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Le triomphe de la vérité

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Interview du comédien burkinabé, Frédéric Soré, alias « Siriki »: « Je regrette beaucoup de ne pas être Béninois »


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A l’état civil, on l’appelle Frédéric Soré. Mais le nom qu’on lui connaît à travers le monde entier, c’est « Siriki ». Lors d’un détour à Cotonou dans le cadre du festival « Rire au gras », nous l’avons rencontré pour vous. A cœur ouvert, l’acteur du film « Les Bobos Diouf » s’est confié à nous. Siriki fait l’histoire de sa rencontre avec son acolyte Souké avec qui il a formé le groupe « Les Bobos Diouf », lequel groupe est également rempli d’histoire. Séduit par l’accueil et la démocratie du Bénin, Siriki se désole de ne pas être Béninois. De son regard d’humoriste, l’artiste n’a pas non plus manqué de dire ses appréhensions sur l’évolution du cinéma béninois et surtout celui de son pays, le Burkina-Faso. Le cinéma burkinabé nourrit-il son homme ? Siriki y  répond sans ambages.

 L’Evénement Précis: Vous avez participé à l’un des grands événements culturels  béninois entièrement  dédiés à l’humour, je veux parler du festival « Rire au gras » qui est à sa 2ème édition. Dites-nous franchement vos appréhensions par rapport à ce festival en tant qu’humoriste.

 Siriki: Effectivement, le Festival « Rire au gras » est à sa deuxième édition, à laquelle mon groupe « Les Bobos Diouf » a pris part pour faire  donner un peu de la joie au cœur des populations du Bénin. A la première édition, je n’ai pas pu assister parce que j’étais pris par un tournage dans le temps. Cette fois-ci, nous avons décidé de soutenir notre frère Oncle Bazar qui est l’initiateur de cet événement. Et pour revenir à votre question, je dirai que c’est un festival que j’apprécie beaucoup. Non seulement il ne s’est pas limité uniquement aux comédiens béninois, mais également, il s’est intéressé à nous qui sommes des étrangers. Je pense que ça d’abord, c’est une idée géniale. C’est la preuve que les artistes peuvent aussi contribuer fortement à l’intégration africaine dont les hommes politiques parlent mais sans agir.

 Dites-nous, comment se porte aujourd’hui le cinéma burkinabé ?

Je peux dire que le cinéma burkinabé évolue vaille que vaille. Car, en réalité, Ouagadougou, c’est le carrefour du cinéma, cela surtout à cause du Fespaco que le monde entier connaît. Mais aujourd’hui, depuis des années, ce sont seulement les étrangers qui viennent décrocher les grands prix mis en jeu dans ce grand festival international. Si on doit mesurer donc l’évolution du cinéma burkinabé, le Fespaco constitue le baromètre idéal. Alors, si depuis des années, notre pays, le Burkina-faso n’a plus les prix lors de ce festival, c’est sûrement parce que le cinéma burkinabé n’évolue plus comme on l’aurait souhaité. Le Burkina-Faso était bien en avance sur les autres pays et nos comédiens ravivent la  vedette à tous les autres pays. Mais aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Ce sont les comédiens qui viennent rafler tout pratiquement tous les prix lors du Fespaco, ce qui démontre clairement que notre cinéma recule.

 Ce n’est pas la première fois que vous êtes venu au Bénin. Vous avez également eu le temps de collaborer avec plusieurs artistes béninois notamment les comédiens. Autrement dit, le Bénin ne vous est pas si étranger. Alors, de votre regard d’humoriste, comment appréciez-vous le cinéma béninois ?

Franchement, j’apprécie beaucoup le cinéma béninois. Mais je dirai que j’apprécie beaucoup mieux, la vie béninoise elle-même. Si je dis cela, c’est bien parce que j’ai pris le temps de faire des constats. Je viens de passer 24 heures de temps déjà au Bénin. J’ai remarqué que la démocratie béninoise est vraiment en avance sur celle de plusieurs pays africains. Si tous les pays africains pouvaient copier l’exemple de la démocratie béninoise, le continent africain se porterait vraiment mieux. Je veux prendre juste un exemple. A mon arrivée ici, j’ai été logé dans le même quartier que le Président Yayi Boni. J’ai été surpris de remarquer qu’il vient dormir simplement chez lui comme tout citoyen. Et quand il veut sortir, contrairement à d’autres pays, il n’a pas besoin de se faire accompagner des avions de combat ou des voitures blindées. Je n’ai pas non plus remarqué qu’à sa sortie, que les militaires envahissent les rues, bloquent la circulation comme c’est le cas dans certains pays africains. On sent vraiment qu’il est libre et il ne craint rien en étant sur son territoire. C’est cela la  vitalité de la démocratie. Chez moi  au Burkina-Faso par exemple pour être plus clair, quand le Président veut aller quelque part, même si c’est 1km de distance, on barre la route et les populations éprouvent d’énormes difficultés pour vaquer à leurs occupations. Ce n’est qu’un petit exemple parmi tant d’autres. Ça montre que notre Président n’est pas du tout libre. Je suis fier de venir passer ces quelques jours ici. Franchement, je regrette de ne pas être Béninois.

