chef de l’Etat.

Il remplace Albert Sègbégnon Houngbo, le DG sortant qui a rejoint son poste à l’UEMOA depuis la fin du mois passé après avoir passé 21 mois à la tête de l’institution. Né le 23 Juin 1956, le nouveau Directeur Général du Port a fait une bonne partie de ses études au Danemark, ce qui lui a valu d’ailleurs de travailler pendant longtemps à la DANIDA. Il hérite d’abord d’un dossier brûlant révélé par le conseil des ministres qui l’a nommé.

Le gouvernement intime l’ordre en effet à la société PALMARES de réaliser l’automatisation autonome du dispositif des portails automatiques conformément à un contrat conclu entre l’institution portuaire et elle depuis le 30 mai 2008. Il engage même le nouveau DG à procéder à une refondation de la gouvernance du Port Autonome de Cotonou (PAC) à travers le renouvellement des membres du Conseil d’Administration du Port et la transmission du dossier à l’Agent Judicaire du Trésor dans la perspective des poursuites à engager.

Le Ministre de l’Economie et des Finances et le Ministre Délégué Chargé de l’Economie Maritime, ont été également chargés de prendre des mesures disciplinaires à l’encontre des différents acteurs impliqués dans la gestion de ce dossier. Ont été nommément cités :

1- les Directeurs Généraux à l’époque des faits, Messieurs Jérôme H. DANDJINOU et Cyriaque ATTI-MAMA ;

2- le Président du Conseil d’Administration du Port Autonome de Cotonou (PAC) au moment de la passation du marché et de la signature des contrats avec la Société PALMARES de la période d’avril 2008 à mars 2010, Monsieur Armand ZINZINDOHOUE ;

3- l’ex-Directeur National des Marché Publics, Monsieur Isidore K. TOSSOU.

Le ministre Jean Michel Abimbola en charge de l’économie maritime a été instruit par le Conseil à l’effet de faire renouveler le Conseil d’Administration et de transmettre le dossier à l’Agent Judiciaire du Trésor pour l’avis juridique dans la perspective des poursuites à engager à l’encontre des intéressés.

                                                                                     LE NOUVEAU VISAGE DU PORT

Au plan des infrastructures, le visage du Port de Cotonou tel que le nouveau DG le prendra dans quelques jours a été transformé par le Millenium Challenge Account (MCA). Cinq ans après sa mise en œuvre au Bénin, le programme financé par le gouvernement américain entame la dernière ligne droite de son action. Au Port Autonome de Cotonou (PAC) qui a bénéficié du volet Accès aux Marchés de ce vaste programme du gouvernement américain, l’heure est actuellement au bilan des activités.

A quelques mois de la clôture du programme du Bénin pour le MCA, l’institution portuaire a bénéficié en effet d’une composante évaluée à 169,45 millions de dollars, soit environ 82 milliards 183 millions 250 mille (82.183.250.000) FCFA. Il s’agit de redynamiser le port pour lui donner sa place prépondérante dans la sous-région ouest-africaine et surtout son rôle dans l’économie béninoise.

Les activités prévues à cet effet sont essentiellement l’acquisition et l’installation d’un système intégré de sécurité conforme aux normes internationales édictées par le code ISPS, la réhabilitation et la construction d’infrastructures portuaires ainsi que la mise en œuvre d’un programme de formation et d’assistance afin d’assurer la sécurité des personnes et des biens et de doter le Port d’outils adéquats et performants. Au titre des travaux et des équipements, le MCA avait prévu six grands projets répartis en lot :

Lot N°1 : Extension de l’épi d’arrêt des sables sur 300 mètres

Lot N°2 : Construction de deux postes à quai en paroi moulée de 600 mètres de longueur et draguée à -15m ZH

Lot N°3 : Zoning, électricité et éclairage, prtection-incendie, mise à niveau de la sûreté portuaire

Lot N°4 : Acquisition et installation de nouveaux équipements de déchargement de vrac solides

Lot N°4 : Acquisition, installation d’une station de monitoring climatologique et océanographique

Lot N°5 : Acquisition, installation d’une station de monitoring climatologique et océanographique

Lot N°6 : Fourniture et installation d’équipements de lutte contre la pollution

En dehors de tout ceci, il a été prévu d’acquérir un remorqueur de port et de mer, de même que la construction et l’équipement d’une base obligatoire de contrôle (BOC) des produits halieutiques au port de Cotonou. Les investissements prévus visent à accélérer les opérations de chargement et de déchargement et par conséquent à réduire l’attente des navires en rade.

