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Le triomphe de la vérité

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Entretien avec Bobo D. artiste-Chanteur: « Je me méfie désormais des artistes béninois »


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Après un bref séjour en prison, l’artiste-chanteur Bonaventure Dénou, alias Bobo D s’est confié à nous. Pour avoir gagné le procès contre le Bubedra au premier degré, l’homme est plus que jamais déterminé à restaurer le Conseil béninois des auteurs, compositeurs chanteurs et éditeurs de musique (Cbaccem). Mais, c’était aussi l’occasion que Bobo D. a choisie pour dévoiler tout sur son aventure avec la chanteuse béninoise, Sonia. Quand l’intimité  se mêle à la profession, la note est souvent salée ! Découvrez tout sur la triste aventure des deux artistes.

 L’Evénement Précis : Vous avez été détenu à la maison d’arrêt de Cotonou il y a quelques semaines. Mais le juge du premier degré a estimé que l’infraction d’émission illégale de timbres sous laquelle vous êtes poursuivi n’était pas constituée et vous avez été donc relaché. Dites-nous, avant de répondre à l’appel interjeté par le Bubedra, comment jouissez-vous aujourd’hui de votre liberté ?

 Bobo D : Je dirai que rien n’a changé dans mes habitudes. J’habite toujours à Scoa Gbéto et je continue le combat comme cela se doit. Dès que le tribunal a prononcé son verdict et a estimé que l’infraction pour laquelle j’étais poursuivi par le Bubedra n’était pas constituée, j’ai commencé par mener les démarches nécessaires pour bien asseoir ma structure, le Conseil béninois des auteurs, compositeurs, chanteurs et éditeurs de musique (Cbaccem). Le juge a sommé qu’on nous restitue les 200.000 timbres que le Bubedra nous a saisis. Déjà avec cette décision du juge, je peux commencer par vendre les œuvres avec le timbre du Cbaccem, mais j’attends d’abord d’avoir l’accréditation et les signatures nécessaires qu’il faut avant de démarrer les activités. Les gens ont estimé que nous étions à la recherche du gain facile lorsque nous avons décidé de créer cette structure, alors que l’objectif que nous visons, c’est tout autre. Notre but, c’est d’abord d’assainir l’univers des éditeurs et des droits d’auteurs au Bénin et de faire en sorte que les choses bougent dans tous les sens. A un moment donné, nous allons demander qu’on fasse un audit du Bubedra et on verra comment les choses se gèrent. Nous artistes, nous en avons le droit et je vous assure que ce sera fait.

Quand on parle de Bobo D aujourd’hui, c’est toute une carrière de plusieurs années. On vous connaît surtout à l’échelle internationale. Mais depuis peu, on vous remarque de façon quasiment permanente au pays. Avez-vous définitivement choisi de vous installer au pays pour écrire une nouvelle page de votre carrière ?

Non, je joins ensemble l’Europe et mon pays. J’avoue qu’actuellement, je suis beaucoup plus présent au Bénin. La vie, c’est un choix, c’est un projet et c’est aussi un programme. Et c’est pour cela que je dis qu’il faut que les autorités comprennent que lorsqu’un Béninois revient au pays pour faire quelque chose pour son pays, qu’elles l’aident au lieu de lui créer des ennuis, surtout dans le domaine du show-biz. Je ne sais pas aujourd’hui quel artiste béninois a pu faire gagner des millions ou des milliards à son producteur si ce n’est pas le Petit Miguélito qui a été une chance depuis le « Ahwamatchizo » de Stan Tohon. Hormis lui alors, quel artiste peut se targuer d’avoir vendu des milliers et des milliers d’albums au producteur ? Je n’en connais pas. J’ai mis plus de 25 millions dans la production de mon album par exemple. Mais je pus vous dire qu’à peine, j’ai pu rentrer 1 Million de francs Cfa. Si j’ai pu me faire un peu d’argent, c’est grâce à la production de certains artistes étrangers. Dans le show-biz international d’ailleurs, le Bénin n’est pas présent. Par conséquent, si tu amènes un Cd d’artiste béninois à l’étranger, les consommateurs te diront tout simplement qu’ils ne le connaissent pas. Personne ne veut écouter le Cd d’un artiste béninois, même pas les Béninois vivant à l’Etranger. Par rapport à cette situation donc, étant donné que moi je fais partie de ce milieu là, j’ai essayé de sortir des compilations de mes chansons, de les promouvoir en France et en Europe d’une façon générale. Cela a connu un grand succès. Là, j’ai eu beaucoup d’attaches là-bas, ce qui m’a permis de m’installer véritablement dans le show-biz. C’est ainsi que j’ai produit Sonia avec son premier album « Vido Mègon mi ton lè », mais la suite, vous la connaissez.

