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Le triomphe de la vérité

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Théâtre de Ségun Olabissi: « Omi », une alchimie d’arts sur scène


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Vendredi dernier au Centre culturel français de Cotonou, Ségun Ola Création et West Circus ont présenté au public, la pièce « Omi » pour laquelle une tournée nationale est engagée depuis peu. « Omi »  qui signifie l’eau Yorouba,  regroupe sur scène, une trentaine d’acteurs, qui curieusement, de l’avis du metteur en scène, Ségun Olabissi, ne sont pas en réalité des comédiens, mais juste des artistes qui se sont adaptés au théâtre pour véhiculer aux spectateurs, la prépondérante place de l’eau dans la vie de l’humanité. Et comme pour éviter l’ennui, ils touchent à tout sur scène. « Omi », plus qu’une pièce théâtrale, est alors un mélange hétéroclite de tous les arts, lesquels ont permis d’accrocher le public tout au long de la présentation.

 Décor scénique presque vide, sauf deux paillassons installés de part et d’autre sur la planche où doit se présenter la pièce « Omi » du metteur en scène nigérian, Ségun Olabissi. Sous une note de tambours, deux des acteurs, l’un transportant l’autre enrôlé d’une corde, s’invitent sur la scène. Libéré de son enrôlement, le transporté tient l’autre bout de la corde pour ainsi permettre à quelques autres acteurs qui à tour de rôle s’invitent sur la scène pour jouer au saut de corde. Puis quelques instants après, la scène se mue en un plateau de journal télévisé du soir où le poste téléviseur conçu avec des bois transformés impose la présence d’autres arts aux côtés du théâtre. C’est ainsi que le présentateur plonge le public dans une année imaginaire, une année où la vie devient quasiment impossible : l’an 3011. Du fait du gaspillage fait de l’eau, toutes les sources d’eau ont tari. Plus une seule goutte d’eau pour étancher sa soif, ni pour se laver. Tout le village, « Omicity » où se déroule la scène devient alors plaintif.  Des pertes en vies humaines ont été enregistrées  et la situation va de mal en pire. Que faire alors pour que l’eau revienne à Omicity ? C’est la question qui se colle à toutes les lèvres. Le metteur en scène à sa manière bien particulière pour aborder un problème universel.

 Le recours aux dieux, une preuve d’africanisation de la pièce

A l’issue d’une grande réunion autour du Roi, une décision a été prise. C’est bien à la suite d’une consultation de l’oracle qui révèle ce qui a fâché les dieux qui ont fini par déclencher une accrue sécheresse dans le village en guise de punition des villageois d’Omicity. Il s’agit donc d’offrir des sacrifices aux dieux pour apaiser leur colère et prendre de fermes engagements pour ne plus jamais  abuser de l’eau. C’est seulement à ce prix que les dieux feront naître par les entrailles d’une femme, l’enfant qui sauvera tout un peuple de la sécheresse mortelle. Tous les regards sont  alors fixés sur cette femme par qui le bonheur reviendra à Omicity. Et comme pour donner de la crédibilité aux dieux, le metteur en scène, Ségun Olabissi a fait en sorte que leur prophétie soit réellement réalisée. Ainsi, comme annoncé, une femme tomba enceinte. Ce n’était pas une grossesse ordinaire puisque depuis le sein de sa mère, l’enfant parle. Face à cela, l’espoir de voir s’éloigner d’Omicity, la catastrophe se renforce. Effectivement, l’enfant prodige a vu le jour et l’eau arriva conformément à la prophétie des dieux.

 Eviter à tout prix d’ennuyer le public

Comme vous vous en doutez, le thème « L’eau » choisi pour cette pièce paraît bien superflu et l’on pouvait imaginer un probable ennui du public à la présentation. Mais conscient de ce que  la réussite d’une présentation théâtrale réside notamment dans la communion permanente entre scène et salle ou acteurs et public, le metteur en scène,  Ségun Olabissi y a mis du sien. Chacune des séquences de la pièce est entremêlée d’autres sous séquences. C’est ainsi que le mélange hétéroclite de danses, d’acrobaties, de chants et même de  magie a été noté tout au long du spectacle. Et c’est un coup que Ségun Olabissi a bien réussi puisque le public n’a cessé d’exprimer son admiration au spectacle par des acclamations et même parfois des craintes de noter des cas d’accident dans le rang des acrobates, vu la complexité de leurs prestations. Et la particularité ici, c’est que ce sont les mêmes acteurs qui jouent à tout, du début jusqu’à la fin, chacun ayant donc des rôles bien déterminés. « Le succès d’une pièce réside dans  le plaisir qu’éprouve le public en la suivant. Si nous avions fait ce mélange, c’est pour ne pas ennuyer le public, étant donné que le thème  « Omi » (L’eau) choisi paraît moins accrocheur », nous a confié Ségun Olabissi qui au finish, a réussi à passer son message : celui de l’importance de l’eau dans la vie de l’Homme. D’ores et déjà, l’homme annonce un grand festival de Cirque inédit au Bénin, de quoi permettre aux Béninois de vivre de palpitants instants de plaisir.

Donatien GBAGUIDI

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