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Le triomphe de la vérité

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Editorial: Une nouvelle espérance


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C’est du jamais vu ! A trois mois de la prochaine présidentielle, Me Adrien Houngbédji a décliné  samedi sa vision de développement pour le Bénin. C’est la première fois qu’un candidat à une présidentielle dévoile clairement son projet de société trois mois avant le scrutin. Clairement, c’est-à-dire sans cacher ses tares  derrière des concepts vagues et sans consistance du genre « changement », « l’école pour tous », « l’emploi pour tous les jeunes ». Même s’il manque à ce grand discours un terme clair pour désigner d’un seul tenant l’ensemble des mesures envisagées pour situer leur orientation stratégique, Me Houngbédji a le mérite de dire enfin quelque chose sur ce qu’il voudrait faire du pouvoir d’Etat. Il faut louer dans le candidat de l’Union fait la Nation un engagement courageux sur des thèmes délicats, au besoin même en reprenant certaines actions en cours mises en œuvre par le régime actuel, notamment sur les soins gratuits   aux enfants de moins de cinq ans ainsi que les femmes enceintes, sans parler de l’assurance maladie aux élèves et des ordinateurs aux étudiants. Il est clair désormais que, s’il était élu en 2011, Me Houngbédji donne les instruments d’évaluation de son action. C’est un risque d’autant plus accru que des échéances claires sont fixées pour les réalisations, sans préjuger de la problématique essentielle des moyens. Pour la première fois depuis de nombreuses années, Me Houngbédji s’exprime sur les problèmes concrets des Béninois, sans s’en prendre grossièrement au « gouvernement ventilateur » mais  en proposant « sa » solution aux difficultés du pays. Cette fois, le candidat de l’UN promet clairement l’autosuffisance alimentaire, la modernisation de l’agriculture, le remboursement de la dette intérieure, un milliard pour chaque commune à partir de 2012, la réhabilitation des axes routiers dégradés, un fonds pour l’auto-emploi des jeunes…Des solutions originales sont envisagées, notamment pour ce qui est de la mécanisation de l’agriculture, la suppression totale des ordres de paiement… Mais toutes ces solutions, aussi radicales qu’elles paraissent, ratent l’essentiel : la création de la richesse pour accroitre les potentialités économiques du pays.

 En réalité, le discours d’investiture du candidat de l’UN renvoie à une conception dépassée du rôle de l’Etat dans  l’économie. L’Etat chez lui est un pourvoyeur de milliards qu’il distribue par brassées entières aux communes, aux étudiants, aux paysans, aux hôpitaux, aux jeunes. C’est l’Etat-providence, le fameux welfare-state qui a caractérisé les années révolution au Bénin. Cet Etat ne crée pas de richesse ou si peu. Et lorsqu’ils parlent de création de richesse, les accents du candidat de l’UN sont ceux des années 60 et 70 : « le monde a besoin de coton, de noix de cajou, des produits du palmier à huile, du karité… » C’est dépassé. Un discours novateur aurait été celui d’une transformation de ces ressources pour générer de la plus-value grâce à la mise en place d’unités industrielles conséquentes. Aujourd’hui,  les cultures de rente soumises à des fluctuations incontrôlables sur le marché international sont des vecteurs d’instabilité pour les économies des Etats pauvres  et il est question d’envisager de nouvelles politiques industrielles pour  accroitre dans les Etats les potentialités locales de production. La transformation des ressources agricoles et énergétiques est la source de l’économie du XXIè siècle, source dont les pays émergents ont compris depuis longtemps l’importance stratégique.   L’économie de rente, cinquante ans après les indépendances, est l’un des vecteurs de la pauvreté des Etats africains. Si les perspectives d’investissement agricole privé commencent à montrer de bons signes, il est évident que le rôle central de l’Etat est d’encourager l’arrivée d’autres privés et  la transformation des matières premières.

Mais en dehors de ce choix stratégique détonnant, il y a cette erreur qui en dit long. Faisant allusion au classement Doing Business du Bénin, Adrien Houngbédji a laissé entendre qu’il veut amener le Bénin à quitter sa 172è  place actuelle, alors que le pays est bien 170è sur 183 Etats dans la facilitation du climat des affaires. C’est une erreur symptomatique : l’Etat de Houngbédji prend l’initiative privée comme un élément secondaire, alors qu’elle doit être au centre de la politique économique. Au contraire, cette pluie de milliards que l’on promet ressemble à un régime… Il faut  même se demander si les entreprises privées ne seraient pas envahies d’impôts et de taxes bientôt pour les besoins en milliards du régime Houngbédji.

Olivier ALLOCHEME

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One thought on “Editorial: Une nouvelle espérance

  1. Djakpata

    Ce n’est qu’un discours de politicien une fois de plus! Le gouvernement de Me Adrien Houngbedji promet des milliards à toutes les structures, un tracteur pour chaque agriculteur (mdr), prise en charge des soins de santé pour les 0 – 5 ans, …. ce qu’il ne nous dit pas, c’est: “Où est-ce-qu’il compte trouver tous ces milliards pour financer une telle politique”? Sur l’aide extérieur ? Je ne pense pas car comme d’habitude cette aide sera utilisée pour des réalisations personnelles. Alors une fois de plus, Me où est-ce-que vous comptez trouver tous ces sous? En clair, cette politique n’est pas viable, elle est irréaliste et c’est quand même dommage. J’attendais mieux d’une coalition comme celle-là …
    En résumé, Ce que je retiens de ce discours, c’est qu’on est bientôt reparti, une fois de plus, pour cinq ans de tatonnage et d’amateurisme en matière économique. Le bout du tunnel est encore loin les amis… alors accrochez-vous et ne vous laissez pas endormir.

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