Justement, en parlant de ce dossier, on raconte que vos relations tant professionnelles qu’intimes avec l’artiste Sonia ont été interrompues parce que vous particulièrement, vous n’avez pas honoré vos engagements envers elle. On dit surtout que vous lui avez promis ciel et terre pour qu’elle vous suive mais au finish, vous lui avez sérieusement compliqué l’existence. Qu’en dites-vous ?

 Je n’ai jamais voulu parler de Sonia quand elle a sorti son dernier album pour chanter contre moi. Je ne veux pas me mettre à ce niveau-là. J’ai promis monts et merveilles à qui ? Vous savez, quand moi j’ai connu Sonia, elle n’avait pas un centime dans la poche. Je l’ai connu quand elle était sortie d’un concours de chanson où elle était 2ème. Tellement fâchée, elle était très triste et c’est moi qui suis allé la prendre par la main pour la consoler. J’avoue qu’elle avait très bien chanté le jour-là et je lui ai proposé qu’on fera chemin ensemble parce qu’elle a le talent qu’il faut. Et en disant cela, c’est au fond de mon cœur. Je sais que j’ai les capacités requises pour travailler son niveau afin qu’elle devienne une vraie artiste. Je ne pensais même pas trop au marché béninois quant à sa promotion. Je visais beaucoup plus l’Europe qui constitue un vaste marché. Au Bénin par exemple, nous ne faisons que 6 millions d’habitants mais à peine 200.000 personnes consomment les œuvres phonographiques. Et si un artiste vend bien, il se retrouve à peine à 50.000 vendus. A l’ultra, il peut se retrouver à 200.000. Mais un artiste nigérian qui vend bien dans son pays par exemple n’a même plus besoin d’aller en Europe parce que le marché est grand. Mais qu’est-ce qui s’est réellement passé pour que vos relations soient interrompues ? Tout remontait de l’époque où M. Amos Elègbè était ministre de la culture. En ce moment, j’étais en Europe. Grâce à Stan Tohon, j’ai pu connaître le ministre. Alors, j’ai engagé les démarches avec Sonia pour qu’elle me rejoigne en France afin que nous puissions commencer le travail étant donné que nous avons signé un contrat dans lequel je devrais produire 5 albums au moins avec elle et assurer sa promotion. Alors, pour faciliter les choses afin que ses papiers soient prêts à temps, je lui ai demandé d’aller voir le ministre de la culture, Amos Elègbè qui voulait l’entendre. Effectivement, Sonia est allée voir le ministre et quand elle a chanté, le ministre était tombé sous le charme de sa chanson. C’est ainsi qu’il a fait une recommandation afin qu’elle puisse avoir son passeport à temps pour venir en France. Une fois au Consulat de France, la responsable chargée d’établir le passeport y a apposé un refus catégorique. Là, je l’ai appelée puisque j’ai également la nationalité française, pour lui dire qu’elle est en train de m’empêcher de faire la promotion d’une artiste béninoise. La dame m’a répondu que le ministre Amos Elègbè n’est pas son ministre de tutelle à elle, mais que son ministre de tutelle, c’est le ministre des affaires étrangères. Elle a même précisé que tant que nous allons passer par des intermédiaires, elle ne nous attribuera jamais le passeport. Donc, on a été obligé de faire les premières prises de sons au Bénin ici chez Oscar Kidjo. Je suis reparti en France où j’ai fait le reste avec des musiciens et le résultat, c’est ce que vous avez vu et que tout le monde a apprécié. Il s’agit de son premier album « Vidomègon ». On a fait le lancement ici. Il aurait fallu qu’on refasse le lancement encore en France parce que le marché béninois ne m’intéresse pas trop, vu le nombre de consommateurs de Cd ici. Ainsi, j’ai refait les papiers pour que Sonia revienne en France. C’est pour ça que quand j’entends qu’elle chante contre moi en disant « A hin gninco Tchégbélé…. », elle me fait rire. Parce que la seconde fois qu’elle devrait venir en France, j’ai fait tous les papiers moi-même et je les lui ai envoyés dans une enveloppe avec une somme de 75.000Fcfa pour qu’elle s’en serve pour faire son assurance. Mais elle est restée chez elle, je ne sais pas à qui elle a remis l’argent et on lui a fait une fausse assurance. Une fois au Consulat de France, exprès on lui a demandé de revenir une semaine après, le temps pour eux de bien vérifier les différents papiers. Que ce que je suis en train de dire serve de leçon à mes autres frères béninois ! Avec cette fausse assurance, lorsqu’elle est repartie maintenant pour retirer son visa une semaine après le dépôt, on l’a fait asseoir et on lui a dit qu’on appelle la Police pour qu’elle se charge d’elle étant donné qu’elle a fait une fausse assurance. C’est de là qu’elle m’a appelé pour me dire que les gens veulent l’arrêter. Immédiatement, j’ai appelé Mme Bajo qui m’a expliqué la situation tout en laissant entendre que du fait de cet acte qu’elle vient de poser, elle ne lui donnera le visa qu’après un an. La 3ème fois, c’est lié au fait que j’ai fait assez de boucans avec son album « Vidomègon » en France. Tellement on en a promus que des Béninois vivant en France ont exigé qu’elle vienne animer un concert là-bas. Elle devrait être avec Kiri Kanta devant environ 8.000 personnes. Je leur ai donné toute ma parole en leur promettant qu’elle viendra.

