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Le triomphe de la vérité

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Interview avec l’Imam de la Mosquée centrale d’Agori Plateau II, El-Hadj Boukari Malik Moutawakil : « Le Gouvernement doit aussi saisir les biens des complices »


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L’Imam de la Mosquée centrale Agori Plateau II d’Abomey-Calavi, El-Hadj Boukari Malik Moutawakil  a donné son point de vue sur le dossier Icc-Services et consorts. Selon les explications de ce dignitaire de la religion musulmane, il voit impliqués tous les maillons constituant la Nation béninoise.

 L’Evénement Précis : En votre qualité de dignitaire de la religion musulmane au Bénin,  quelle lecture faites-vous de l’affaire Icc-Services.

 El-Hadj Boukari Malik Moutawakil : Je suis vraiment désolé quand je suis les informations concernant Icc-Services. Je me sens frustrer contre la mouvance et l’opposition. Je le dis parce que tout le temps, on a vu chaque camp cherchant trouver raison. Au lieu qu’ensemble on cherche les solutions pour satisfaire les populations, les dirigeants ont préféré jouer à la politique. Des conférences de presse par-ci et par-là sont les actes qui m’énervent. Lorsqu’ils parlent du cas de BCB,  je suis découragé et me demande si notre pays a un avenir. Est-ce parce que les autres ont fait du mal qu’à votre tour vous ferez pire. Je crois que cela n’honore pas notre pays. Tout le monde veut évoluer mais le Bénin ne cherche qu’à reculer. Parce qu’un régime a gaspillé l’économie publique et privée nous, à notre arrivée au lieu de réparer ces graves erreurs, on préfère suivre les autres. C’est donc dire que quand n’importe quel régime vient, il doit avoir sa façon  de détruire le peuple, d’escroquer le peuple par sa façon. Et quand je vois tout cela, je donne raison à ceux qui estiment que le gouvernement est impliqué dans l’affaire Icc-Services. La question que je continue de me poser est de savoir pourquoi le gouvernement compare l’affaire de la BCB qui est publique  à celle d’Icc-Services qui est privée. Je remarque que l’Etat a pris ce dossier d’Icc-Services comme son affaire alors que les gens impliqués même ne parlent pas.  Et au même moment l’opposition également s’agite.

 Mais c’est parce que les déposants incriminent le gouvernement

Lorsque le peuple dit que le gouvernement est complice, c’est au gouvernement de travailler pour que les scandales cessent. Et par conséquent,  personne n’a le droit d’aller contre ce qui se passe actuellement. Il faut voir récemment la mouvance a effectué une sortie médiatique pour donner une conférence. Et lors de cette conférence on a vu des supers ministres  qui  ont dit que le Bénin est le quartier latin d’Afrique. Mais pour moi  c’est une malédiction du colon. Aujourd’hui nous n’avons plus d’intellectuels. Et je dirai simplement que les intellectuels ne doivent plus chercher à retirer leurs sous.  C’est dire que je n’ai pas pitié de l’intellectuel qui s’est confié à Icc-Services. Attendons-nous donc à ce qu’un autre régime vienne s’accaparer du budget pour dire qu’au temps de Boni Yayi il y a eu scandale et personne n’a parlé. Donc on sera en train de vivre des scandales dans notre pays. À partir de ce moment quand allons-nous avancer ? Moi je leur demande d’éviter de penser à leur intérêt personnel. Nous sommes tous complices que ce soient le gouvernement, l’opposition, les religieux. Si les chefs religieux étaient honnêtes surtout les musulmans et montraient que l’usure et l’emprunt avec intérêt sont interdits et peuvent conduire à l’enfer, cela ne se serait peut-être pas arrivé. Je me demande  ce que les musulmans ont fait pour empêcher le tir. C’est dommage. je reviens pour dire que le fait que le gouvernement soit en train de dire qu’il ne savait pas que cette structure était installée au Bénin, qu’il craigne Dieu. Il peut dire qu’il savait mais pas comment elle fonctionnait. Au même moment, d’autres disent que ces mêmes personnes ont commis l’acte  en Côte-d’Ivoire, au Togo… Mais étant informé qu’est ce que ceux-là avaient fait ? Je me demande maintenant comment ils ont échoué au Bénin. Ils ont laissé les gens finir d’escroquer le peuple et c’est maintenant qu’on dit qu’ils ne sont pas en règle. Je ne pense pas qu’ils aient échoué. Ils échoueraient si on, arrivait à leur retirer toute la totalité des sous. Je répète que tous sont impliqués.

 Même les dignitaires de la religion  musulmane ?

