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Le triomphe de la vérité

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Cabale sociale meurtrière: Les rasta-men du Bénin fêtent Bob Marley sous menace d’extermination


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Un des rasta-men abattus sur vindicte populaire à Abomey

Les rasta-men et les fanatiques du chanteur Bob Marley du Bénin ont commémoré le vingt-et-neuvième anniversaire du décès de leur « idole » le 11 mai 2010 dans la psychose générale des assassinats perpétrés contre les hommes aux cheveux tressés communément appelés dreadlocks.  

A l’instar de toutes les centres-villes africains, Cotonou a fêté le 11 mai en souvenir du chanteur légendaire Robert Nesta Marley alias Bob Marley. Celui que les adeptes et sympathisants du rastafarisme considère comme un « Prophète » a occupé cette journée du mardi aussi bien les ondes des radios et des télévisions nationales que les grandes salles et aires de spectacles dont regorge la ville. Le Centre Culturel français qui a fait depuis plusieurs années, de cette date un jour privilégié dans son agenda culturel n’a pas dérobé à la tradition. Le campus universitaire d’Abomey Calavi avec son groupe mythique de musiciens « Les Kasseurs » de l’Ensemble artistique et culturel des Etudiants  du Bénin, était pour la circonstance la petite capitale des rastafaris et sympathisants. Il grouille de monde mais aussi de décibels.

Cependant loin de la fumée odorante de « l’herbe sacré » qui se passe à tour de bras ou à tour de bouches et loin des vacarmes de l’orchestre « les Kasseurs » embarqués par le rythme rebelle de Kingstone, Kaya, un rasta-man venu à la soirée universitaire, air triste et soucieux, affiche la grande indifférence face à tout ce spectacle d’hommage.  Sa pensée est à environ 120 Km de là. Quelque part dans la capitale historique du pays à Abomey où il y a seulement quelques jours, deux artistes rasta-men sont passés à la loi de la vindicte populaire. En effet, le 6 mai 2010, les populations d’Agnangnan, un petit quartier d’Abomey dans la psychose des enlèvements répétés d’enfants s’en sont prises à deux innocents les passant à feu sur le seul motif du port de dreadlocks (cheveux longs tressés à l’état naturel), qui faisaient d’eux des êtres suspects pour la communauté. « Bob même serait en vie qu’il aurait accepté décréter un jour de deuil pour ces héros tués et brûlés à Abomey pour avoir accepté défendre par leur idéologie et identité physique l’originalité de la culture africaine » déclare Kaya révolté par la mort de ses « frères de lutte ». « Pourquoi ne pas saisir ce seul jour où la société et les médias ont un regard pour nous afin de dénoncer notre réelle condition telle que nous le rappelle l’assassinat de nos deux frères d’Abomey » s’interroge –t-il avec un regard critique vers la foule déjà emportée par le flot de reggae. Des rastas aussi manifestement marqués  que Kaya par les  événements d’Abomey sont plutôt rares sous les lumières de ce spectacle d’hommage. Néanmoins nombreux sont ceux qui, parmi les spectateurs, portent de brassards  ou un tee-shirt noirs en signe de deuil pour la mémoire de leurs compagnons. « Il y a plusieurs manières de s’opposer et le reggae en lui-même est une musique de dénonciation. Ainsi nous dansons et chantons ici ce soir pour condamner le sort réservé aux rastas dans notre société », se justifie un spectateur dreadlocks et banderole noire sur la tête.

Et pendant que les rastafaris s’interrogent ou dénoncent  leur condition sociale dans les salles et aires de spectacles ce 11 mai, la terreur continue à Abomey dans le rang des porteurs de dreadlocks obligés quelques fois à se déplacer dans la ville sous escorte policière.

Médard GANDONOU

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