Des réalisations pour relever le défi

C’est ainsi que le 17 septembre 2009, ont été lancés les travaux entrant dans le cadre de la construction d’un prolongement de l’épi d’arrêt de sable sur 300 mètres à l’aide de blocs de béton armés en acropode II. Sur une période contractuelle de 22 mois, le Consortium SOGEA/SATOM/EMCC a mené les travaux qui ont coûté environ 14,5 milliards de FCFA. Le 14 décembre 2010, les autorités du MCA-Bénin et du Port ont procédé à la réception provisoire du nouvel épi entièrement terminé.

Il permet ainsi de lutter efficacemet contre l’ensablement de la passe d’entrée du chenal d’accès du Port de Cotonou. Mais le projet de construction du quai sud est encore en cours. Lancés ce même 17 septembre 2009, les travaux étaient prévus pour durer 22 mois sous la conduite de la société Soletanche Bachy pour un montant d’environ 18, 4 milliards de FCFA.

 Retardés par la situation sécuritaire fragile des installations d’hydrocarbures de la société Oryx Bénin, les travaux suivent actuellement leur cours normal et devraient être livrés sous peu, permettant ainsi d’augmenter la capacité d’accueil du port pour ce qui est des navires porte-conteneurs. Pour ce qui est de la mise en œuvre du plan de zoning, de l’électricité, de la protection-incendie et de la mise à niveau de la sûreté portuaire par la vidéosurveillance et la radiocommunication, les travaux entrant dans ce cadre sont réalisés par le Consortium UTL&SPML. Lancés le 07 décembre 2009, ces travaux ont connu un certain piétinement.

 Grâce au coup de pouce de la direction du MCA-Bénin, ils continuent favorablement. Actuellement, la caserne des sapeurs-pompiers est en cours de construction de même que le réservoir de stockage d’eau et la station de pompage. Divers autres travaux sont en cours. Il s’agit de la construction de la voie de contournement et de parking avec éclairage et la relocalisation de la clôture douanière sud et ouest.

Aujourd’hui, le Port de Cotonou dispose d’une station ultramoderne de monitoring climatologique et océanographique mise en place par la société NortekMed SA. De même, l’institution portuaire s’est doté d’équipements de lutte contre la pollution fournis et installés par la société Le Floch Dépollution. Depuis janvier, le port disposait d’un gestionnaire de l’environnement.

La transparence au rendez-vous

Mais les réformes concernent également la gestion administrative et financière de l’institution. Sous la houlette du MCA-Bénin des audits financiers ont été réalisés par le cabinet international Ernest & Young. Les recommandations formulées sont mises en œuvre suivant un plan suivi de rapport trimestriel d’application.

Les acteurs portuaires s’activent actuellement autour de la mise en place d’un système intégré de gestion du Port autonome de Cotonou (SIGPAC) et du Système d’information du Guichet Unique pour le Commerce Extérieur (SIGUCE). Ils doteront le port d’instruments modernes de gestion permettant d’assurer une transparence et une traçabilité absolues des opérations. Dans le même temps, le groupe français Bolloré entend investir environ 130 milliards de FCFA dans la construction d’un nouveau terminal à conteneurs du port.

 Dans ce cadre, 500 emplois directs seront créés par le constructeur français. « Une fois achevés, ces travaux vont accroitre la compétitivité du Port », se réjouissait le Directeur Général sortant du Port, Albert Sègbégnon Houngbo. Pour le moment, les autorités portuaires bénéficient de tout le vent favorable généré par la modernisation de l’institution qui accroit son potentiel pour attirer les pays de l’hinterland.

Le port pourrait alors conforter son rôle de poumon économique du Bénin et pourra être « le premier des petits ports de la sous-région en attendant qu’il soit grand », comme aime à le répéter l’ancien ministre de l’économie maritime Issa Badarou Soulé.

Olivier ALLOCHEME

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