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Le triomphe de la vérité

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4ème gouvernement du Changement: Avec Kérékou et Madougou, Yayi loge chien et Chat


Le dernier gouvernement du Président Boni Yayi a sans doute beaucoup de spécificités.  Trop de traits particuliers sur lesquels les analystes vont encore longtemps puiser de la matière pour nourrir leurs spéculations. Entre autres traits atypiques de ce gouvernement, la cohabitation que le Chef de l’Etat Boni Yayi créée au sein de la nouvelle équipe entre deux ennemis rompus que sont Modeste Kérékou, le fils de l’ancien Chef d’Etat Mathieu et Réckya Madougou auteure du  livre « Mon combat pour la parole ». 

En effet le lancement du livre « Mon combat pour la parole » de Réckya Madougou le 13 février 2009 a été suivi d’une levée de boucliers de la famille Kérékou portée par l’héritier Modeste. Cette révolte était pour laver ce que la famille du Général a considéré comme un affront et une diffamation à l’encontre de Mathieu Kérékou contenu dans le livre de Réckya Madougou. Et dans cette réaction  qui avait pris l’allure de « guerre ouverte », Modeste Kérékou n’avait pas en son temps mis des gangs pour attaquer son adversaire. Et la ministre Réckya Madougou qui était pour la circonstance «persona non grata » pour la famille Kérékou était même devenue  dans cette querelle d’épicier pour Modeste une « Mademoiselle». Invité le Dimanche 21 février 2009 sur une chaîne de radiodiffusion privée, le fils de Mathieu Kérékou concluait en ses termes son entretien « On ne peut pas avoir publiquement détruit un homme de sa trempe et cherché à se racheter dans les coulisses. Chacun n’a qu’à rester dans son camp ». On pouvait alors aisément s’imaginer le niveau des inimitiés entre les deux hommes mais aussi avec l’ensemble du gouvernement Yayi et son Chef.

Désormais avec ce gouvernement, Yayi essaie une alchimie extraordinaire. Celle d’associer des antagonismes. Au nom du devoir de la collaboration et de solidarité entre membres du gouvernement, Modeste Kérékou sera-t-il contraint de surseoir à ses velléités belliqueuses  vis-à-vis de son collègue Réckya, sacrifier sa soif de défense de la dignité de son père ? Sans doute face aux retombées extraordinaires de la fonction ministérielle, Modeste Kérékou qui s’était d’ailleurs précipité sans un conseil des ministres confirmant sa nomination, pour une audience de remerciement  au Chef, va pouvoir jouer la partie de l’hypocrisie « Je t’aime moi non plus ». On ne s’étonnera pas de voir bientôt lors des meetings électoralistes des parties d’accolades de Juda entre ces deux hommes juste pour plaire au Chef de l’Etat. Mais la réalité d’un honneur paternel blessé sera toujours là, rongeant  les uns et nourrissant leur soif de vengeance incompatible avec une atmosphère de collaboration fructueuse. Boni Yayi héberge donc dans son gouvernement un chien et un chat. A défaut d’être prêt pour abriter au quotidien les conflits interpersonnels le Chef de l’Etat peut logiquement s’attendre à une collaboration teintée d’hypocrisie. Mais si ces antagonismes ne peuvent que handicaper le bon déroulement des projets de développement sans fausser les calculs politiciens du Chef de l’Etat pour la présidentielle de 2011, il faudra bien conclure sans doute comme Boni Yayi que c’est un mal nécessaire.

 Medard GANDONOU

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