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Le triomphe de la vérité

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Interview du nouveau Directeur de l’Ensemble artistique national, Marcel Zounon:« L’Ensemble artistique national sera le vivier de la création artistique et culturelle du Bénin »


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Marcel Zounon, le Directeur de l’Ensemble artistique national

Promu Directeur de l’Ensemble artistique national depuis le 02 février 2011 dernier, Marcel Zounon fait l’état des lieux de son institution et dévoile ses ambitions. Son crédo, c’est de « Faire de l’ensemble artistique national, le vivier de la création artistique et culturelle du Bénin ». A travers cet entretien, l’homme parle de ses dernières initiatives pour doter l’institution d’un véritable cadre légal. Il rêve grand pour cette structure !

L’Evénement Précis : Vous êtes nommé Directeur artistique national depuis le 02 Février 2011 dernier. Quel est aujourd’hui l’état des lieux de cette Direction que vous venez d’hériter ?

Marcel Zounon : Je dirai que l’Ensemble artistique national est créé par arrêté ministériel par l’ancien Ministre de la culture, Monsieur Paulin Hountondji le 28 décembre 1992. Nous avons remarqué qu’à ce jour, l’Ensemble est demeuré sur cet arrêté. Du coup, nous avons constaté à l’état des lieux que le cadre juridique manque pour cette institution.

Et c’est justement ce qui fait que l’Ensemble n’a pas le rayonnement qu’il faut. A notre prise de service, nous avions comme cheval de bataille, de pouvoir doter l’Ensemble artistique national d’un cadre juridique. Cela voudra dire qu’on aille à la création du Décret portant statut de l’ensemble qui doit être pris par le gouvernement. Ensuite, nous devrons aller à l’arrêté portant organisation, attributions et fonctionnement de l’Ensemble artistique national, ce qui nous permettra de créer des services appropriés dans cette Direction pour pouvoir nommer des Chefs division afin que l’Ensemble puisse retrouver ses lettres de noblesse.

 Nous avons vu également que l’Ensemble qui avait pour objectif de créer les arts de scène, de musique et de théâtre ne fait aujourd’hui que le Ballet national. Le théâtre national est absent, la musique aussi. Et c’est pour cela que nous travaillons à aller à quelques jours de réflexion qui mobiliseront des acteurs culturels bien avertis qui produiront des conclusions percutantes pour l’avenir de l’institution lorsque nous aurons les textes légaux qui manquent.

Il s’agira donc de repenser les nouvelles orientations à donner à l’institution. Nous aurons donc à la sortie de ces journées de réflexion, un chronogramme cohérent d’activités assorti d’un budget clair et précis. Après cela, nous irons à la table de négociation pour discuter avec le gouvernement des subventions qu’il devra nous accorder pour appuyer notre culture et en même prendre langue avec les partenaires au développement qui sont prêts à nous aider mais à condition que l’Ensemble soit doté d’un véritable cadre juridique.

On remarque que l’Ensemble a de sérieux problèmes pour lesquels vous êtes bien préoccupé. Vous y êtes installé, cela fait déjà 5 mois. Qu’avez-vous déjà mené comme actions pour que l’on sente en vous une réelle détermination de faire bouger les choses au niveau de cette institution ?

A ma prise de service, nous avons introduit un projet de décret portant statut de l’Ensemble artistique national. C’est encore dans les mains des responsables du Ministère chargé de la réforme administrative et institutionnelle. Ce sont eux qui doivent donner leur touche au décret avant de nous l’envoyer pour que nous puissions le renvoyer au gouvernement afin que le Décret soit pris. De nos échanges avec les responsables de ce département ministériel, il ressort bientôt, la version corrigée du Décret sera prête pour que nous l’envoyions au gouvernement.

Et je crois que l’actuel Ministre de la culture, Valentin Djènontin est totalement disposé à nous accompagner afin que nous fassions de l’Ensemble artistique national, le vivier de la création artistique et culturelle du Bénin. Mieux, nous avons introduit, le projet d’arrêté portant organisation, attributions et fonctionnement de l’Ensemble artistique. C’était sur la table de l’ancien Ministre Galiou Soglo quand il a été dénommé. Le projet nous a été retourné pour qu’on le revoie. Cela devra faire le tour de tout le Ministère afin que les signatures nécessaires y soient apposées pour son entrée en vigueur.