 Le tandem Souké et Siriki est-il une histoire de frères ou de simples amis ?

Souké et moi, on s’est connu avant le cinéma il y a maintenant 6 ans environ. On a commencé le cinéma ensemble. Moi, mon rôle dans le cinéma avant, c’est celui du preneur de sons. Souké, lui était éclairagiste. C’est en travaillant sur le film « Royaume d’Abou » dans lequel nous deux on avait joué des rôles secondaires que le réalisateur s’est inspiré sur nous deux et il a créé les Bobos Diouf. C’est comme ça que notre groupe les Bobos Diouf est né. Le titre, ce n’était pas les Bobo Diouf. C’était  « Les deux villageois ». Le nom Bobo Diouf est venu d’un vieux sénégalais qui vendait des montres et autres au Burkina-Faso. Chaque fois que le vieux passait devant l’hôtel où on se réunissait pour aller sur le plateau de tournage, il nous disait « Vous, vous agissez comme des Bobo de Dioulasso ». Cela veut dire que nous agissons comme des Sénégalais. Alors, le Blanc, notre réalisateur s’en est inspiré et comme  nous a dit que nous allons faire les Bobos Diouf. D’où le nom et le tire du film « Les Bobo Diouf » que le monde entier apprécie.

 S’il vous était donné de présenter un bilan sommaire de ce film « Les Bobo Diouf » que les Béninois aiment également, qu’allez-vous dire ?

Je dirai tout simplement que ce film a connu un succès inexplicable. Franchement, cela nous a ouvert beaucoup de portes et d’opportunités. Souké et moi, lorsque nous sommes venus ici au Bénin, nous avons remarqué que nous sommes très aimés par les Béninois. Je dirai que c’est grâce au film « Les Bobo Diouf ». Sinon, des individus comme moi Frédéric (Siriki) et Mohamed (Souké), qui pourrait nous identifier ici au Bénin ? Je crois que personne. On dit donc grand merci à notre réalisateur et à tous ceux qui apprécient et achètent ce que nous faisons. Et je profite pour demander au ministère de la culture béninoise de soutenir ce festival que notre frère Oncle Bazar organise afin que l’art africain puisse véritablement être promu. Le rire chez moi, c’est comme une caresse. S’il y a la paix et que les gens rient dans le pays, le Président va dormir tranquillement. Mais si tout le monde est fâché et qu’il y a les mines serrées, il va avoir beaucoup de problèmes. Mis à part ce film « Les Bobos Diouf », Souké et moi avons encore joué dans plusieurs autres séries. Actuellement, nous avons fait un film de 22 épisodes qui est joué un peu partout dans le monde.

 Le cinéma burkinabé nourrit-il son homme ?

Ce serait trop dit que d’affirmer que le cinéma burkinabé nourrit son homme. Mais je dirai simplement qu’on se débrouille avec ça. Cela nous permet tout au moins de joindre les deux bouts et là on remercie Dieu. Franchement, on n’est pas riche.

 Quelle est la situation matrimoniale de Siriki aujourd’hui ?

Je suis marié, père de trois enfants et demi. Et demi, c’est le terme comique. Si je dis cela, c’est parce que ma femme est actuellement enceinte. Je suis légalement marié. Je suis un catholique fervent et c’est à cause de cela que je me suis marié tant  devant le maire qu’à l’église.

 Votre mot pour conclure cet entretien

Je voudrais remercier sincèrement votre journal « L’Evénement Précis » d’avoir pensé à moi pour cette interview. Je vous invite à toujours vous battre pour nous, artistes que nous sommes, puisque sans la presse, je ne sais pas ce que nous pouvons faire ou devenir. C’est la presse qui nous fait. Beaucoup de courage à vous donc.

 Entretien rélisé par Donatien GBAGUIDI

 

 

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2 thoughts on “Interview du comédien burkinabé, Frédéric Soré, alias « Siriki »: « Je regrette beaucoup de ne pas être Béninois »

  1. ougase

    franchement siriki on vous apprecie beaucoup ,tous les pays francophones de l’afrique vous apprecie ,vous etes un comedien talentieux ,ici à Djibouti Pays francophone de la corne de l’afrique tous les habitants te connaisent et t’apprecie aussi un grand bonjour pour toi siriki

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