Et là encore, elle n’a pas honoré ses engagements ?

Cette fois-ci, pour éviter tout problème, grâce à ma femme, j’ai fait tous les papiers nécessaires, y compris l’assurance qui posait de problème. Je les ai tous mis dans une enveloppe que je lui ai envoyée. Je lui ai dit de ne même pas ouvrir l’enveloppe, d’y ajouter tout simplement son passeport et de venir tranquillement voir madame Bajo que j’ai préalablement avertie. Vous savez ce qui s’est passé ? M. Dayori étant devenu entre temps ministre de la culture, Sonia est partie le voir et le ministre lui a fait encore fait une recommandation. Sans rien me dire, elle a mis la lettre de recommandation sur le passeport qu’elle a ramené à Mme Bajo. Celle-ci m’a rappelé et m’a fait comprendre qu’en agissant ainsi, lorsqu’elle mettra les pieds en France, elle me créera tous les ennuis possibles. Et elle m’a dit que puisqu’elle est revenue encore avec une lettre de recommandation, ce pour quoi elle avait refusé de donner le visa premièrement, elle ne lui donnera pas non plus le visa. Là, j’étais malade. Sonia devrait venir un jeudi et chanter le vendredi. Les communistes et tout le monde me mettaient la pression. Ils ont acheté les billets et tout le monde espérait Sonia. Mais malheureusement, Sonia n’est pas venue. Je ne pouvais plus les appeler pour dire quoi que ce soit parce qu’ils m’avaient mis trop la pression. Le jour-là, c’est Kiri Kanta seule qui avait chanté. J’ai dû calmer un peu la colère des uns et des autres en faisant appel à un artiste béninois qui évolue aussi en France. Il s’appelle El Samatha. Il y avait plein de monde dans la salle et tout le monde voulait voir Sonia, voilà qu’elle n’est pas là. J’ai dû me plier en quatre pour demander pardon.

Quelle a été alors la réaction de Sonia quand on a refusé de lui délivrer le visa ?

Suite au refus de Mme Bajo de lui délivrer le visa, elle m’appelle et me dit : « Comme les gens ne veulent pas que je vienne en France, je partirai au Burkina ». Mais entre Sonia et moi, ce n’était pas que des relations professionnelles. Ce sont aussi des années de relations intimes. Elle était ma femme et ça a duré 5 ans. J’ai tout dit pour la dissuader de cette décision qu’elle venait de prendre, mais elle ne voulait plus rien comprendre. C’est de là que je lui ai dit que si jamais elle part, tout sera fini entre nous. Et c’est justement ce qui s’est passé. Quelques projets pour 2010 afin de conclure cet entretien J’ai un projet de produire un album de Kiri Kanta. Elle est réclamée de par le monde aujourd’hui et je pense donc que nous avons le droit de la faire revenir. Par rapport à tout ce qui s’est passé, j’ai pris des résolutions, celles de ne produire que des artistes bien connus et non plus des gens qui sortent de nulle part et qui profitent du travail qu’on leur fait puis te tournent dos après lorsqu’ils estiment qu’ils sont un peu connus. Mais Sonia, après toutes ces démêlées, était encore venue s’excuser auprès de moi et j’ai encore préparé pour elle, un concert à Paris. Je me suis plié en quatre pour que les Blancs puissent accepter qu’elle vienne chanter pour eux à ce grand concert. Mais dans mon dos, elle réalisait un autre album. Elle m’a même amené un autre artiste qu’on appelle « Lèvodjo »  que j’ai également produit. Mais à peine l’album sorti, il a commencé par réaliser son second album chez une autre personne sans que je ne le sache. J’ai l’impression que les gens sont pressés dans ce pays. C’est pour tout ceci que j’ai pris la résolution de ne produire que des artistes connus. Là, le contrat sera clair et tout le monde gagnera.  

Entretien réalisé par Donatien GBAGUIDI

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2 thoughts on “Entretien avec Bobo D. artiste-Chanteur: « Je me méfie désormais des artistes béninois »

  1. galia meziti bayer

    salut

    je viens de lire ton article.
    Je trouve cela super pour ma soeur`au moins maintenant elle pourra vivre sa vie en ètant enfin heureuse. LE BONHEUR VIENDRA POUR ELLE CAR LA ROUE TOURNE ET ELLE EST UNE FEMME PLUS QUE SUPER.
    TU CONNAIS LE NOM DU PERDANT.
    Galia

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