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Le triomphe de la vérité

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Editorial: Vive Galiou


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Le Président  Galiou Soglo a posé sa candidature pour 2011. C’est très intelligent. D’autant que la fameuse candidature est intervenue curieusement ce même vendredi qui aura consacré l’union des ténors de l’opposition. Ce coup du fils terrible des Soglo était donc clairement destiné à faire diversion, à amuser la galerie en un jour aussi grave pour le Chef de l’Etat. Boni Yayi doit se réjouir de voir un de ses ministres faire du théâtre au moment où l’on commence à peine à dire le requiem de son régime.   Le coup de théâtre serait parfaitement réussi si le ministre l’avait réalisé en plein Fitheb. Mais il faut croire que son génie ne s’éveille que lorsque ses pairs les comédiens ont  fini d’essuyer les malheurs qu’il leur a faits à la récente édition du Fitheb. Quelle idée géniale de se produire depuis les hauteurs de Natitingou ! Les altitudes donnent bien des inspirations et les planches de Nati la Belle semblent plus réconfortantes que celles de Cotonou la Polluée. Comme il est entendu,  on ne peut déclarer sa candidature que du fond de son fief. Et voilà que depuis son fief de l’Atacora et assuré du soutien massif de ses militants enthousiastes, Galiou Soglo a réussi à proclamer une candidature d’une si haute importance qu’elle a pu éclipser celle d’Adrien Houngbédji.  Les trompettes de la presse en parlent comme d’un événement exceptionnel. A nous la présidence ! Le Président Galiou Soglo, frère du Président Léhady Soglo, fils du Président Nicéphore Soglo et de la Présidente Rosine Soglo gouvernera le Bénin avec sagesse et mesure. Son numéro de vaudeville en est une illustration. Président, nous voilà !

Ce n’est évidemment pas la première fois que l’enfant terrible des Soglo trouve le moyen d’énerver ses parents et de nous divertir si futilement. En 2006, il avait déposé sa candidature et semé le doute au sein des militants RB. En 2007, il entre au gouvernement en se présentant ouvertement comme le faire-valoir de la famille Soglo dans la mouvance. L’argument a sonné faux, si violemment faux que le public a vu dans cette manœuvre le signe de la puérilité du Chef de l’Etat. Dans l’opinion, Boni Yayi passe pour un sadique qui cherche à diviser la famille Soglo pour casser  son électorat. Cette tentative machiavélique échoue à drainer la RB utile dans le camp présidentiel, montrant simplement que Galiou pèse à peine plus lourd qu’une plume de moineau. Comment s’en débarrasser ?

 Les conseillers du Chef de l’Etat trouvent l’idée de lui enlever son département du sport pour lui coller le boulet  de la culture, l’alphabétisation et la promotion des langues nationales. C’est un purgatoire pour celui qui se passionne si intensément pour l’univers sportif. Tout le monde se rend compte que son enthousiasme est mince en matière de culture et presque nul pour ce qui est de la promotion des langues nationales. Rien d’étonnant à cela, puisque le cadet des Soglo parle  rarement sa langue maternelle en public. Drôle de façon de faire la promotion des langues nationales. Résultat, le département qu’il dirige est plongé dans un profond ennui d’où il sort de temps en temps grâce aux coups de théâtre  de son ministre. Il y a désormais un problème Galiou au sein du Gouvernement. Les gesticulations de l’intéressé tentant de se donner une étoffe présidentielle, vont peut-être décider le Chef de l’Etat à conserver un ministre d’une utilité aussi douteuse. 

Il faut se demander en effet à quoi il sert désormais de le conserver au sein de l’équipe gouvernementale. D’un poids politique proche du zéro, Galiou se donne pourtant des airs de grand seigneur, auréolé au demeurant de son titre d’enfant de Soglo le père. Il use et abuse de cette filiation et se joue de Boni Yayi auprès duquel il aime à se présenter comme le fils authentique de l’ancien Président.

En faisant le coup de vendredi, Galiou Soglo s’inscrit pourtant dans la droite ligne de son grand frère Léhady. Les deux profitent tranquillement du charisme de leur père pour dicter leur loi au personnel politique, aussi bien dans la mouvance que dans l’opposition. Si Léhady a réussi à se positionner dans l’UN, pour Galiou le rebelle la tâche prend des allures de carnaval.

Olivier ALLOCHEME

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