Je dis tous. Comme je le dis souvent suivant le Coran, Dieu aime l’honnêteté. Les dignitaires sont les hommes que Dieu a fait sortir pour aider les gens à retrouver le bon chemin à travers la vérité. Mais ils n’ont pas souvent dit cette vérité. Dans ce pays, quand le gouvernement a commencé par stipuler qu’il va combattre la corruption. Je voudrais aller dire la vérité au Chef de l’Etat. Quand on veut combattre Satan, on implore Dieu et quand on veut combattre la corruption, on travaille avec transparence. Je vous rappelle qu’à Djougou, cette structure a voulu prendre ma maison pour se servir de bureaux. Mais je leur ai  dit que je préfère la laisser à l’entreprise Colas qui y était en activités. Mes frères m’ont dit, non, c’est une banque qui veut s’installer pour contribuer au développement de la localité. De là, j’ai cherché à savoir le nom de cette banque mais jamais on ne me l’a dit. Un jour un jeune du village m’a appelé pour me dire « Aladji il faut nous sauver car la banque est installée partout dans le pays et c’est votre maison qu’ils veulent louer ».  Automatiquement, j’ai demandé pourquoi c’est ma maison? Quand il me faisait comprendre que même les rois sont allés les voir mais ils tiennent à cette maison sans quoi ils iront ailleurs. Je leur ai dit que je ne pourrai pas laisser ma maison à quelqu’un qui la veut à i50.000 fcfa le mois en défaveur de l’autre qui négocie 300.000 fcfa. Enfin, je n’ai pas voulu être un handicap pour le développement de la localité en question. D’où je leur ai remis les clés. C’est après que j’ai compris qu’ils voulaient s’installer quelque part où ils se sentiraient en sécurité. Car ma maison faisait face  à la gendarmerie.  Mais le jour où je suis rentré à Djougou, je n’ai vu aucun signe montrant que c’est une banque qui opérait là. Je me suis demandé si c’est vraiment une banque. Et tenez-vous tranquille personne n’est arrivée à me proposer de placer mon argent là. C’est après que les gens m’ont soufflé qu’ils allaient de maison en maison. De là, je leur dis de se méfier car c’est risquant. Moi je suis resté en Arabie-Saoudite, à Londres et en Amérique mais je n’ai jamais vu quelque part où une banque va de maison en maison. C’est quand le problème s‘est explosé que j’ai entendu le nom  qui est « Icc-Services ». de plus ce qui me brûle aujourd’hui, c’est avec ma proprieté qu’ils ont fait du mal à mes parents. Et c’est là que je suis contre la presse qui n’aime plus dire la vérité. Quelque fois les journalistes n’aident pas le Chef de l’Etat. Quand ça ne va pas, il faut dénoncer. La presse aussi est donc complice. Ce que je déplore aussi est le fonctionnement des conseillers. Pourquoi c’est en ce moment où les populations pensent à comment renter dans leurs fonds que le Chef de l’Etat ressuscite les dossiers  de Kamarou Fassassi, de Rogatien Biaou et de Lawani ?  À mon avis, c’est une manière d’adoucir le  ministre de l’intérieur qui était son bras droit. Il faut comprendre que ce ministre de l’intérieur est la deuxième personnalité du gouvernement. Qu’il veuille ou pas, il doit prendre cette charge. Et l’autre chose est l’intervention d’un religieux qui demande  de soutenir leur frère en Christ. C’est mauvais. Je me dis que c’est une manière d’encourager les gens à aller loin. Or le Coran dit que celui qui nous triche n’est pas parmi nous.

 Mais les chefs religieux prient quand même pour le Président

C’est d’ailleurs l’occasion de le dire plus haut et fort, toutes les prières des dignitaires en faveur du Chef de l’Etat sont fausses. Je le dis parce que c’est quand on les intéresse qu’ils travaillent. Il faut être beaucoup concentré. Mais on préfère les subventions des religieux avant de prier pour le bonheur de notre pays. Certains ne savent pas lire le Coran mais tiennent à se rallier au Président. Je crois que je ne fais que dire ce que je sens. Je suis resté pendant plusieurs années avec l’ex-Président Ghanéen, Kuffor. Un jour le Président Kérékou  était allé me voir à ses côtés, il était hébété. J’ai appris de quelqu’un que les collaborateurs du Chef de l’Etat ont confié que s’ils me laissent le voir, lui le Président de la République, je vais lui révéler toute la vérité. A l’heure où je vous parle, et si je vous dis que certains ne se parlent plus à cause de l’argent de prière et des marches qui s’organisent. Que direz-vous ?

 Alors que proposez-vous au Chef de l’Etat ?

D’abord je lui dirai de ne plus dire qu’il va combattre la corruption mais plutôt de penser à la réduire.  La solution est très simple. Que le gouvernement fasse tout pour rembourser les victimes. Ceci appelle en réalité l’intervention de tous les camps, l’opposition comme la mouvance.  Je souhaite même que le Chef de l’Etat prenne les biens de ceux qui sont complices. C’est très important. Des cadres ont déjà pris de grands intérêts. De la même manière qu’il commence par  placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut.  Il n’a plus à faire de copinage.

 Propos recueillis par Emmanuel GBETO

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