 Nous avons également pris contact avec certains partenaires au développement, notamment le Centre culturel chinois qui est totalement disposé à nouer un partenariat avec l’Ensemble artistique national. Mais faute de statut, ils attendent d’abord. Les artistes qui officient avec l’Ensemble n’ont aucun contrat avec nous. Nous devons aujourd’hui procéder à leur remplacement. Mais nous ne pouvons pas continuer de faire du saupoudrage. L’Ensemble artistique est un tout et devra donc prendre en compte tous les arts de scène, notamment le théâtre, la musique et la danse.

Nous pensons donc que nous devons aller au-delà des sentiers battus. Faire des artistes de l’Ensemble artistique, des fonctionnaires comme cela se disait, ce n’est pas possible à mon avis. Nous aurons des programmes cohérents et on aura des contrats avec eux et dès que le contrat prend fin, ils retourneront dans leurs groupes de base. Voilà un peu ce que nous avons entrepris depuis notre arrivée à la tête de la Direction.

A vous entendre parler, on note que sur certains points, vous êtes en parfaite contradiction avec votre prédécesseur Eustache Florent Hessou. Autrement dit, lui, il se battait pour que les artistes qui officient au sein de l’Ensemble aient un statut particulier afin de pouvoir bénéficier d’une rémunération mensuelle comme tout salarié de l’Etat. Mais vous, contrairement à lui, vous parlez d’un contrat à durée déterminée avec ses artistes. Cela ne pose-t-il pas un problème ?

Vous savez, moi, en bon gestionnaire, je ne sais sous quel diplôme, nous allons mettre les artistes de l’Ensemble sous un contrat à durée indéterminée comme des fonctionnaires. Moi je trouve que ce n’est pas possible. Et cela pour deux raisons. La première, c’est qu’aujourd’hui, l’Ensemble artistique national ne peut plus être considéré comme un ensemble qui doit faire exclusivement du ballet. Les artistes sont comme des footballeurs qui ont leur club de base.

Lorsque ces footballeurs sont appelés dans l’équipe nationale, une fois que la saison pour laquelle ils ont été appelés finit, ils retournent dans leur club originel. Et c’est que nous pensons faire au niveau du Ballet national. La seconde raison, c’est que nous devons finir avec la politique de main tendue. Je crois que l’esprit de fonctionnariat ne doit pas miner les créateurs des œuvres d’esprit que nous sommes.

Mais nous gagnons peut-être mieux notre vie en tant que des libéraux que d’être fonctionnaires d’Etat. Il ne faudra pas qu’on se leurre, tout le monde ne peut pas émarger au budget national. Je pense que l’Ensemble artistique national doit être à l’image de la Fédération béninoise de football.

On note aujourd’hui que l’Ensemble artistique national est exclusivement résumé au Ballet national alors que cela devrait embraser tous les arts de scène. Que faites-vous pour relever le défi de la diversification des activités de l’institution ?

Pour relever ce défi, il faut forcément parvenir à relever le défi du cadre légal de l’institution. On ne peut rien faire sans avoir doté l’Ensemble d’un cadre juridique. Dès qu’on a cela, je crois que tout le reste serait facile. On peut créer des sections. Au niveau de la section de production par exemple, il y aura la division « Danse » qui sera bien structurée, bien professionnalisée avec des cadres du domaine et d’autres sections qui comporteront les divisions « Théâtre », « Musique » et consorts.

 Bien qu’étant un pays très riche en culture, le Bénin est le dernier à se doter d’une politique de création artistique cohérente dans la sous-région. Il va falloir donc coûte que coûte sortir la culture béninoise des sentiers battus. Parce que nous croyons fermement que la culture peut apporter des devises à l’économie nationale.

En guise de conclusion à cet entretien, quelles sont vos perspectives d’avenir pour la Direction de l’Ensemble artistique national que vous dirigez aujourd’hui ?

Comme perspectives, nous voulons dire tout simplement qu’il faut qu’on ait le soutien du politique parce que nous pensons qu’on ne peut pas dire aujourd’hui que les acteurs culturels ne soutiennent pas le rayonnement de l’Ensemble artistique national. Que le politique nous aide donc à avoir les moyens pour initier les fondements du développement de notre culture. Je suis persuadé qu’aujourd’hui, la culture fait beaucoup parler de notre pays au plan international.

Propos receuillis par

Donatien GBAGUIDI

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