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Le triomphe de la vérité

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Editorial: Tournée contre tournée


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C’est un marquage à la culote qui a commencé très tôt, c’est-à-dire  un an environ avant les grandes joutes électorales de 2011. Sitôt que le Chef de l’Etat a entamé une tournée dans le Mono, Me Houngbédji en a fait de même la semaine dernière dans son fief de l’Ouémé. Mobilisation à Athiémè pour Boni Yayi, déferlante à Adjarra pour Houngbédji. Par deux fois, le candidat  de l’UN aura fait parler la fibre de l’engagement enthousiaste de ses partisans  sortis nombreux pour lui dresser le tapis rouge. Quant au Chef de l’Etat, il a goûté dans le Mono à la ferveur des foules de femmes applaudissant ses actions en leur faveur et demandant un accroissement conséquent des microcrédits. Et j’entends encore le maire d’Athiémè, Joseph Anani, égrener le chapelet des doléances d’une commune  autrefois sinistrée. Et je vois encore les leaders de l’UN se succéder à la tribune d’Adjarra chamarrée aux couleurs de leur regroupement  pour dire à leurs ouailles la nécessité de l’union. Pour dire à tous les difficultés du moment afin de proposer les alternatives de demain. Et pour sûr, la campagne électorale a commencé. Elle a commencé avec les étrennes qui se distribuent aux effigies et logos des candidats, les mobilisations de foules plus ou moins stipendiées à coup de billet. Elle a commencé avec ces publireportages électoraux qui reviennent à la mode sur Canal3 comme pour donner raison à Boni Yayi qui a usé de ce stratagème au long de son mandat mouvementé.

Répondant à la mobilisation ayant accompagné la descente de Houngbédji à Adjarra, François Noudégbèssi et Armand Zinzindohoué se sont transportés dans la même commune pour y faire des promesses et réchauffer la maison Cauris. Surtout que le leader du PRD a rendu visite à Oloyé, homme d’affaires réputé faiseur d’opinion dans la commune et ancien transfuge de son parti. Ce jeu de course poursuite s’est joué aussi à Parakou où la RB a quelques vieilles ficelles. C’est donc Rosine Soglo qui a été envoyée au charbon, pour clamer la réconciliation et l’union retrouvée. Mais voilà que sur place elle s’emmêle dans les fils d’un régionalisme primaire qui fait peur. Elle va répétant des propos ahurissants sur le partage du pouvoir entre Nord et Sud, un peu comme si le programme de l’UN se résumait à ce dualisme régional Nord Sud. Si ce n’est pas un débat dépassé, c’est en tout cas un suicide que nous prépare ce type d’aveuglement. On avait dénoncé le régime Yayi pour ces mêmes tendances. Nous avons maintenant un programme qui nous propose de remplacer un régionalisme par un autre.

 Ces dérives  sont possibles parce que le peuple lui-même n’exige pas grand-chose de ses leaders politiques. Ce que l’on vante au cours de ces tournées, ce ne sont pas les idées et les projections pour le futur. Le Béninois est devenu très peu sensible aux promesses électorales, parce qu’il conçoit désormais la politique comme l’art de se servir. Le militantisme politique  est alimenté par des espoirs de nomination, de promotion ou de protection propices à la mal gouvernance et  à la corruption. A Parakou, Rosine Soglo a laissé entendre que Boni Yayi doit partir du pouvoir parce qu’il n’aurait pas respecté les accords signés avec lui. Quels accords ? Depuis quatre ans, ils n’ont jamais été rendus publics par l’opposition puisque  comportant sans doute des clauses de nomination mal respectées par Boni Yayi.  Des clauses suffisamment compromettantes pour les deux parties pour qu’elles ne soient pas divulguées jusqu’ici. Des clauses abjectes que la morale la plus élémentaire repousse.

 Les tournées électorales se sont même  poursuivies sous les cieux de Nice, à la faveur du sommet Afrique-France. Les deux challengers de 2011 luttent à distance pour se faire de la clientèle auprès des Chefs d’Etat et de gouvernement présents en France. Aux Etats-Unis, ce type de campagne eût été un drame, parce que les Américains sont d’un chauvinisme pointilleux et tolèrent rarement ces génuflexions hasardeuses au nom de la Grande Amérique.

 Tout ceci tend à montrer que le jeu de la propagande électorale ne se mène pas sur le terrain des idées. Il a lieu ailleurs que dans le champ de la satisfaction des besoins du peuple béninois. Pour le moment, la campagne est donc tout ce qu’il y a de plus infecte dans l’arène politique. Elle n’offre aucune perspective pour nos problèmes d’aujourd’hui.

Olivier ALLOCHEME

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